Sottovoce

Claudio Pazienza

  • 1999
  • 105’

Italie, Roccascalegna 1992. Plusieurs femmes racontent leur vie amoureuse à un Corbeau Parlant et… au sombre et célèbre Baron Corvo de Corvis, personnage légendaire du XVIe siècle qui vient de réapparaître miraculeusement dans l’enceinte de son château en ruine. Depuis son retour, le Baron n’a qu’un seul désir : rétablir le droit de cuissage qu’il avait institué dans son village de la région des Abruzzes sans pouvoir jamais l’exercer… « Les premières images datent du mois d’avril 1986 tournées lors du mariage de Mario et Gigliola. En 1988, Mario meurt d’un infarctus. Sottovoce s’inspire de ces événements ainsi que du récit de plusieurs femmes de Roccascalegna dont celui de Gigliola, la jeune veuve. J’ai écrit en pensant aux lieux et aux gens qui ont interprété mon film : les habitants de Roccascalegna (surtout des gens de ma famille, beaucoup d’amis). Il n’y a donc pas eu de casting, ni de véritable distribution de rôles. Il y a surtout des personnes face à la caméra quasi immobiles. Sottovoce est bien sûr une quête des origines, mais c’est aussi et surtout un parcours mi-carnavalesque, mi-sociologique à travers un monde rural en mutation. Un monde où l’importance de la parole, même à voix basse, équivaut à un besoin, une urgence de choisir, de dénoncer et de se définir. C’est du moins ce que j’aime croire. » (Claudio Pazienza)

Claudio Pazienza est né à Roccascalegna en 1962 et vit en Belgique depuis l’âge de six mois. Réalisateur autodidacte, Sottovoce est son premier long-métrage, après plusieurs court-métrages et des études d’ethnologie. Il a fondé en 1988 sa société de production Qwazi Qwazi Film. Il prépare et coordonne actuellement une soirée thématique sur la Belgique pour Arte (diffusion prévue en mars 1997). Enquête à plusieurs facettes sur ce pays, pour laquelle il réalise un long-métrage, inspiré métaphoriquement par le tableau de Pieter Brueghel l’Ancien Paysage de la chute d’Icare.

Claudio Pazienza avec Sottovoce explore une forme originale, la fable documentaire. Une démarche passionnante car elle renouvelle et questionne la « restitution spectaculaire » du travail anthropologique. En jouant sur l’entrelacs du recueil de témoignages des villageois(es) et leur mise-en-scène en « tableaux vivants » de scènes symboliques relatives à la légende fondatrice et à la coutume. À travers ce mode d’exposition, le spectateur est libéré à la fois du commentaire à vocation explicative et de la prétention des images à se « commenter elles-mêmes ». Ce n’est pas un hasard si Sottovoce est le fruit d’un long processus d’élaboration et de maturation basé sur un travail ethnologique réalisé par l’auteur à propos des rituels nuptiaux d’Italie centrale. In fine, Sottovoce est un film d’une complexité subtile dans lequel le spectateur se trouve à la bonne distance : proximité et perspective.


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