Séance thématique : Atom Heart Mother?

Minamata, Three Mile Island, Seveso, Tchernobyl : l’inventaire des catastrophes environnementales liées ou non au nucléaire est hélas conséquent. Dans cette liste, le Japon occupe une bien triste place qui le situe tout en haut. L’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi au mois de mars 2011 dépasse l’entendement. Deux ans et demi après l’explosion des réacteurs, le problème des eaux contaminées par la radioactivité reste entier et n’est toujours pas réglé.
Que peut le cinéma face à de tels cataclysmes ?
Offrir, peut-être, une surface de réparation qui ne cède rien, ou le moins possible, à la beauté vénéneuse des ruines. Ouvrir, malgré tout, un espace de paroles pour ne pas céder au découragement et à l’impuissance.

Débat en présence d’Yves Lenoir, président de l’association "Les Enfants de Tchernobyl Belarus", avec la participation du Réseau "sortir du nucléaire".
 
Pripyat
Nikolaus Geyrhalter
(1999 - 100' - Geyrhalter Filmproduktion - Autriche - V.O. sous-titrée français)
Située à cinq kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, au centre de la zone radioactive qui s’étend de l’Ukraine à la Biélorussie, l’agglomération de Pripyat est devenue une ville fantôme, tenue sous haute surveillance. La plupart des villages voisins ont été évacués. Pourtant, personnel de surveillance, chercheurs, travailleurs du nucléaire et médecins continuent à fréquenter ce site. Comment survivent-ils dans ce lieu?
Le film arpente le paysage industriel contaminé par la radioactivité, danger invisible et omniprésent. Avec des propos et des images souvent surréalistes, il nous présente des résidents qui décrivent leur vie quotidienne dans la «Zone», au risque de leur santé et de leur vie. Il nous permet aussi de mesurer toute l’étendue du désastre écologique causé par l’accident de Tchernobyl.
 
Le Monde après Fukushima
Kenichi Watanabe
(2012 - 77' - Kami Productions / Arte France - France - V.F.)
Avec la catastrophe de Fukushima, c’est le symbole de la révolution énergétique du XXème siècle qui s’est effondré. Ce désastre environnemental et humain a cristallisé toutes les angoisses de la planète, révélant toutes les contradictions d’un système mal maîtrisé.
Film choral, "Le Monde après Fukushima" fait entendre les voix des témoins de Fukushima et les paroles de politologues, de philosophes, d’écrivains. Grande enquête sur l’état de notre civilisation, sur la notion de désastre, la civilisation nucléaire, la responsabilité de l’homme, de l’Etat, il pose une question brûlante : comment va se dessiner le monde d’après ?
 
4 bâtiments face à la mer
Philippe Rouy
(2012 - 47' - autoproduit - France - V.O.)
En juin 2011, trois mois après la catastrophe, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima a installé une livecam sur le site. Accessible librement sur Internet, ce plan fixe ininterrompu est devenu la matière exclusive du film de Philippe Rouy. La seule force du montage transforme la transparence factice de ces images de propagande en séquences spectrales à l’atmosphère post-apocalyptique. Ainsi naît un film radical qui nous fait éprouver concrètement le temps de l’après-catastrophe et pose quelques questions simples et cruciales : dans le monde de l’accident généralisé, qui reste indemne de la catastrophe ? Comment témoigner d’un mal invisible ? Et comment retourner contre ses promoteurs la caméra qui prétend neutraliser tout discours sur l’accident nucléaire ?