Jacques Malaterre et Jacques Patarozzi
- 1992
- 28’
La culture corse n’est ni la première ni la dernière à se voir défigurer par le miroir déformant de l’actualité à grand spectacle. Qu’elle nous semblait bien plus aimable enclose dans ses clichés « d’Île de beauté », avec son « petit caporal » et son chanteur glamour perpétuant comme d’un disque rayé les Noëls de sa ritournelle éternelle ! Derrière cette insularité, cette histoire traversée de mille prédations, la rugosité et la frugalité d’une économie pastorale et montagnarde originelle, il sourde une profondeur incandescente à découvrir. La vogue « world music » le permet avec le succès de I Muvrini ou d’A Filetta. Par la « modernisation » de la polyphonie Corse (la paghjella) opérée avec la complicité d’Hector Zazou ou dans l’étude savante des chants sacrés par Marcel Péres et l’Ensemble Organum. Une création inscrite dans la contemporanéité comme dans les pas de la tradition est aussi possible dans l’hybridation. Comme le prouve cette adaptation filmique par Jacques Malaterre du spectacle A Mossa, où se tisse en résonance avec les polyphonies, la création chorégraphique de Jacques Patarozzi, ancien danseur de Pina Bausch. Rituels de vie, rituels de mort, jeux et banquets, coutume de la vendetta s’y évoquent à la nuit ou sous le soleil écrasant, sur des places de village ou des promontoires surplombant la mer…
