Séance thématique : My country is cinema

Précédée, en amorce sensible, de la cartographie amoureuse et tourmentée d’un ciné-fils bien connu des cinéphiles, cette séance visite la maison-cinéma de Béla Tarr et d’Andreï Tarkovski. Si les deux documentaires ici réunis dévoilent chez les deux hommes un certain nombre de convergences et de voisinages esthétiques (notamment des liens serrés avec la peinture), ils soulignent aussi des différences de sensibilité (rapport à la religion ; vision de la condition humaine). Dans tous les cas, il s’agit de rappeler combien l’art "aide à développer et à maintenir vivante une part importante de notre expérience en tant qu’êtres humains" (Jonas Mekas).
 
Serge Daney : le cinéma et le monde
Serge Le Peron
(2012 - 80' - Les Films d’Ici / INA - France - V.O.)
Serge Daney fut successivement critique et rédacteur en chef des Cahiers du cinéma dans les années 60 et 70 puis critique à Libération avant de fonder quelques mois avant sa mort la revue Trafic. A travers le dialogue instauré entre quelques cinéastes d’aujourd’hui et la pensée de Serge Daney sur les sujets les plus divers, le film est la reconstitution du regard d’un cinéphile sur le monde et la confrontation avec notre temps.
 
Tarr Béla, I Used to Be a Filmmaker
Jean-Marc Lamoure
(2013 - 88' - MPM Film - France - V.O. sous-titrée français)
Maître méconnu du cinéma contemporain, Béla Tarr réalise entre 2008 et 2011 "Le Cheval de Turin" qu’il annonce comme son dernier film. S’appuyant sur des images d’archives réalisées durant le tournage de cet ultime opus, ce documentaire propose une rencontre avec le cinéaste hongrois entouré de ses complices de création avec qui il travaille depuis trente ans. Au présent d’un contexte sociopolitique hongrois extrêmement préoccupant, ce film questionne le renoncement d’un artiste à créer, et son besoin viscéral de lutter.
 
Une Journée d’Andreï Arsenevitch
Chris Marker
(1999 - 55' - AMIP / INA - France - V.O.)
1987 : la famille d’Andreï Tarkovski, retenue depuis cinq ans en URSS par les autorités, obtient une autorisation de sortie pour rejoindre le réalisateur exilé, gravement malade, proche de la fin. Chris Marker entrelace cette scène éprouvante d’images plus anciennes du cinéaste au travail et d’extraits de ses films. Il se fait le guide, le "Stalker" agile de cette zone mouvante, dangereuse et mystique qu’est l’œuvre de Tarkovski.