samedi 7 décembre 1996 à 18h00
Salle Saint-Éloi
Proche-Orient, introspection
L’Arène du meurtre
Amos Gitaï | 1996 | 60'
« Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul. Pourtant, il est seul. Il attend. Et il est seul et lui seul sait. »
Bien que filmant « à chaud », peu après le meurtre d’Itzhak Rabin, la ville d’Haïfa (où il est né en 1950), les paroles de Léa Rabin et d’Aviv Geffen, Ie chanteur rock israélien, Gaza et le Golan, Amos Gitaï « refroidit » toute tentative d’interprétation pressée et clame d’autant plus, une certaine urgence.
Morale du travelling chez Gitaï : voyage nocturne à Gaza, clos de barbelés, où est le dehors, le dedans ? Où est l’enfermement et quelle histoire nous rappelle-t-il ?
Aviv Geffen en concert : « La prochaine catastrophe est à notre porte. Nous sommes responsables ! Et plus tard. Pour Rabin, Pour la Paix ! Assez de Haine… »
Une longue, lente méditation entre temps présent et mémoire, entre la conscience et le désarroi qu’il faudra savoir maîtriser, « nos réactions quand rien ne va plus ». Cet essai introspectif « s’achève » en s’ouvrant sur une litanie essentielle : « un temps pour pleurer, un temps pour rire, un temps pour le deuil, un temps pour étreindre, un temps pour jeter des pierres, un temps pour haïr, un temps pour construire, un temps pour la guerre, un temps pour la paix ».
Le film d’Amos Gitaï a été réalisé avant la victoire du Likoud aux dernières élections israéliennes…
Nos guerres imprudentes
Randa Chahal Sabbag | 1995 | 61'
Beyrouth, la guerre est finie ? Beyrouth se reconstruit et de son cœur historique en ruine fait table rase. Tous les enseignements des « petites guerres » incluses dans le « chaudron proche-oriental » sont-ils tirés ? A qui profite l’instabilité de la région ? Quel est le comptable des souffrances, des douleurs, des injustices ici vécues ? Y a-t-il des leçons de l’Histoire ?
« J’ai filmé depuis 1983 ma famille en vidéo. J’ai filmé depuis 1976 la guerre au Liban en 16 mm. Souvent je ne revoyais pas les images… Elles se brûlaient, se perdaient au cours des voyages, se faisaient confisquer, ou carrément voler. Bref tout allait bien.
Un jour, j’ai voulu raconter une histoire. C’était très difficile de trouver une logique à toutes ces images, à la guerre, à ma famille, aux morts, aux regrets, à ľinvasion israélienne, à la présence syrienne, à la reconstruction de Beyrouth.
En plus les images fonctionnaient bien dans le désordre. Avec ma famille, j’ai trouvé le lien pour discipliner les images de la ville. Maintenant que l’esprit ressemble à un terrain vague, que nous avons perdu la guerre, reprendre les souvenirs de face sans affrontements pour un dernier adieu à cette ville que j’ai tant aimée et que je ne finis pas de quitter. »
Est-il possible de regretter la guerre ?
