Territoire et Paysage
 
La nuit remue
Bijan Anquetil
(2012 - 46' - le G.R.E.C - France - V.O français)
C’est une histoire d’amitié. Sobhan et Hamid. Deux jeunes Afghans. Le voyage depuis l’Aghanistan jusqu’à Paris les a réunis. C’est là, autour d’un feu de fortune allumé au bord d’un canal, qu’ils se sont retrouvés. La nuit remue montre ce qui se passe parfois la nuit tombée au coeur de nos villes. Un film sur les passagers de la nuit en Europe, sur une jeunesse afghane qui se vit dans l’exil et qui, clandestinement, écrit son histoire. Avec des actes, des mots et des téléphones portables.
 
Jaurès
Vincent Dieutre
(2012 - 83' - La Huit Production - France - V.O français)
Elle est venue voir. Je n’ai aucune photo de Simon à lui montrer, aucune trace que ces plans volés, pris des fenêtres de chez lui, du côté du métro Jaurès: le canal, les voitures, la vie de quartier et cette poignée de réfugiés afghans confinés sous la voûte Lafayette... Alors, Elle visionne avec moi, Elle m’interroge, nous voyons défiler les saisons de cette dernière année de ma vie avec Simon, les derniers mois du combat harassant des réfugiés pour trouver une place ici, à Paris. Bien sûr, tout est fini, campement et histoire d’amour, mais Elle et moi savons désormais que, l’air de rien,le monde entier en a été légèrement... transformé.
 
Cinq caméras brisées (Five broken cameras)
Emad Burnat et Guy Davidi
(2011 - 90' - Alegria productions - France / Palestine / Israël - V.O. sous-titrée français)
Emad, paysan, vit à Bil’in en Cisjordanie. Il y a cinq ans, au milieu du village, Israël a élevé un "mur de séparation" qui exproprie les 1 700 habitants de la moitié de leurs terres, pour "protéger" la colonie juive de Modi’in Illit, prévue pour 150 000 résidents. Les villageois de Bil’in s’engagent dès lors dans une lutte non-violente pour obtenir le droit de rester propriétaires de leurs terres, et de co-exister pacifiquement avec les Israéliens. Dès le début de ce conflit, et pendant cinq ans, Emad filme les actions entreprises par les habitants de Bil’in. Avec sa caméra, achetée lors de la naissance de son quatrième enfant, il établit la chronique intime de la vie d’un village en ébullition, dressant le portrait des siens, famille et amis, tels qu’ils sont affectés par ce conflit sans fin.
 
Rock the casbah
Yariv Horowitz
(2012 - 88' - Shellac - France - V.O. sous-titrée français)
Quelque part dans Gaza, une unité de soldats israéliens patrouillent. Un des soldats est tué par une machine à laver lancée du haut d’un toit. Quatre soldats sont réquisitionnés afin de trouver le responsable, Ils sont cantonnés sur le toit d’où a été lancée la machine à laver. Une relation d’occupant à occuper se noue avec les habitants du quartier. Une population qui tout à la fois les craint et les hait et qui va rendre leur vie d’adolescents bien compliquée. La situation va basculer dans l’absurde quand un des soldats va "égarer" le prisonnier responsable de la mort de leur camarade.
 
Habiter/Construire
Clemence Ancelin
(2011 - 107' - Fin Avril Production - France - V.O sous-titrée français)
Dans l’est du Tchad, en plein Sahel, une société française construit une route rectiligne et bitumée à travers la brousse. L’entreprise a installé une unité de préfabrication d’éléments en béton destinés à la route à proximité de la petite montagne de Karaye. Sur quelques kilomètres autour de cette colline, différents groupes humains coexistent pour le temps du chantier. Les expatriés français, les cadres africains, les ouvriers spécialisés (chauffeurs, électriciens, cuisiniers etc) occupent trois «bases vie» contiguës, mais de niveaux de confort différents. Chaque matin des dizaines d’ouvriers arrivent en bus sur le chantier et repartent le soir pour Oum-Hadjer, petite ville distante de 50kms. De petits commerçants, citadins ou broussards, venus leur vendre des repas et de menues marchandises, ont construit quelques échoppes autour des infrastructures du chantier.Certains villageois des alentours construisent leurs cases le long de la route, dont ils espèrent qu’elle améliorera leurs conditions de vie. Les enfants des villages se bricolent des jouets en forme de moto, tandis que les bergers nomades continuent à parcourir la brousse avec leurs chameaux, montant et démontant leurs campements, sans rien attendre de la route, ni de la ville à laquelle elle les reliera bientôt.
 
Moter
Quentin Brière Bordier, Maria Kourkouta, Guillaume Mazloum
(2012 - 8' - Auto-production - France - V.O)
Une plaine battue par un vent d’hiver. La lumière, un plan pour seul objet. Dans le mouvement, les actions, les jeux, les envies et les convictions se mêlent peu à peu.
Les respirations retenues, les mètres défilent. Une seule prise et enfin un film.
 
