Filmer la danse

Le moindre geste… tension, interprétation…

C’est un art délicat et particulier que filmer la danse, une manière poétique, sensible, attentive d’aborder la graphie du corps mouvant dans l’espace. Le cinéma s’y est exercé dès l’origine en filmant d’abord frontalement les pantomimes comme les danses de voiles papillonnantes de Loïe Fuller en 1902… Un peu plus tard le geste burlesque de Chaplin et Keaton pour n’en rester qu’aux prémices… 
C’est au début des années 80 et notamment avec l’avènement de la vidéo et avec des danseurs expérimentateurs comme Nicole et Norbert Corsino , le duo Régis Obadia et Joëlle Bouvier ou avec des vidéastes comme Robert Cahen (La danse de l’épervier, Le deuxième jour) ou Jean Louis Le Tacon, Michel Coste, que vont se développer des écritures spécifiques. Michèle Bargues en rend compte depuis le début des années 80 avec la manifestation Vidéodanse à Beaubourg et Patrick Bensard et son équipe ont collecté une superbe mémoire de ce geste au sein de la Cinémathèque de la danse
Les Ecrans Documentaires entretiennent un rapport particulier pour ne pas dire privilégié avec le film de danse… Et se saisissent de toutes les occasions de programmer de beaux films, beaux rendez-vous que ce soit Black Spring de Benoit Dervaux (2003), Les Ballets C de la B par ci par là d’Alain Platel, ceux de Gilles Delmas avec Sidi Larbi Cherkaoui ou encore l’an dernier, La Plainte de l’impératrice de Pina Bausch…

Cette année, nous irons encore un peu plus loin, en proposant de belles approches des univers dansés d’Anne Teresa de Keersmaeker et Wayne Mac Gregor, une rencontre confrontation, de deux courts métrages et d’un projet en cours de jeunes auteurs.
 
Equi voci
Thierry de Mey
(2011 - 56' - Charleroi danses - Belgique)
Equi Voci, est un polyptique. Matrice originelle de cette oeuvre, l’enchanteur Ma Mère l’Oye se voit entouré du Prélude à la mer, nouveau film basé sur la chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker. La Mer de Debussy et La Valse de Ravel viennent parachever cette suite à quatre temps.
 
Wayne Mac Gregor, Going somewhere
Catherine Maximoff
(2011 - 80' - Les Films du présent - France)
Wayne McGregor ne regarde jamais en arrière.
Il multiplie les expériences qui sont pour lui des sources d’expérimentation et d’enrichissement infinies. Ponctué d’extraits chorégraphiques virtuoses voire extrêmes, le documentaire nous fait découvrir cet artiste passionné à la créativité contagieuse.