Dominique Cabrera
- 1997
- 79’
Ainsi une « documentariste », une cinéaste, nous place face à une réflexion en action. Produit du sens, des sentiments, des impressions, des questionnements, interroge des engagements, des relations, ses émotions, le temps qu’il fait, l’air du temps. Les siens et peut-être une part du nôtre. Une caméra Hi8 pour faire une « mise au point ». Pour elle, pour nous. Libres à nous. C’est du cinéma, donc des images en mouvement, une voix, des sons, des lumières, une aube, le paysage d’un corps, de la brume en montagne. Des paroles et des silences. Les siens, les siennes que rien ne nous oblige à faire nôtres. C’est du cinéma qui parle de la vie. En direct, en différé. Cela reste donc de la représentation. Du passé déjà, des indices, des signes, des détails infimes qui permettent peut-être de « voir venir » l’avenir. De refuser ou nous approprier ce qui est dit dans cet acte. Qui ne nous objurgue pas à communiquer mais à prendre le temps, le temps du film comme il vient, comme on le ressent. Chacun, seul et ensemble comme toujours au cinéma. « De janvier à septembre 1995, j’ai voulu filmer ma vie en Hi-8. Cette année j’ai aimé un homme et j’ai filmé ma mère. Comme beaucoup d’autres, je me suis demandée pour qui il fallait voter et dans quel collège je devais envoyer mon fils ; c’était la même question, celle de notre devenir collectif et du libéralisme triomphant. J’ai aussi filmé le soleil sur le plancher, la dépression, les fleurs et les vacances. Je voulais surtout saisir le temps qui passe et nous transforme, j’aurais pu appeler le film : Devenir. En le faisant, chemin faisant, j’ai repris goût à la vie. J’avais fait un film sur le manque et il me semble que c’est un film sur le bonheur d’une femme banale mais cinéaste, cinq ans avant l’an 2000. »
Filmographie récente de Dominique Cabrera : Rester Là-bas (1992) ; Rêves de ville (1993) ; Réjane dans la Tour (1993) ; Chronique d’une banlieue ordinaire (1993) ; Une poste à la Courneuve (1994) ; De l’autre côté de la mer (1996).