Dernier paysage
Joseph Nadj
(2006 - 52' - Les Poissons Volants /Arte France - France - V.O)
A partir de sa pièce Last Landscape, Josef Nadj réalise une sorte d’«autoportrait au paysage» qui l’emmène aux sources de sa création, à quelques kilomètresde sa ville natale de Kanizsa. Ce lieu magique de la Voïvodine, enclave hongroise de l’ex- Yougoslavie dont Josef Nadj croque les contours, le fascine depuis l’enfance. Le point de départ d’un retour aux sources de la création. Car dans ce film, empreint de poésie, il met en parallèle des extraits de sa pièce Last Landscape et ce qui les a inspirés.
 
Goûter philosophique
Pierre-Etienne Schmit
(60')
Pierre Etienne Schmit est philosophe. Il est l’auteur d’une thèse intitulée « Les dimensions de l’être-au-monde chez Heidegger et Merleau-Ponty : ouverture et phénoménalité ». Rédacteur en chef de la revue « Geste », il a coordonné et co-écrit de nombreux ouvrages et articles, dont « Monde, catastrophe et enjeux - Autour de Kostas Axelos » ou encore « Phénoménologie et technique(s) ». Pierre Etienne Schmit enseigne également la philosophie et donne régulièrement des conférences publiques. Il nous convie, à l’heure du goûter, à partager philosophiquement sur le paysage.
 
My Dubaï life
Christian Barani
(2011 - 60' - Khiasma - France - V.O sous-titrée français)
Avec ce film, Christian Barani met en scène sa plongée sensorielle dans l’univers troublant de Dubaï. Filmant comme à son habitude au plus près des corps de longues séquences envoûtantes, il dévoile derrière l’exubérante illusion de cette ville-Etat et de ses paysages, la réalité d’un monde brutal et sans loi.
 
Dubaï in me
Christian Von Borries
(2010 - 78' - Masseundmacht Production - Allemagne - V.O sous-titrée français)
Le film, tourné à Dubaï en 2009, évoque le modèle économique du pays. Il contient des séquences tirées de la plateforme Internet Second Life et des extraits de DVD promotionnels provenant du « Cityscape 2008 », le salon de l’investissement immobilier de Dubaï, soulignant ainsi les similitudes entre les mondes virtuels et la réalité de Dubaï. Il s’intéresse en particulier au programme de création des îles artificielles « The World », où des séquences ont été tournées.


D’autre part, le film s’attache à décrire les conditions de travail à Dubaï. Il cite le philosophe français Jacques Rancière s’interrogeant sur la manière de réaliser un documentaire. Le film s’achève par un épilogue tourné dans les serres d’Almeria et devant la clôture de six mètres de haut de Mellila en Espagne, pour mettre en évidence la ressemblance entre Dubaï et un modèle économique global qu’on rencontre aussi en Europe. En un sens, « Dubaï est en chacun de nous ».
 
Changement de situation
Camille Plagnet et Jeanne Delafosse
(2011 - 88' - Association Son et Image/IPAMAC - France - V.O français)
Las de son travail à l’agence pour l’emploi à Paris, Alain prend congé et part dans le Massif central. Sur place, au gré des rencontres, nous découvrons avec lui une France quasi-invisible, où des gens « ordinaires » inventent, chacun à leur façon, des modes de vie hors de la frénésie urbaine et de la société de consommation. Une fiction documentaire décalée sur l’utopie au quotidien.
 
L’Enigmatique histoire de B. Traven
Xavier Villetard
(2011 - 61' - Zeugma films - France - V.O sous-titrée français)
Personne n’est jamais parvenu à savoir qui se cachait derrière le pseudonyme de l’écrivain B. Traven. Personne n’a jamais pu mettre un visage sur l’auteur ni lui attribuer avec certitude une identité. Ses livres en revanche ont fait le tour du monde. Certains d’entre eux furent des best sellers et ont fait l’objet d’adaptations cinématographiques dont la plus célèbre reste "Le Trésor de la Sierra Madre" de John Huston. Autour de B. Traven se noue le plus grand mystère littéraire du siècle passé. Revenant sur les incarnations successives derrière lesquelles l’auteur, en vrai Zorro littéraire, avance masqué, "Le Mystère Traven" s’efforce d’en démonter les rouages. De l’Allemagne du début du siècle où sa piste apparaît pour la première fois, au Mexique de la fin des années soixante où on le donne pour mort, le film traque les différentes hypothèses qui nourrissent son mystère, retrace sa cavale d’écrivain clandestin et propose un voyage singulier dans les contrées mouvantes de l’identité.
 
Chott el Djerid (portrait in light and Heat)
Bill Viola
(1980 - 28' - Carol Brandenburg - Etats-Unis - V.O)
En partant d’un phénomène physique naturel: le mirage comme effet d’optique particulier aux pays chauds, renversant les objets éloignés comme s’ils se reflétaient dans une nappe d’eau, Bill Viola travaille dans la matière même de chaque image, de chaque instant de vision, cette hypothèse scientifique, et fait de ce " mensonge objectif ", une vérité subjective. Il saisit des états intermédiaires, des délimitations fragiles, des définitions incertaines entre abstraction et réalisme. Le Chott El-djerid est un vaste lac asséché dans le Sahara, au sud de la Tunisie. Un lieu qui s’étend à l’infini, où se produisent les mirages, le plus souvent au soleil de midi. La chaleur intense du désert manipule, plie et déploie les rayons du soleil à un point tel que l’on peut voir apparaître des choses et des êtres qui n’existent pas, des images fantômes.
 
