My Country is Cinema

Ce quatrième volet d’un cycle entamé en 2013 ne tire, à proprement parler, aucun portrait de cinéastes. Dans (presque) toutes ses extensions esthétiques, il est en revanche l’expression d’un désir très fort de cinéma. Bruno Nuytten et João Bénard da Costa sont en effet indispensables à la fabrication des images ou à leur médiation : le premier essentiellement en tant que cadreur et chef opérateur de haut vol ; le second comme directeur de la Cinémathèque de Lisbonne pendant 18 brillantes années. Si une fragilité mélancolique traverse les oeuvres de Caroline Champetier et Manuel Mozos, le dernier film de Claire Simon, LE CONCOURS, primé au dernier festival de Venise et que nous présentons en avant-première, nous introduit à l’inverse dans un univers très compétitif, celui de l’entrée à la Fémis, l’une des grandes écoles de cinéma en France. Pour clôturer ce programme, DE L’AIR, deuxième volet d’Henry Colomer sur la télévision, analyse comment cette machine fabrique non pas du symbolique (quoique...) mais du consentement, ici sur des questions écologiques. Une plongée sans commentaire qui repose exclusivement sur des archives tirées de l’Ina.

Éric Vidal
 
João Bénard da Costa, Outros Amarão as Coisas que eu Amei (Others Will Love the Things I Have Loved)
Manuel Mozos
(2014 - 75' - Rosa Filmes - Portugal - Portugais)
Un hommage au cinéma à travers la vie extraordinaire de João Bénard da Costa – directeur de la Cinémathèque portugaise pendant 18 ans mais aussi acteur, cinéphile, auteur inspiré et lecteur créatif. Ce document est une biographie peu ordinaire où l’histoire d’un homme est racontée à travers les choses qu’il aimait, craignait et contemplait le plus. De la peinture baroque à la littérature de Borges, D’AUTRES AIMERONT LES CHOSES QUE J’AI AIMÉES est le journal intime ensorcelant d’un homme universel.
 
Nuytten/Film
Caroline Champetier
(2015 - 62' - Le Fresnoy - France - Français)
Dans les années 80, Bruno Nuytten était une star de la cinématographie. De Duras à Blier, de Téchiné à Berri, il créait des images qui rendent ces films inoubliables. Lui-même a réalisé trois films puis abandonne le cinéma. J’ai toujours voulu comprendre, sentant confusément la profondeur de cette désertion. De cela et du reste, Bruno et moi avons parlé plusieurs jours. Puis je suis retourné le voir « s’occuper les mains » comme il aime à dire, avec une caméra cette fois. De ces images ont surgit d’autres images, un personnage, du cinéma.
 
De l’air
Henry Colomer
(2015 - 57' - INA - France - Français)
Un montage d’archives, sans commentaire, sur les pics d’intoxication qui se sont succédés depuis les « Trente Glorieuses ». Il invite chacun à mobiliser ses souvenirs et son imagination pour comprendre comment — en grande partie grâce à la formidable caisse de résonance de la télévision — les lobbies industriels ont travaillé à une « fabrique du consensus » sur la pollution de l’air. Le documentaire se présente comme un triptyque : chœur des pétroliers, chœur des atomistes, chœur des sorciers.
 
Le Concours
Claire Simon
(2016 - 120' - Andolfi / Mouvement / Ciné + - France - Français)
C’est le jour du concours. Les aspirants cinéastes franchissent le lourd portail de la grande école pour la première, et peut être, la dernière fois. Chacun rêve de cinéma, mais aussi de réussite. Tous les espoirs sont permis, toutes les angoisses aussi. Les jeunes gens rêvent et doutent. Les jurés s’interrogent et cherchent leurs héritiers. De l’arrivée des candidats aux délibérations des jurés, le film explore la confrontation entre deux générations et le difficile parcours de sélection qu’organisent nos sociétés contemporaines.

Avant-première