Patricia E. Kajnar
- 1998
- 26’
- Cinq Continents
- France
La narratrice prépare un film de fiction, pendant l’été 1998, à Tokyo. En attendant l’argent, les acteurs, elle fait des images de « repérages » sans savoir si ces images feront partie ou non du film à venir. La ville réelle semble filmée comme un espace mental, inscrit sous le signe du « Passage » : passage d‘un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un film à l’autre, passage d’un visage à l’autre, de la veille au sommeil, de la vie à la mort, du singulier au pluriel, de la fiction au documentaire (ou vice versa…). Le sommeil collectif si léger et anodin, caractéristique du Japon et le mortel sommeil, évoqué par la catastrophe de 1995, (attentat au gaz sarin), servent de fil conducteur émotionnel à ces « repérages ».
À travers les attitudes ensommeillées des passagers du train de Tokyo, le film enregistre des détails infimes de vies quotidiennes jusqu’à ce que les visages deviennent des masques plus abstraits.
Sommeil ; à la fois métaphore de la distance qui nous sépare les uns des autres et de ce qui nous unit collectivement au « devenir humain » (Héraclite : Dormir, c’est participer au devenir humain) sans distinction de race et de culture.
Les Passagers pourrait être l’approche ethnographique d’un état intérieur fait d’associations sur les thèmes conjoints de l’intime, de la rencontre, du mystère de l’Autre, à l’intérieur et au-delà de toute menace de perte et de destruction.
