Randa Chahal Sabbag
- 1995
- 61’
Beyrouth, la guerre est finie ? Beyrouth se reconstruit et de son cœur historique en ruine fait table rase. Tous les enseignements des « petites guerres » incluses dans le « chaudron proche-oriental » sont-ils tirés ? A qui profite l’instabilité de la région ? Quel est le comptable des souffrances, des douleurs, des injustices ici vécues ? Y a-t-il des leçons de l’Histoire ?
« J’ai filmé depuis 1983 ma famille en vidéo. J’ai filmé depuis 1976 la guerre au Liban en 16 mm. Souvent je ne revoyais pas les images… Elles se brûlaient, se perdaient au cours des voyages, se faisaient confisquer, ou carrément voler. Bref tout allait bien.
Un jour, j’ai voulu raconter une histoire. C’était très difficile de trouver une logique à toutes ces images, à la guerre, à ma famille, aux morts, aux regrets, à ľinvasion israélienne, à la présence syrienne, à la reconstruction de Beyrouth.
En plus les images fonctionnaient bien dans le désordre. Avec ma famille, j’ai trouvé le lien pour discipliner les images de la ville. Maintenant que l’esprit ressemble à un terrain vague, que nous avons perdu la guerre, reprendre les souvenirs de face sans affrontements pour un dernier adieu à cette ville que j’ai tant aimée et que je ne finis pas de quitter. »
Est-il possible de regretter la guerre ?
