Cinémas en miroirs, exercices d’admiration 6
 
Le cinéaste est un athlète, conversations avec Vittorio De seta
Vincent Sorrel et Barbara Vey
(2010 - 80' - France - VO italien (sous titres français))
Avec ce portrait d’un cinéaste à part, il s’agit de saisir l’essentiel du rapport de Vittorio de Seta à ceux qu’il a filmés, les plus humbles, qu’il a portés avec élégance et en couleurs, dès les années 1950, sur le grand écran du Cinémascope.
C’est chez lui, en Calabre, que le cinéaste se remémore ses épopées de cinéma. À partir du son de ses premiers films, des courts-métrages documentaires, cet artisan du cinéma et pionnier du son nous raconte comment il est allé filmer et enregistrer sur les barques de la pêche à l’espadon, au fond de mines de souffre ou au sommet du Stromboli.
Puis, en évoquant ses films de long-métrage, "Journal d’un instituteur", "Un homme à moitié" et "Bandits à Orgosolo"..., Vittorio de Seta nous explique comment filmer les autres, c’est aussi "chercher à l’intérieur de soi".

 
Chantal Akerman, de cà
Gustavo Beck et Leonardo Luiz Ferreira
(2010 - 62' - Brésil)
Dans cet entretien filmé en plan séquence, sans coupure ni dissimulation, Chantal Akerman évoque son travail et sa méthode, ses influences mais aussi son échec à faire des films plus commerciaux. Si les réalisateurs ne parviennent pas toujours à satisfaire leur curiosité, ils révèlent toute la particularité de la cinéaste belge avec humour.

 
Un étrange équipage
Boris Nicot
(2010 - 72' - INA/ Cinécinéma - France)
Ce film part de la place singulière de Stéphane Tchalgadjieff dans la production française des années soixante-dix. Artisan invisible du cinéma d’auteur,
profondément marqué par la contre-culture de cette époque, il a produit pendant une dizaine d’années à un rythme soutenu une série de films particulièrement
significative. Pour en donner l’idée il suffit de citer OUT 1 de Rivette, d’une durée de 12h30, India Song de Marguerite Duras, mais aussi Le Diable Probablement de Robert Bresson ou encore Les Enfants du Placard de Benoît Jacquot...
L’enquête menée par le réalisateur réinterroge cette filmographie et le "milieu" où elle s’est développée, c’est-à-dire l’ensemble des complicités qui se sont nouées à cette période pour rendre possibles de tels films. La liberté que manifestent ces œuvres de cinéma aurait-elle rapport avec leurs circonstances de production, la qualité des rencontres qui les ont favorisés, l’esprit d’un temps ?
Portrait d’une époque autant que portrait d’un producteur, il s’agit d’un film-enquête, d’un voyage dans le passé du cinéma d’auteur français.
 
Il était une fois André S.Labarthe
Estelle Fredet
(2009 - 94' - ZEUGMA Films/ AMIP - France)
La pensée de André S. Labarthe est aujourd’hui emblématique d’une forme cinématographique singulière où le documentaire est bouleversé par la fiction. La mise en scène de conversations avec André S. Labarthe se donne comme objectif de révéler comment fonctionne cette hybridation dans ses films, dans ses essais. La forme de ce film, tourné en vidéo et Super 8 mm, travaille cette mixité de document et de fiction, selon diverses strates de réalités. Documents écrits, extraits de films, viennent ponctuer la parole au présent.
 
Nos yeux se sont ouverts
Rudolf Di Stephano et Sol Suffern Quirno
(2010 - 54' - France)
Dans une salle de cinéma, toutes les semaines, on y projetait des films qu’une femme et un homme ont faits. L’homme, Jean-Marie Straub, était là à presque toutes les séances. Nous aussi, nous étions là. Et là, dans une salle obscure : nos yeux se sont ouverts. Ce film a pour sujet la pratique cinématographique et problématise le rapport qui existe entre les films eux-mêmes et une parole possible sur eux.
 
Sharunas Bartas, an army of one
Guillaume Coudray
(2010 - 51' - France/ Lituanie - VO (sous titres français))
En Lituanie, au fond de la forêt de Vilnius, un filet de fumée s’élève d’une vieille bâtisse en bois. C’est le repaire du cinéaste Sharunas Bartas, qui s’est imposé comme l’un des auteurs les plus singuliers du cinéma contemporain. Ses longs plans figés et inquisiteurs, soutenus jusqu’à l’extrême, inscrivent son œuvre à la limite du territoire cinématographique.
C’est le cinéaste des questions sans réponse, de la solitude et de l’épuisement. Il y a une dizaine d’années, fasciné par son art, j’ai voulu m’approcher de lui. Je me suis glissé dans son équipe, dans sa famille. J’ai installé mon lit dans un coin de son bunker-studio, dans cet étrange laboratoire de création, unique et sauvage ...
 
Daniel Schmid, le chat qui pense
Benny Jaberg et Pascal Hofmann
(2010 - 83' - Suisse)
Daniel Schmid, né en 1941, était le fils d’un hôtelier de Flims. Stimulé par les histoires de sa grand-mère, l’enfant doué découvre l’art de l’expressivité: le hall de l’hôtel de ses parents devient une scène et lui-même un conteur d’histoires qu’il restera pendant toute sa vie. Le filmr essemble à un mystérieux kaléidoscope de personnages et de lieux. Il nous entraîne dans un impétueux voyage cinématographique à travers la vie et l’oeuvre de l’un des artistes les plus extraordinaires du cinéma suisse. Quand il était enfant, Daniel Schmid savait déjà que le monde commençait derrière la montagne du Flimserstein. Un monde entre la réalité et la fiction.