dimanche 25 novembre 2001 à 16h30
Espace Jean Vilar - salle 1
Séances spéciales
Carte blanche à Serge Meurant.
Une proposition de Serge Meurant, responsable du Festival Filmer à tout prix Bruxelles et membre du jury Prix des Écrans documentaires 2001.
Festival Filmer à tout prix
La dixième édition de Filmer à tout prix, Cinémas des réalités aura lieu à Bruxelles, à l’automne 2002.
Ce festival a pour spécificité de proposer des pistes de réflexion sur l’écriture et les genres documentaires en même temps qu’il constitue une vitrine de la production documentaire en Communauté française de Belgique.
Son projet est de devenir une sorte d’observatoire du documentaire en Belgique.
La problématique abordée dans ce contexte sera celle de la conservation et de la restauration des documentaires « filmés à tout prix ».
La plus grande partie de la production documentaire belge des deux dernières décennies est constituée de productions à (très) petits budgets, finalisées généralement au prix de nombreux sacrifices et grâce à la persévérance de leurs auteurs et producteurs. Nombreuses de ces œuvres à bas coûts ont marqué l’histoire du documentaire en Communauté française de Belgique.
Par leurs qualités cinématographiques, leurs écritures inventives et subtiles, ces films sont devenus au fil du temps des documents essentiels pour mieux comprendre la société et le monde dans lequel nous vivons.
La plupart de ces œuvres ont été tournées, faute de moyens, avec des supports vidéo (HI8, betacam SP) ou films (Super 8) qui ne résisteront pas à l’usure du temps. Or, jusqu’ici la conservation de ces films et leur restauration n’ont pas fait l’objet en Belgique d’une politique cohérente, poursuivie et concertée entre les différentes institutions concernées : la Cinémathèque royale de Belgique, la Cinémathèque de la Communauté française de Belgique, principalement. Il apparaît donc nécessaire de réfléchir, notamment à partir de solutions apportées à ce problème dans d’autres pays, à la définition d’une telle politique et aux moyens nécessaires pour sa mise en œuvre.
Les lignes directrices de la programmation des films de la 10ème édition de Filmer à tout prix.
Un des objectifs, réaffirmé à chaque édition du festival, est de permettre à un public de voir des œuvres belges, récentes, démontrant la richesse et la diversité des démarches et des écritures documentaires ayant cours dans notre pays. Une attention particulière est portée aux activités des ateliers d’accueil et de production qui constituent un champ d’expérimentation unique en Europe pour les jeunes cinéastes ou les cinéastes indépendants de la production commerciale.
Le second est de confronter cette production belge à ce qui apparaît être le meilleur, le plus engagé et le plus innovateur, de la cinématographie mondiale qu’il s’agisse de documentaires de création, d’essais ou d’œuvres de fiction où le réel apparaît comme fondateur.
C’est ainsi que la plupart des grands cinéastes du réel ont été programmés dans les éditions précédentes de Filmer à tout prix : Johan van der Keuken, Fred Wiseman, Joris Ivens, Jean Rouch, Robert Kramer et tant d’autres. Nous restons inconditionnellement fidèles à une telle option, avec curiosité et ouverture aux tendances et aux personnalités les plus neuves du cinéma actuel.
La formule adoptée en 2002 sera double : un atelier de cinéma autour de l’œuvre d’un cinéaste important et des coups de cœur qui reflètent à travers le cinéma l’état du monde. Les bouleversements de l’histoire que nous sommes en train de vivre ne nous permettent pas encore de déterminer les thèmes porteurs du festival : par exemple, la mondialisation, le terrorisme, le Moyen-Orient et leurs conséquences dans nos sociétés : le racisme, les expressions les plus personnelles en réaction à cela, l’insoumission et l’invention du vivre.
Serge Meurant, responsable de FATP
Le Moindre geste
Jean-Pierre Daniel, Fernand Deligny | 1970 | 100'
« Nous étions quelques-uns à mener, depuis une dizaine d’années, la même existence. Parmi nous Yves G. Un jour, une caméra s’est trouvée là. Une caméra et un magnétophone. À partir de quoi, l’existence que nous menions s’est prêtée à devenir ce dont caméra et magnétophone ont gardé en mémoire. Yves G., José Manenti, Guv et Marie-Kose Aubert, Any, Anita et Numa Durand et Fernand Deligny ont vécu Le moindre geste. Dix heures d’images et des heures de la parole d’Yves G. Bien des années après, Jean-Pierre Daniel a tenté, à son tour, de faire un film avec ce document. », Fernand Deligny
Un document sur les observations et la pratique de Fernand Deligny qui dévoile un autre visage de l’autisme. Une œuvre rare, riche d’enseignement où l’image renoue avec l’essence du cinéma.
