Deux films qui à un quart de siècle d’écart traduisent l’esprit d’une filmographie personnelle en prise « avec le monde réel ».
C’est en près de cinquante ans de cinéma, une œuvre qui trouve son unité dans la diversité. Par son passage au gré des désirs, des projets, entre documentaire et fiction, elle met « le réel en scène » en l’ancrant à chaque fois dans son époque. Son art du commentaire à l’humour distancié, précis, piquant est incomparable, singulier, en constante osmose avec le montage et les phrases musicales choisies. Ce qu’elle appelle sa « cinécriture ». Et son cinéma toujours voyage, sans se presser. Un cinéma qui butine, joue, interroge, prend le temps d’un vrai regard porté sur ce qu’il filme.
Quelques repères sur Varda, cinéaste
Née à Bruxelles, elle a étudié à la Sorbonne et à l’École du Louvre avant de devenir la photographe officielle du Théâtre National Populaire de Jean Vilar. Quatre ans avant l’explosion de la Nouvelle Vague, elle réalise en 1954, La pointe courte, un film précurseur de ce mouvement. Sa filmographie ne cessera d’osciller entre fictions et documentaires, longs métrages et formes courtes.
Ô saisons, Ô châteaux (1957), L’opéra-Mouffe (1958), Cléo de 5 à 7 (1961), Salut les cubains (1963), Le Bonheur (1964), Lions Love (1969), Réponse de femmes (1975), Daguerréotypes (1975), Black Panthers (1975), L’une chante, l’autre pas (1976), Mur-Murs (1980), Documenteur (1981), Ulysse (1982), 7P cuis., S.de b… (À saisir) (1984), Sans toit ni loi (1985), Jacquot de Nantes (1987), Les demoiselles ont eu 25 ans (1992), Les 100 et 1 nuits (1994)…
Films
Les Glaneurs et la Glaneuse
Agnès Varda | 2000 | 82' | France
Un peu partout en France, Agnès a rencontré des glaneurs et glaneuses, récupérateurs, ramasseurs et trouvailleurs. Par nécessité, hasard ou choix, ils sont en contact avec les restes des autres. Leur univers est surprenant. On est loin des glaneuses d’autrefois qui ramassaient les épis de blés après la moisson. Patates, pommes et autres nourritures jetées, objets sans maître et pendule sans aiguilles, c’est la glanure de notre temps. Mais Agnès est aussi la glaneuse du titre et son documentaire est subjectif. La curiosité n’a pas d’âge. Le filmage est aussi glanage.
L’Une chante, l’autre pas
Agnès Varda | 1976 | 110'
Deux jeunes filles à Paris en 1962. Pauline dite Pomme, dix-sept ans, étudiante (Valérie Mairesse) rêve de quitter sa famille pour devenir chanteuse. Suzanne, vingt-deux ans (Thérèse Liotard) s’occupe de ses deux enfants. Elles se séparent ; chacune vit son combat de femme. Elles se retrouvent dix ans plus tard au cours d’une manifestation. Suzanne travaille au planning familial et Pauline est devenue chanteuse. Le destin les réunira de nouveau en 1976. Elles ont expérimenté la phrase de Simone de Beauvoir qui termine le générique : « On ne naît pas femme, on le devient. »
Séances
mardi 7 novembre 2000 à 18h30
Cinéma La Pléiade, Cachan
- L’Une chante, l’autre pas
Agnès Varda | 1976 | 110’
mardi 7 novembre 2000 à 20h45
Cinéma La Pléiade, Cachan
- Les Glaneurs et la Glaneuse
Agnès Varda | 2000 | 82’ | France
