Mercredi 3 novembre 2010, 21h00

mercredi 3 novembre 2010 à 21h00

Espace Jean Vilar - salle 1

Liban-Palestine : 1969/2009

Avant-première de Fix me

Raed Andoni

Producteur et réalisateur palestinien, Raed Andoni travaille depuis 1997 dans le domaine du cinéma indépendant. Il est le co-fondateur de Dar Films Production, une société de production indépendante basée à Ramallah. Grâce à Dar Films, il a produit et co-produit plusieurs documentaires primés, tels que The Inner Tour (sorti en salles), Live from PalestineInvasion. En tant que réalisateur, son premier documentaire Improvisation, Samir et ses frères, produit en association avec Arte, a reçu le prix « Art et Culture » de la Compétition internationale du documentaire méditerranéen en 2006 et a été présenté dans de nombreux festivals internationaux.

Entre autres activités liées au cinéma en Palestine et à l’étranger, Raed Andoni organise des ateliers pour les jeunes réalisateurs palestiniens et promeut le développement du genre documentaire en Palestine. Il a également été membre du jury de la compétition jordanienne Al Maseraa, et du jury du Festival international Visions du réel à Nyon (Suisse) en 2007.


Fix Me

Fix me

Raed Andoni | 2010 | 98’ | Palestine, France, Suisse

Raed, auteur réalisateur palestinien, a mal à la tête. Au sens propre comme au figuré. Ça l’empêche de travailler. Il décide de se faire soigner et se rend au service de Santé mentale du Croissant Rouge de Ramallah. Le chef de service lui promet de le guérir en vingt séances. La salle de consultation est séparée d’une pièce mitoyenne par un miroir sans tain. Ce dispositif qui sert habituellement à la formation des internes, permettra à Raed de filmer sa thérapie. Et au spectateur de pénétrer la psyché de cet étrange personnage, sorte de cousin palestinien de Woody Allen, et de découvrir son monde.

« Raed Andoni a quarante ans, tout comme l’occupation israélienne de la Cisjordanie, et souffre d’une migraine tenace. De cette céphalée invalidante, il a oeuvré à un film où l’intime entre en résonance avec le destin collectif de son peuple.

Parcourant des paysages éventrés, Raed Andoni mène l’enquête, rassemble ses souvenirs manquants – interroge son thérapeute, ses amis, sa famille –, passe les check-points comme un ressassement. Fix me traite de la perméabilité, de la porosité : il montre comment l’histoire des territoires occupés s’est insidieusement insinuée dans le corps du cinéaste. En usant de la juxtaposition, de l’opposition, de l’enlacement même de certains plans, le film interroge aussi avec finesse, toute la complexité d’une réalité historique.

Par son rythme, sa densité, la beauté des cadres, la musicalité de la bande sonore, le cheminement de sa pensée, Fix me agit comme un antidote à la guerre. Par son humour et son intelligence, il constitue un merveilleux et subtil bras d’honneur aux extrémistes des deux bords. »

Raphaël Mathié et Aurélia Georges, Cinéastes (Africultures)