Ahmed Lallem
- 1996
- 51’
L’émancipation, les rôles, les droits, la reconnaissance de la femme dans l’espace social, culturel et politique arabo-musulman hantent les cinématographies du monde arabe depuis longtemps. Dans les années soixante-dix, la mise sous tutelle de la condition féminine arabe ou berbère était traitée sous une forme dénonciatrice, poétique et souvent elliptique, relevant archaïsmes sociaux et culturels : El Chergui, le silence violent de Moumen Smihi, en est l’exemple le plus brillant. Dans la veine militante, des films comme celui que la libanaise Heiny Srour réalisa sur la guérilla Omanaise du Dhofar, offrait une représentation féminine incroyablement émancipée, qui n’avait rien à envier aux guerrilleras latinas ou Viet-Cong. De quoi provient l’impression que l’horloge de l’histoire semble s’être mise à tourner à l’envers ? Sommes-nous frapper d’aveuglement par nos représentations, nos fantasmes, notre incapacité à penser « la complexité » ?
En 1966, Ahmed Lallem filme une classe de lycéennes algéroises lors de l’année du bac. Dans ce documentaire, Elles, ces jeunes filles témoignent de leurs espérances, de leurs convictions, de leur fierté de vivre dans une société en construction ; un pays affirmant sa dignité où semble pouvoir s’augurer une reformulation de la place de la sphère féminine dans la société…
Trente ans après, le cinéaste retrouve quatre d’entre elles, Badra, Fatima, Hassima, Souad. Il leur tend ce miroir, leur donne la parole…
