Barbara Kopple
- 1972-76
- 103’
- Cabin Creek Films
- États-Unis
1973, dans l’Amérique de Nixon, se développe une longue grève de mineurs de l’Eastover Mining à Brookside dans le Kentucky. Au fil du conflit ils sont relayés par leurs femmes, sœurs et filles qui viennent en première ligne renforcer les piquets de grève et l’organisation. Elles proposent de nouvelles tactiques et posent le problème de la violence. La « caméra actrice » a clairement choisi son camp…
« Initiée au montage par les frères Maysles, ingénieur du son sur Year of the woman et Hearts and Minds, Barbara Kopple a très tôt trouvé sa voie dans le cinéma “engagé” mais c’est presque par accident, en août 1972, qu’elle s’est trouvée entreprendre son premier long métrage. Alors qu’elle suit la campagne menée par les Miners for Democracy après l’assassinat du leader Joseph Yablonski, éclate à Brookside, Kentucky, une grève qui durera treize mois. Avec une équipe réduite (trois à cinq personnes selon les circonstances) et un financement aléatoire des fondations privées et des groupes religieux), la jeune réalisatrice passe trois ans dans les houillères, s’intègre à la communauté des mineurs, brave les menaces de mort et les attentats perpétrés contre les piquets de grève. Elle amasse un matériau si considérable qu’il lui faudra un an pour le monter et le structurer. Le résultat doit une bonne part de son impact à l’engagement vital de son auteur. Un engagement de plus en plus intense, de plus en plus perceptible à mesure que le film se constitue. À mesure que l’équipe prend le parti de la “base” contre les patrons et les dirigeants syndicaux corrompus… »
Michaël Herry, Positif n° 195/96, juillet-août 1977
« … Quant aux femmes, elles commencèrent par être incroyablement méfiantes. Elles dirent qu’elles s’appelaient “Florence Nightingale”, “Martha Washington”, etc. Il fallut une bonne semaine pour qu’elles nous disent à quels piquets de grève aller, qu’elles nous parlent et nous fassent confiance… Mais alors elles brisèrent vraiment la glace. Ce sont des personnalités superbes. Elles le sont aussi dans le film. Mais contrairement à ce que l’on dit, ce n’est pas un film sur les femmes. C’est un film sur Les Gens… »
Barbara Kopple, Cannes mai 77, propos recueillis par Jeannine Ciment pour Positif.
