Doc’Concerts

Kristoff K.Roll, avec Martine Altenburger et Lê Quan Ninh

En résonance au film de Walter Ruttmann Carole Rieussec, Martine Altenburger, Jean-Christophe Camps et Lê Quan Ninh proposent une musique qui se souvient du film plutôt qu’un commentaire ou une bande sonore suivant son découpage.

Sans opposer ni superposer le rythme cinématographique au rythme musical, les musicien(ne)s s’attacheront à faire entendre les liens poétiques entre vibrations lumineuses et vibrations sonores. Oscillations entre la mémoire des images et l’instant musical, entre l’électricité mise en œuvre et les instruments acoustiques. C’est finalement une danse où se nouent l’abstrait et le concret.

Résonances

Nous regardons défiler les images ; l’organisation – muette – nous interpelle.

La fluidité trace une écoute : légère comme une vapeur, massive, collée à la rythmique industrielle. L’œil immergé prend son temps : rien ne presse l’écho sonore du film.

Nous sommes là, simple réceptacle d’un passage fixé et en attente d’une effusion sonore.

Notre époque est autre et nos tensions s’accrochent là où chacun d’entre nous s’accorde une prise : nœud d’images qui passent…

A un moment donné, nous prendrons nos instruments et accrocherons le film à nos poignets. Le temps sera présent pour nous qui le laissons tisser, pour vous qui l’écoutez passer…

Les Kristoff K.Roll

Duo de musique électroacoustique, né en 1990 : Carole Rieussec et Jean-Christophe Camps

Si nous pratiquons la miniature, les formes longues et mouvantes nous intriguent (variations pour Le petit bruit d’à côté du cœur du monde, différentes versions pour Des travailleurs de la nuit, à l’amie des objets).

Nous aimons, sur de longues durées, tisser un temps mêlant l’écrit (acousmatique, instrumental) et l’improvisé ; seuls ou avec d’autres (Daunik Lazro, Gérard Clarté, Xavier Charles, Nido, Laurent Grappe…).

Et travailler l’espace, ses polyphonies possibles ainsi que le mouvement et le volume des sons.

Nous aimons les sons abstraits, mais les sons qui émanent des cultures proches et lointaines constituent souvent la matière première de nos interrogations, de notre travail. Une fois captés, nous aimons écouter, sculpter ces sons, les orchestrer, souligner leurs qualités, ou au contraire, les salir, les brouiller, les détourner. Notre esthétique est celle de l’opaque et de la créolité. C’est entre les langues que nous rêvons et luttons d’un même élan.

« Le droit à l’opacité serait aujourd’hui le signe le plus évident de la non-barbarie », Edouard Glissant

Principales musiques

Les Hey ! tu sais quoi… Série de miniatures acousmatiques, nées d’improvisations « autour » du quotidien.

Corazon Road. Carnet de voyage d’Amérique centrale. Label Québecois Sonart/Empreintes digitales.

Le petit bruit d’à côté du cœur du monde. Après un voyage en Afrique de l’Ouest.

Chaque variation est conçue comme une re-création : alternance de musique concrète, d’improvisation (Daunik Lazro), de musique écrite, de textes projetés, de jonglerie et manipulation d’objets (Gérard Clarté), de danse de paroles (Nido).

Des travailleurs de la nuit, à l’amie des objets. Fresque politique.

Tentative de théâtre populaire « concret », en trois « temps » :  installation sonore déambulatoire ; projection de sons, petites scènes de manipulation d’objets, et de danse « éclatées » dans l’espace, en situation d’écoute immergée ; concert « en cercle » dans un autre espace, avec un autre dispositif de projection du son.

Décliné dans différentes versions dont un CD édité chez Métamkine, dans une version acousmatique et courte.

Portrait de Daunik Lazro. Installation (et projection concert) octophonique.

Forme transversale, entre l’essai, le plunderphonic, le documentaire, le cahier d’entretiens, le hörspiele dans l’espace et la sculpture sonore.

