Mercredi 21 novembre 2001, 10h00

mercredi 21 novembre 2001 à 10h00

Campus Jussieu, Amphithéâtre 24

La part de l’art dans le documentaire, éthique et esthétique

La rencontre, par Christian Barani et Nicolas Rey

Vidéo et cinéma expérimental : des « hypothèses » pour le cinéma documentaire

Les cinéastes se jettent sur la vidéo, oh ! pardon sur le DV, car apparemment il ne faut pas prononcer ce mot tabou.

Principalement pour ces questions de coût qui les obligent à dire « moteur » tous les deux ans au mieux.

Alors se passe le temps de la découverte, certes un peu naïve, le temps de l’émerveillement.

Des textes de critiques apparaissent ça et là. Tel découvrant qu’il y a un micro sur les caméras vidéos, lui permettant de capter la parole. Tel autre qui a des trous de mémoire, ne citant à aucun moment le terme vidéo, oubliant l’histoire de l’art vidéo qu’il connaît bien par ailleurs, oubliant de préciser par exemple, que lorsque Beauviala crée la première caméra vidéo paluche, les seuls intéressés furent les vidéastes. Car ils avalent bien compris que cet outil allait permettre un autre rapport au réel, permettre une autre narration.

Mais les cinéastes de l’époque étaient bien trop loin de ces préoccupations ou peut-être n’avaient-ils pas compris les enjeux ?

Les cinéastes et leur entourage ont dédaigné cet outil pendant des années. L’ayant même combattu car il représente l’outil du concurrent, l’outil de la méchante télévision qui grignote les restes d’ambition du cinéma. Maintenant que tout est fini, que l’on sait que le Boeing ne décollera pas, que la télévision et les nouvelles technologies de diffusion ont gagné, alors ces chers cinéastes se retournent vers cet outil tant décrié. Mais d’une manière amnésique. Ils investissent ce champ comme s’ils étaient les premiers, tels des cow-boys face à l’immensité du far west, face à ce sentiment de liberté que procurent les grands espaces. Mais comme les cow-boys, les cinéastes oublient qu’il y a des gens qui avant eux ont eu le courage de défricher ces terres vierges. Au grand mépris de tout le monde.

Chers amis cinéastes venez rejoindre ces espaces de liberté, ces espaces de plaisir que génère la vidéo créative.

Christian Barani est vidéaste et Nicolas Rey, cinéaste.

Programmation cinéma par Jeff Guess

  • München-Berlin Wanderung Oskar Fischinger, 1927, 5 mn, silencieux
  • Manhattan Paul Strand et Charles Sheeler, 1921, 9 mn
  • Montgomery, Alabama Rudy Burckhardt, 1941, 4 mn, couleur
  • Mothlight Stan Brakhage, 1963, 4 mn, couleur
  • Les soviets et l’électricité (extrait) Nicolas Rey, 2001, couleur

Extraits de vidéos de Christian Barani

  • Ausencia (1992)
  • Les yeux ne sont plus ici (1994, 16 mm)
  • Le vent ailé (1996)

Triptyque construit à partir d’une même matière d’images enregistrées en Italie du Nord — Delta du Pô :

  • Occupés d’infinité, ils pêchent (1997)
  • Photonumériquesonore (1998)
  • Sacca degli Scardovari (2000)

 

  • Parce que (coréalisation avec G. Reynard) (2000)