#3 Transformer*

Pour la deuxième année consécutive, le festival des Écrans Documentaires invite des réalisateurs à revisiter leur travail ou à présenter un projet en cours de construction. Une proposition qui se déploie en deux rencontres et trois temps, pour se clôturer par une programmation de films courts proposée en partenariat avec le MAC/VAL.



Les Écrans Documentaires d’Arcueil et le MAC/VAL proposent, dans le cadre de la rétrospective Jean-Luc Verna au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne, une programmation de films courts en résonance, lointaine ou rapprochée, avec l’univers de l’artiste. Documentaire, cinéma expérimental, art vidéo, film d’artiste, clip, expérimentation photographique : la séance expose des visages et des corps saisis dans une certaine « nudité » de leur être. Étrangement, c’est pourtant cette pauvreté-là qui résiste tant bien que mal à la menace d’une totalisation, au gré des recompositions et des modifications créées ici par la découpe du cadre, les jeux de lumière, le maquillage ou encore le travestissement, ce qui contribue à brouiller un peu plus les frontières entre le dedans et le dehors. Soit, comme le souligne Jean-Luc Verna, « le corps dans tout ce qu’il a de trivial et de magique. »
De politique, aussi.

En parallèle à cette invitation au voyage en terre plus ou moins connue, cette sélection de films est alimentée, dans le hall de l’Espace Jean Vilar, par un « juke-box » visuel et sonore concocté par Jean-Luc Verna sous la forme de liens à piocher sur le web. Par l’intermédiaire de moniteurs et de casques, chaque spectateur aura donc l’occasion d’explorer une autre intimité de l’artiste, de découvrir une autre facette de ses intérêts et (belles) obsessions, de Nico à Diamanda Galas en passant par Delphine Seyrig, Marguerite Duras, Charles Pierce ou encore Vaslav Nijinski.

Éric Vidal

*d’après l’album éponyme de Lou Reed
 
Notre trou du cul est révolutionnaire
Lionel Soukaz
(2005 - 3' - Autoproduction - France - Français)
« "Gettare il proprio corpo nella lotta", "Jeter son corps dans la lutte"; cette formule empruntée par Pasolini au chant de résistance des Noirs américains, prenait hier tout son sens. "Car le corps doit s’entendre, soit de l’individu de chair, soit comme composante de l’expression". Je cite là René Schérer. Et mon corps devenait esprit traversé de frissons et d’amour pour celles et ceux qui résistent. » (Lionel Soukaz)
 
Take Me
Stephen Dwoskin
(1968 - 30' - Autoproduction - Royaume-Uni)
Une femme chantonne en déambulant tranquillement en robe de chambre. Cette scène tranquille, se transforme peu à peu en une magnifique peinture mobile.
 
Filmarylin
Paolo Gioli
(1992 - 11' - Autoproduction - Italie)
À partir de planches-contact, une célébration tout à la fois formaliste et empathique du corps occidental, industriel et matriciel par excellence, celui de Marilyn Monroe.
 
Brando
Gisèle Vienne, Musique : Scott Walker + Sunn O)))
(2014 - 9' - Same Art - France)
Film court écrit et réalisé par Gisèle Vienne, et inspiré par la musique homonyme de Scott Walker + SUNN O))), Brando se déroule dans un chalet 60’s des Alpes françaises et réunit la danseuse Anja Röttgerkamp, l’adolescent Léon Rubbens, et l’icone Catherine Robbe-Grillet.
 
Identities
Nino Rodriguez
(1991 - 7' - Autoproduction - Etats-Unis - Anglais)
Face caméra, un homme « s’entretient » avec le réalisateur qui n’a conservé que les résidus, les restes de son discours : spasmes, borborygmes, déglutitions, hésitations, bruits divers du corps. Une expérience radicale et bouleversante des rapports entre continuité et discontinuité humaine.