Lettre pour L.

Romain Goupil

  • 1993
  • 100’

En 1987, 700 cinéastes répondent à la question du journal Libération « Pourquoi filmez-vous ? »

Romain Goupil choisit pudiquement la « provoc » : « Question claire, franche, efficace. Votre exigence de vérité oblige mes secrets. Je bosse pour la gloire et la puissance, pour être reconnu, admiré, en un mot, pour l’argent. Je veux un yacht bourré de filles dans chaque port. La même voiture qu’Albert Camus, une moto encore plus grosse que celle de Coluche, un avion plus rapide que Baroin… Collectionner les photos où on me verrait serrer la main de Ho Chi Minh, De Gaulle, Pompidou, Guevara. Du fric pour pouvoir fumer des cigares dans le bureau du responsable communication de Coca-Cola… »

Fils d’un opérateur auquel il a consacré un court-métrage, Romain Goupil signe en 1982 un film sur la conscience de fêlure de certains militants de la « génération 68 », ceux qui ne prendront décidément jamais « Le pouvoir » : c’est Mourir à Trente ans, Caméra d’or à Cannes.

Été 91. Lui, apprend la nouvelle d’une maladie qui la menace :

« Quand est-ce que tu fais un film bien ? ». Urgence. En Europe, l’URSS vole en éclats et le siège de Vukovar commence. Le réalisateur entreprend un voyage à travers le temps et l’espace et filme à la première personne… La « guerre de Bosnie » n’a pas encore commencé…

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