Festivals et lieux ayant accueilli ces projets : Musique Action, Densités, les 38es Rugissants, Fruits de Mhère, Sons d’hiver, les Instants chavirés, le Horlieu, Théâtre du Lierre, le Molière-scène d’Aquitaine, Radio France.


Martine Altenburger, violoncelle

Après des études dans différents conservatoires, elle complète son parcours en Finlande (Savonlinna) avec le violoncelliste Arto Noras et en Allemagne avec Anner Bylsma.

Violoncelliste dans le Quintet Distico avec les musiciens improvisateurs Michel Doneda (saxophone), Daunik Lazro (saxophone), Lê Quan Ninh (percussions), Dominique Regef (vielle à roue) (1988-1993).

Depuis 1996, violoncelliste au sein du trio « Quand elle fond, la glace avec l’eau se raccomode » avec Jean Pallandre (bandes, effets sonores), Emmanuel Petit (guitare).

Création de l’ensemble à Bruit Secret investi dans la relation entre l’improvisé et l’écrit et notamment l’interprétation du répertoire des pièces de John Cage, Stockhausen.

Travaille régulièrement avec Xavier Charles (clarinette), Jean Pallandre (bandes) et Marc Pichelin (kobol, mélissons) et Laurent Sassi (mixage, diffusion) dans le quintet Et Sinon Quintet (création à Montreuil au x Instants Chavirés à l’occasion du cinquantenaire de la musique concrète).

Discographie sélective

Et sinon. Carte postale sonore de Jean Pallandre et Marc Pichelin (Ouïe-Dire Production Mars 1994)

Lawrence D. Butch Morris – Testament : a conduction collection. Conduction #38 : In Freud’s garder (New World Records)

Trio Horizontal. Enregistré à Toulouse par Laurent Sassi (CDRI Fait-Maison Production / Ouïe Dire)


Quan Ninh Lê, percussions

De formation classique (1er prix de percussion en 1982 dans la classe de Sylvio Gualda au CNR de Versailles), Lê Quan Ninh a joué dans divers ensembles de musique contemporaine et au sein de compagnies de théâtre et de danse.

Membre du Quatuor Hêlios principalement engagé dans la création d’œuvres nouvelles mêlant percussion, théâtre musical et technologies nouvelles.

Improvisateur, il participe à de très nombreuses rencontres en Europe et joue en formations régulières dans des formes où se mêlent musique acoustique et électroacoustique, poésie, performance, actions, cinéma expérimental, photographie, vidéo…

Membre de l’association La Flibuste, un réseau d’artistes basé dans la région de Toulouse et engagé dans la réflexion, l’organisation et la production concernant les pratiques de l’improvisation libre – et du label Ouïe Dire Production.

Depuis 1993, il se consacre également à l’informatique musicale interactive en développant ses propres programmes. Ceux-ci ont été principalement interprétés dans le cadre des concerts des groupes Quanta, Kinobits, Idiome 1238, en solo et pour le Quatuor Hêlios.

Discographie sélective

Arranoa (Beñat Achiary) Ocora, pièces avec Michel Doneda (sax soprano) et Beñat Achiary froix), 1989

Works for percusion Wergo de John Cage, 1989

En quatuors avec Daunik Lazro (saxes) et Michel Doneda (sax soprano) et le poète Serge Pey, 97/98 : Montagne Noire Poil, et avec Michel Doneda (saxophone soprano) Laurent Sassi et Marc Pichelin (microphones)

Ubik, folklores imaginaires

En résonance avec La dernière trace

Ubik joue sur différentes scènes parisiennes ainsi qu’en province depuis l’automne 1998 (plus d’une quarantaine de concerts entre novembre 98 et septembre 99). Ce quintet à géométrie variable est né du désir de marier les sonorités et les couleurs de musiques dites « traditionnelles » (musique arabe, irlandaise, indienne, tzigane…) et de la volonté délibérée d’aller au-delà des collages faciles auxquels nous habitue parfois la « world music » pour créer une alchimie originale.

