Samedi 7 décembre 1996, 14h00

samedi 7 décembre 1996 à 14h00

Maison Doisneau, Gentilly

À propos de Marseille, autrement…

Les films dialoguent en vis-à-vis et en boucle avec « 365 citoyens, Gentilly » (20') produit par Son & Image en 1989.


457 Marseillais(es) sur une chaise

Pierre Lobstein | 1995 | 24'

Portrait de deux « tribus » marseillaises : celle, maghrebo-gitane, de Bassens, une cité de transit… depuis trente ans, dans les Quartiers Nord et celle des comoriens, les plus nombreux parmi les récents arrivants de ce flux qui irrigue Marseille depuis vingt-cinq siècles.

Portrait dont la parole témoigne de vécus, celui d’un supposé ghetto, celui d’une supposée incapacité à l’intégration, dont l’une des qualités est bien cette réjouissante énergie démocratique (comités des quartiers, associations) se nourrissant d’une longue tradition villageoise, pour les comoriens, ou d’une lutte contre leur propre abandon… par la société civile, pour Bassens.

À l’aune d’une valeur que notre monde contemporain a quelque mal à pratiquer : la solidarité… Et ce, dans la lumière revendiquée : la beauté.

Qu’alors cette parole démocratique et « tribale » ait été « appelée » – plutôt que « cadrée » – par des artistes dont deux artistes indiens américains, « archétypes » universels de l’homme tribal hollywoodien, quoi de plus normal puisqu’il s’agissait bien de retourner quelques clichés dans ce très vieux port ou cent vingt-huit tribus, un jour, ont entonné, ensemble, un chant nouveau : La Marseillaise…

Écoute, respect… voilà peut-être les deux notes fondamentales d’un nouvel hymne à travailler dans son écho originel et universel…

Que son air se doive d’être beau mais moins martial qu’un autre… sans nul doute, et c’est à notre sens, le moins que puissent faire des artistes, ensemble, aujourd’hui… Parole d’humanité ! Marseille(s) s’en voudrait un humble écho… où ont résonné en sympathie, sens musical compris.


Rendez-vous avec Paul

Paul Carpita | 1996 | 110'

Rendez-vous avec Paul est un film comprenant cinq court-métrages en noir et blanc, La récréation, Marseille sans soleil, Demain l’amour, Des lapins dans la tête, Graines au vent. Paul Carpita y conte les conditions de leur tournage entre 1959 et 1964.

Rendez-vous sur les Quais de Paul Carpita retrace la grève des dockers de Marseille en pleine guerre « d’Indochine ». Le contexte politique étant ce qu’il est… le film est interdit et détruit dès sa première projection pour « menace à l’ordre public ». Ambiance… censuré et perdu jusqu’en 1989 donc. Automne 1996, sort le second long-métrage de ce jeune cinéaste de soixante-quatorze ans, Les sables mouvants : sur fond de Guerre d’Espagne, dans la Camargue livrée aux magouilleurs immobiliers et aux négriers… Ce cinéaste « empêché », perçu comme le chaînon manquant entre Renoir et la Nouvelle Vague selon les historiens du cinéma, dixit Annick Peigné-Giuly de Libération, n’en a pas moins cessé de tourner, passion oblige…