Marc Scialom

Soirée en présence de Marc Scialom.

"L’enseignement et le journalisme m’ont d’abord tenté. Simultanément j’ai essayé (pendant près de quinze ans) de faire des films. Il n’y en a guère eu que deux ou trois - à peine des ébauches.

Le moins inabouti a été un court-métrage en 35 mm sur Dante, Exils, produit en 1966 par Argos-Films et qui a obtenu un Lion d’argent à Venise en 1972. 

Quant au plus ambitieux (qui fut aussi le moins bien reçu à l’époque), ç’a été un long-métrage en 16mm tourné à Marseille, Lettre à la prison (1970)

Après 1970, ayant rencontré décidément trop de difficultés dans le cinéma, je suis revenu à l’enseignement. Doctorat d’Etat obtenu tardivement : j’avais plus de quarante ans. J’ai été chargé de cours à la Sorbonne, puis maître de conférences d’italien à l’Université de Saint-Etienne. Entre autres travaux universitaires, j’ai rédigé une traduction de la Divine Comédie publiée par Le Livre de Poche (1996, 3 rééditions). Mais depuis longtemps je me voulais aussi romancier. La retraite (1999) m’en laisse enfin le loisir. 

J’’avais déjà publié, en 1967, un court roman intitulé Loin de Bizerte (Mercure de France). Et cette année-ci j’ai, en cours d’achèvement, un second roman qui sera plus ample."

Filmographie
1957 :
En silence (16mm/35mn). Djerba (Tunisie). Moyen-métrage produit par le Secrétariat Tunisien à l’Information. 1958 :
Opérateur de prises de vues pour divers courts-métrages produits par l’Office Tunisien du Tourisme et Danoral International Films (New-York).

1964-1965 :
Chargé d’études à l’Institut Pédagogique National, Département de la Télévision Scolaire (Paris), chef d’une série d’émissions pédagogiques.

1966 :
Exils (35mm/18mn) court-métrage inspiré de la Divine Comédie de Dante , co-produit par Argos-Films et le Service de la Recherche de l’O.R.T.F. 
Obtention du Label de qualité pour ce film.

1969 :
La parole perdue (16mm / 8mn) Court-métrage d’animation .

1969-1970 :
Lettre à la prison (16mm/70mn) Un long-métrage tourné en majeure partie à Marseille, dans lequel est décrit le sentiment de perte d’identité d’un Tunisien récemment débarqué en France .

1972 : 0btention d’un Lion d’argent à la Biennale de Venise pour Exils.

2008 :
Restauration de "Lettre à la prison".
Avant première au FID Marseille 2008. Mention spéciale du prix du GNCR.

En collaboration avec le S.A.C.R.E.
 
Exils
Marc Scialom
(1966 - 17' - Argos Films - France)
Dans ce film inspiré de la Divine Comédie, la bande son fait se succéder et s’entremêler des fragments de dialogues entre Dante et les âmes rencontrées par lui au fil de son voyage dans l’au-delà. Toutes ces âmes - qu’elles résident en enfer, au purgatoire ou au paradis - ont un point commun : elles vivent encore dans le souvenir brûlant de leur vie terrestre.
 
La parole perdue
Marc Scialom
(1969 - 8' - France)
La bande son met en présence deux voix, l’une masculine, l’autre féminine. La femme semble inciter l’homme à dire quelque chose qui lui tient à coeur et l’oppresse.
L’homme paraît aphasique, il n’émet d’abord que des sons inarticulés et des soupirs, puis il parvient à articuler des mots sans suite, dont l’ensemble finit par signifier le refus de la guerre et de ses horreurs. La bande image présente des dessins au pinceau en train d’être tracés : ces dessins de style expressionniste évoquent la gloire sinistre des armes, les massacres qui sont l’envers de cette gloire.
La parole perdue a été réalisé en mémoire des guerres coloniales et notamment après le choc de la bataille de Bizerte (juillet 1961).
 
Lettre à la prison
Marc Scialom
(1969 - 70' - Film Flamme - France)
Tahar, un jeune Tunisien est envoyé en France par sa famille pour aller soutenir son frère, travailleur emmigré emprisonné à Paris pour meurtre. Mais quand il débarque à Marseille, Tahar ne prend pas le train. Il erre dans la ville entre deux monde, celui qu’il a laissé derrière lui et celui qui bouleversé son frère. Un documentaire teinté d’onirisme qui soulève la question de l’émigration avec autant de pertinence, 39 ans après sa réalisation.