Les cinq musiciens du groupe, venus d’horizons musicaux hétéroclites, se sont ainsi retrouvés autour de l’idée paradoxale de « folklores imaginaires » qui cristallise l’envie commune de créer un univers à la fois novateur et familier. La place prépondérante laissée à l’improvisation, ainsi que ľutilisation d’un grand nombre d’instruments insolites voire inédits contribuent à créer une sonorité propre à un groupe dont la musique invite tour à tour à la danse et à la méditation.

  • Fatiha Haddi : violon
  • Christophe Souron : Zarb, derbuka, tambourins, daf, guimbarde vietnamienne
  • Jean-Jacques Schmidely : tablas, cloches, percussions
  • Azraël Tomé : tricardon, dulcimer, harmonica, Voix
  • Etienne de la Sayette : saxophone soprano, flûtes, mélodica, bodhràn, escargot, sanza

Les musiciens

Fatiha Haddi

Après l’obtention d’un premier prix de violon au Conservatoire de Caen, Fatiha Haddi s’est investie avec un intérêt grandissant dans la musique improvisée (musique arabe, jazz..) tout en gardant un amour immodéré pour Bach. On a pu l’entendre notamment au sein des groupes Mandarine et Geminga. Passionnée de jazz, elle apprend la contrebasse dans le but avoué d’accompagner un jour Steve Coleman au Village Vanguard.

Christophe Souron

Batteur de formation, Christophe Souron se consacre exclusivement aux percussions orientales depuis 1995. Ce breton pur souche, grand amateur de bombarde et de biniou, se spécialise en musique classique ottomane puis découvre la musique iranienne grâce aux Zarb, tambour aux sonorités magiques dont le jeu subtil nécessite une technique sans faille. ll suit pour ce faire l’enregistrement de Madjid Khaladj et d’Adel Shams Eldin. Christophe Souron s’est produit plusieurs années au sein des Moujiks, groupe de musique des balkans qui s’illustre depuis 1996 sur les scènes nationales.

Jean-jacques Schmidely

Prix de conservatoire de clarinette à 18 ans, il apprend la guitare et le piano. Pendant une quinzaine d’années il joue au sein des groupes les plus variés : chanson, jazz, musique latine. Il poursuit en parallèle une formation d’ingénieur du son et travaille avec Michel Portal, Noir Desir… Il découvre la musique indienne et les tablas en 1992, et se consacre dès lors à cet instrument, estimant avoir enfin trouvé sa voie. ll se produit au sein de groupes comme le Mourad Benhamou Interplanetary Orchestra ou le groupe de funk RFE.

Azraël Tomé

Fils du chanteur Antoine Tomé, cet autodidacte inspiré joue d’un instrument unique au monde : le tricardon, sorte de guitare formée d’une caisse en demi-sphère et munie, comme son nom ne l’indique pas, de quatre cordes. Cet instrument fabriqué par son grand-père possède une sonorité unique, à mi-chemin du bouzouki, de la mandole et du banjo. Azraël Tomé entreprend de compléter son expérience en acquérant une solide formation de guitariste jazz. (Conservatoire, Ecole Atla, IACP). ll joue en outre du dulcimer, et suit des cours de chant carnatique (musique de l’Inde du Sud). ll s’est produit en solo (chant / tricardon) ou aux côtés d’Antoine Tomé, ainsi qu’au sein du groupe de funk « post-atomique » Human Beings.

Etienne de la Sayette

Saxophoniste jazz de formation (il a suivi l’enseignement de Tony Pagano, Martial Pardo, David Patrois), Etienne de la Sayette découvre la musique irlandaise lors d’un séjour à Belfast et apprend à jouer de la flûte traversière en bois et du whistle (il suit l’enseignement de Michel Sikiotakis) tout en continuant à se produire dans diverses formations de jazz (Quartet Aqueux, Cactus Trio, Gulab Ja Moon…) et de funk (Human Beings, Bonobo, Dark Vanor…) Il fabrique ses propres instruments lesquels trouvent naturellement leur place dans Ubik, tel l’« escargot », sorte de clarinette basse archaïque à la sonorité improbable ou de petites flûtes en PVC conçues spécialement pour certains morceaux du groupe.