Aqabat Jaber, paix sans retour ?

Eyal Sivan

  • 1995
  • 61’

À quelques kilomètres de Jéricho, paroles croisées recueillies dans les premiers mois de « l’autonomie palestinienne »…

« Tout ce que je sais de mon village, c’est son nom ». « Aucun peuple au monde n’accepte l’occupation », « Le vainqueur impose sa loi », « Dans ce camp, nous n’avons pas eu d’enfance, nous sommes dépendants ».

Derrière la « Question de la terre », se profile en ombre portée celle de l’identité, de l’autonomie personnelle, de l’impossibilité de « penser » le renoncement, de refuser l’humiliation. Comment à partir de ce nœud complexe donner un sens à la paix ? Peut-on envisager la paix israélo-palestinienne sans le retour des réfugiés palestiniens sur leur terre natale devenue Israël ? S’agit-il d’un retour physique ou d’un retour symbolique ondé sur la reconnaissance de l’injustice infligée au Peuple de Palestine en 1948, lors de la création de l’État d’Israël ? Après avoir tourné Aqabat Jaber, vie de passage à la veille de l’Intifada, Eyal Sivan revient dans ce camp de réfugiés au lendemain de l’évacuation de la région par l’armée israélienne. À quelques kilomètres de Jéricho, Aqabat Jaber, construit il y a cinquante ans, est un camp palestinien aujourd’hui sous autonomie palestinienne. Ses trois mille habitants n’ont pourtant pas changé de statut. Après les accords de paix, ils restent des réfugiés et ne peuvent rentrer dans les villages dont leurs parents ont été chassés. Au cœur du conflit israélo-palestinien, la question du retour des réfugiés déterminera l’avenir du Moyen-Orient. Ce film qui se veut analogique raconte l’histoire des réfugiés palestiniens comme celle de tous les réfugiés, populations déportées, personnes déplacées, qui sont au centre des grands conflits du XXe siècle…

Aqabat Jaber, paix sans retour ?

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