Andreï Ujica
- 1995
- 96’
- Bremer Institut Films
« Le premier space trip sur pellicule. L’absence de pesanteur n’est pas un handicap pour faire un film. Ici, deux caméras 35 mm ont été envoyées dans l’espace : opération spectaculaire, exclusivement cinématographique. À terre Vadim Lussaw, le chef opérateur de Solaris (le film de Tarkovski) dirige la prise de vue… En orbite, deux cosmonautes suivent ses indications durant un space walk. Action…
Ensuite les caméras seront désintégrées lors de leurs rentrées dans l’atmosphère. Le trip fini, les images conservées, voici l’histoire. En mai 1991, les cosmonautes Anatoli Artsebarski et Sergueï Krikalev quittent la terre à destination de la station Mir dans le cadre de la mission Ozon. Tandis que le commandant de bord retourne comme prévu sur terre après cinq mois, l’ingénieur de bord ne devait revenir qu’après dix mois, contraint de rester en orbite du fait des événements politiques. En effet en août 1991, pendant que Sergueï Krikalev séjourne dans la station, se déroule à Moscou le putsch qui entraîne non seulement la disparition de l’empire soviétique mais aussi la fin d’une époque historique. L’idée du film est simple : son motif est classique : l’Odyssée… Ici, ce ne sont plus les dieux de l’Olympe qui se disputent sur le déclin de Troie, mais des techniciens qui, depuis le ciel, assistent à la décomposition d’un empire. Leur vision globale ne perçoit certes pas les chars qui perturbent le trafic dans les rues de Moscou. Mais depuis la station, ils captent tout autre chose : le rythme de la nature, les changements de la couleur du globe au gré des saisons. En août 1991, une époque a pris fin, sans qu’une autre ait vraiment commencé : les terriens règlent leurs comptes avec le passé alors que dans la station spatiale, la Révolution d’Octobre a survécu… », Catalogue Vue sur Les Docs, 1996
