Mathilde Mignon
- 1997
- 59’
- Les Films d'lci
Nouville dans la baie de Nouméa, Nouvelle Calédonie, Pacifique Sud. Là, on avait cerné d’eau, le bagne des français et l’asile de fous. Aujourd’hui Nouville enferme toujours la prison et l’hôpital psychiatrique, qui côtoient maintenant un complexe touristique et un squat d’océaniens kanak ou immigrés. Cet hôpital porte le nom d’Albert Bousquet, le grand-père de la réalisatrice, qui fut médecin-chef dans les années cinquante et se suicida sur une petite plage toute proche. Sur les traces de cette histoire singulière d’exil, la réalisatrice interroge le passé complexe et déchiré de cette île, à l’heure où Kanak indépendantistes et Caldoches choisissent de se construire un avenir politique commun. Derrière les destins de chacun, sous la mémoire blanche des déportations françaises, ou même Kabyles, surgit la mémoire noire de cette terre portant l’identité kanak. Cette terre à laquelle sont rendus les morts, si belle en Calédonie-Kanaky.
Comment dire l’histoire « noire » Kanaky, Nouvelle Calédonie des autres, puisqu elle n’est dans aucun livre. Comment « raconter » cette « parole retenue ». Mathilde Mignon s’y emploie avec élégance, justesse et retenue en retournant à Nouville dans l’hôpital où son grand-père exerça et sur la plage où il se suicida. Seul du croisement complexe des mémoires et des perceptions de l’histoire peut sourdre l’écriture d’un autre avenir…
