Pierre Trividic et Patrick-Mario Bernard
- 1998
- 45’
- Taxi Vidéo Brousse
- France
Est-ce le jour, est-ce la nuit ? Le temps ne passe pas entre ces quatre murs sales, maculés de taches d’humidité, de traces de doigts. Sommes-nous à New-York ? Ailleurs ?
Un appartement new-yorkais, mettons. Un appartement hanté par une chose qui vit là. Ou ne vit pas. Un appartement rempli par les peurs et les haines de cette chose. Qu’est-ce que c’est ? Lovecraft ? Pas sûr. Est-ce que c’est vivant ? Ça bouge en tout cas. Ça bouge mais furtivement. Ça vit, donc. Mais à peine. Ça ne respire pas (peut-être par crainte d’attirer l’attention).
Non, cette chose n’est pas Lovecraft. Elle n’en est pas l’incarnation. Elle en est une traduction. Voici Lovecraft, tel qu’il se voit lui-même. Réel, mais si peu. Vivant, mais à peine.
Toute marche mystérieuse vers un destin est une tentative de portrait psychique de celui qu’on appelait le « reclus de Providence ». Écrivain dépressif, jamais filmé, jamais enregistré, il ne reste de lui que quelques photographies pieusement regroupées par ses admirateurs. Et puis sa correspondance, innombrable. Et son œuvre immense, qui opère un renouvellement pur et simple de la littérature fantastique.
