Mercredi 15 novembre 2000, 20h00

mercredi 15 novembre 2000 à 20h00

Campus Jussieu, Amphithéâtre 24

Chris Marker, point de départ

Un idéal, des idéologies

Quand il n’en reste plus qu’une, qui ne l’est pas, le Marché, la Globalisation. Retour-mémoire sur certaines tragédies de l’illusion, du dévoiement des idéaux à l’époque d’un monde duel… Et comment inventer, imaginer dans le Virtuellement Unique une autre Pensée, d’autres perspectives ?


Out of the present

Andreï Ujica | 1995 | 96'

« Le premier space trip sur pellicule. L’absence de pesanteur n’est pas un handicap pour faire un film. Ici, deux caméras 35 mm ont été envoyées dans l’espace : opération spectaculaire, exclusivement cinématographique. À terre Vadim Lussaw, le chef opérateur de Solaris (le film de Tarkovski) dirige la prise de vue… En orbite, deux cosmonautes suivent ses indications durant un space walk. Action…

Ensuite les caméras seront désintégrées lors de leurs rentrées dans l’atmosphère. Le trip fini, les images conservées, voici l’histoire. En mai 1991, les cosmonautes Anatoli Artsebarski et Sergueï Krikalev quittent la terre à destination de la station Mir dans le cadre de la mission Ozon. Tandis que le commandant de bord retourne comme prévu sur terre après cinq mois, l’ingénieur de bord ne devait revenir qu’après dix mois, contraint de rester en orbite du fait des événements politiques. En effet en août 1991, pendant que Sergueï Krikalev séjourne dans la station, se déroule à Moscou le putsch qui entraîne non seulement la disparition de l’empire soviétique mais aussi la fin d’une époque historique. L’idée du film est simple : son motif est classique : l’Odyssée… Ici, ce ne sont plus les dieux de l’Olympe qui se disputent sur le déclin de Troie, mais des techniciens qui, depuis le ciel, assistent à la décomposition d’un empire. Leur vision globale ne perçoit certes pas les chars qui perturbent le trafic dans les rues de Moscou. Mais depuis la station, ils captent tout autre chose : le rythme de la nature, les changements de la couleur du globe au gré des saisons. En août 1991, une époque a pris fin, sans qu’une autre ait vraiment commencé : les terriens règlent leurs comptes avec le passé alors que dans la station spatiale, la Révolution d’Octobre a survécu… », Catalogue Vue sur Les Docs, 1996


Le Tombeau d’Alexandre

Chris Marker | 1993 | 104'

Né en 1900, Alexandre Medvedkine resta toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. Mais le fondateur du ciné-train de l’agit-prop des années trente, ne manqua pas de dénoncer de manière corrosive les aberrations du système comme dans son film satirique culte Le Bonheur. Marker « rembobine » le film d’une œuvre, d’un engagement, d’une esthétique. Mais le siècle s’achève dans la confusion de l’après-putsch de 1991 qui signe la fin de l’Union Soviétique. Une « conclusion » que Medvedkine ne connaîtra pas…