Sous le ciel
Olivier Dury
(2012 - 16' - Petit à petit production - France - V.O)
Ici, la présence des éléments est scrutée avec la précision pointilliste d’un regard obstinément attentif, guettant l’instant où la matière se livre dans son étrangeté: la véhémence insatiable du feu se prolonge silencieusement dans la dureté monumentale du roc, une étendue glacée témoigne d’une délicatesse insoupçonnée lorsque le vent en soulève la surface neigeuse, des trombes d’eau acquièrent dans leur chute foudroyante la solidité de la pierre... Dans ce monde palpitant, qui ne cesse de produire ses propres formes, soudain, une apparition, plus marquante encore qu’une hallucination.
 
Impressions
Jacques Perconte
(2012 - 48' - Triptyque Films - France - V.O)
Sur la côte Normande, les pieds dans l’eau, face aux vagues et aux vents ou sur l’à- pic des falaises, la lumière passe entre les nuages et l’eau en suspension me mouille le visage. Je raconte ce qu’il y a là, les impressionnistes qui venaient peindre. Mais l’image du film ne pense pas à être fidèle. Elle s’agite. Le paysage se transforme. Les couleurs s’écrasent sur l’écran. Quelque chose se passe à cet endroit...
 
Les six saisons
Gilles Delmas
(2012 - 52' - Lardux films - France - V.O sous-titrée français)
Le documentaire « Les six saisons », est un film/miroir sur la création du spectacle solo du chorégraphe Akram Khan, intitulé « Desh* » qui veut dire « terre » en français. Un regard tissé comme un sari vers ses origines : le Bengladesh. Ce film se déroule comme un fil dans une continuité de passages, de ponts, de parallèles qui nous renvoie à une histoire dont chaque individu est culturellement fait. Le regard de l’auteur s’ouvre sur des questions géopolitiques du Bengladesh, un des pays les plus peuplés au monde, en développant une réflexion sur les effets du réchauffement climatique et les migrations économiques. Ce film se compose comme un poème, par fragment montrant des images d’un peuple, et d’un artiste qui a migré, les images soutiennent ce rêve de retour dans un studio face à un miroir, où finalement tout serait une illusion.
 
six faces d’une brique
Damien Monnier
(2011 - 73' - L’image d’après / Bip Télévision - France)
Dans une cour de Varsovie, il y a un vestige du mur du ghetto juif. Riverains et voyageurs la traversent, l’habitent, viennent y voir. Certains prennent en charge la mémoire de ce vestige: le raconte, en garde un souvenir. D’autres passent et c’est tout. En marge de l’Histoire, que font-ils circuler sur cet événement à partir de cet espace? Dans "six faces d’une brique", le réalisateur éprouve et croise les portées actuelles de l’expérience de ce mur.
 
Un Archipel
Till Roeskens et Marie Bouts
(2010 - 61' - Khiasma - France - V.O français)
Autour de nous semblait s’étirer une étendue sans fin, succession de villes aux noms familiers, et pourtant inconnues. Quel était cet espace, son organisation secrète ? Quels étaient les signes de son bouleversement ? Quels chemins pouvions-nous emprunter, pour passer d’un endroit à l’autre ? Nous avons trouvé des guides, chacun à son tour prenant le relais pour nous emmener sur ses chemins : Amandine, Clainchard, Datil, Dibélius, Hélène, Jac, Karima, Lucien, Milouda, Mona, Nina, Morlaye, Moyshek, Rafiou, Sephora, Géraldine, Tomislav, Yann, Yvan. Des voix s’élèvent, traversant la ville. Les trajectoires des uns et des autres dessinent lentement un pays, dans lequel nous prenons place.
 
Au bord du vide
Jean-Claude Cottet
(2012 - 80' - À VIF cinémas - France - V.O français)
François et Jean s’enfoncent dans la nature afin d’y assouvir leur recherche commune de sensations vertigineuses. Un périple aux trajectoires incertaines qui se terminent souvent face au vide.Leur unique point d’attache : ce camion garé sur un parking en bord de route.
 
¡Vivan las Antipodas !
Victor Kossakovsky
(2011 - 104' - Deckert - Allemagne / Pays-Bas / Argentine / Chili - V.O sous-titrée français)
Le monde vu à travers ses antipodes. Un pont sur un ruisseau inconnu en Argentine rime avec un grand viaduc dans la ville de Shanghai, une cabane dans la brousse africaine répond à une maison assiégée par la lave à Hawaii. Par une sorte de valse qui renverse et rapproche les points opposés de notre planète, Victor Kossakovsky réalise une élégie simple (en apparence) et fascinante.