vendredi 7 novembre 1997 à 20h00
Grande salle Hôtel de Ville de Gentilly
Les rencontres documentaires
Quatrième séquence.
Atelier Films en cours
Le « désir documentaire » est-il soluble dans la contrainte financière ? Les aides potentielles sont-elles incontournables ou créent-elles une dépendance ? Peut-on indéfiniment retarder un processus d’écriture ? Où débute celui de la production ?
Et finalement à partir de quel instant un film commence « à exister » réellement ?
Il existe autant de réponses singulières et personnalisées à ces questions qui ne doivent pas pour autant occulter les questions du processus de création lui-même.
Cet atelier permettra au travers de deux expériences, de deux itinéraires de « Films en cours », d’aborder nombre de ces questions, qu’elles relèvent de « l’économique », de l’écriture ou de leurs imbrications. Avec, et cela ne relève pas tout à fait du hasard… un fil conducteur sous-jacent et implicite, le Mali… et la lutte des Sans-Papiers…
Henri-François Imbert, est l’auteur de Sur la plage de Belfast, un film primé lors de notre édition 1996, dans moult autres festivals et déjà largement diffusé en télévision comme en salles.
Parti début juin au Mali pour la première phase d’écriture de son nouveau film Drissa, H.F. Imbert se propose à travers cet atelier de nous exposer sa démarche dans son stade actuel de maturation. Prise de risque, mise en jeu, confrontation publique pour un acte créateur en cours et sans doute une nouvelle conception du rapport dans le trinôme filmeur-filmé-spectateur (actif !).
De Pajol, à Saint-Ambroise, de Saint-Bernard au Mali, Jacques Kebadian reconstitue avec « Histoires africaines » (titre provisoire), l’errance d’une famille malienne. Nombre de cinéastes ont réagi « à chaud » et de manière militante sur ces luttes : depuis La ballade des Sans-Papiers de Samir Abdallah et Rafaelle Ventura au désormais fameux film collectif « Nous, les Sans-Papiers de France » projeté dans de nombreuses salles. Films d’intervention et d’urgence ayant pour vocation d’agir directement « sur le réel » : Jacques Kebadian, qui n’en est pas à sa première démarche documentaire de longue haleine (Mémoires Arméniennes) est entré avec Histoires Africaines dans son processus filmique depuis près de deux ans. La dynamique du « sujet » rencontré n’a pas cessé (et ne cesse d’ailleurs encore) d’évoluer. Elle parvient donc, non sans difficulté, à négocier sa relation avec l’économie actuelle du documentaire qui n’aime guère l’aléa.
Aujourd’hui Histoires africaine est monté. En deux versions : une longue de 2h30, une version Cinéma d’1h42. C’est dire que ce n’est plus « un film en cours »… Quoique ! Restent le mixage, la conformation, la traduction… la disponibilité d’un studio, des budgets qui restent à trouver…
Jacques Kebadian nous présentera la séquence inaugurale du film (5 minutes environ) et témoignera auprès des participants de l’atelier des différentes phases de ce processus filmique.
Histoires Africaines : « Pour les Sarakolés, voyager et trouver du travail afin d’aider à distance leurs familles est une tradition ancestrale. Dodo Wagué, né dans la région de Kayes au Mali, dans une grande famille de cultivateurs, fait partie de cette génération qui a tenté “l’aventure” en France à la fin des années 1980. Avec une carte de séjour renouvelée, il a travaillé pendant trois ans dans le bâtiment. Il fait venir sa femme Koura Koulibaly auprès de lui. Après 1991, on ne renouvelle plus ses papiers. Le 18 mars 1996, avec sa femme et leurs jumelles, ils rejoignent les sans-papiers qui occupent l’église Saint-Ambroise… Après six mois de lutte, ils seront régularisés… Pour eux commence une nouvelle étape, celle de l’intégration à leur pays d’adoption. Dodo Wagué a quitté le Mali il y a dix ans, il n’est pas retourné dans son village de peur de ne pouvoir revenir en France. Nous ferons ce voyage avec lui pour découvrir à cette occasion l’autre versant de l’histoire. »
Interventions
- Henri-François Imbert et Jacques Kebadian, cinéastes.
