Jean Pélégri et James Blue
- 1962
- 81’
- Production Georges Derocles
« La représentation de la guerre d’Algérie a toujours fait problème aux cinéastes français. Les films de cette période, en particulier, frappent d’abord par leur vision simplifiée du conflit, souvent présenté comme un conflit classique opposant deux camps trop bien identifiés : d’un côté le FLN, de l’autre l’armée française (les appelés du contingent sont au centre de nombreuses œuvres signées par la Nouvelle Vague : Cavalier, Demy, Godard, Rozier, Varda). Ces films évacuent des images tous ceux que l’on n’évoque jamais ; réfugiés, algériens, pieds noirs, harkis, membres du Parti Communiste Algérien parqués dans des camps.
Les Oliviers de la Justice échappe à ce manichéisme. Sa force est de ne rien schématiser mais au contraire de tout complexifier, ménageant une place aux multiples figures de l’autre que les événements font apparaître, leur offrant à tous la dignité de plans de cinéma où faire entendre leur voix. Voilà sans doute ce qui rendit ce film irrécupérable et totalement incapable d’être exploité politiquement. Voilà sans doute ce qui déplut, la raison de sa condamnation à moisir dans un trou de l’histoire du cinéma français d’où il émerge aujourd’hui, l’explication d’une censure télévisée qui dure depuis 1965. »
Patrick Leboutte, Festival Filmer à tous prix, Bruxelles 1998
