Jean Rouch : l’Afrique
Les Maîtres fous
Jean Rouch
(1955 - 36')
Les Haoukas (maîtres du vent, maîtres de la folie) sont les adeptes d’une secte qui se réunit tous les dimanches dans les faubourgs d’Accra pour des danses de possession au cours desquelles les participants entrent en transe et sont habités par celui qu’ils invoquent. Ce culte a pour génies et pour dieux non plus ceux de la forêt ou des eaux, du feu ou de la pluie, mais les mythes de la puissance colonialiste à l’échelle de l’expérience des Noirs: le “gouverneur”, le “médecin”, la “femme du médecin”, le “chauffeur de locomotive”, ou le “caporal de garde”, directement inspirés par l’armée et les administrations coloniales françaises et britanniques.

Sigui 69 : la caverne de bongo
Jean Rouch et Germaine Dieterlen
(1969 - 40')
Episode n° 3 de la série des Sigui
Les cérémonies du Sigui, célébrées tous les soixante ans pendant sept années successives par les Dogons de la falaise de Bandiagara au Mali, commémorent la révélation de la parole orale aux hommes, ainsi que la mort et les funéralilles du premier ancêtre. La troisième année des fêtes a lieu au village Bongo.

Le Dama d’Ambara, enchanter la mort
Jean Rouch
(1974 - 60')
Tous les cinq ans, la société des masques des Dogons du Sanga, au Mali, organise un grand Dama, levée de deuil pour chasser la “chose dangereuse”. Les paroles de Marcel Griaule, qui avait observé et analysé cette cérémonie (le film a été tourné “livre en main” dit Rouch), et les images d’un mort, Ambara, se mêlent à celles des vivants qui célèbrent le mythe dogon, selon lequel dieu a donné aux hommes, en même temps, la parole et la mort.