Si nous avons les mêmes raisons de nous réjouir que pour les deux autres compétitions du festival de la qualité de la sélection de cette édition 2001, force nous est de constater l’échec au moins provisoire du principe de confrontation-échanges que nous avions imaginé. Non point isoler, les films d’écoles de cinéma et les réalisations de cursus universitaires, les auto-productions, les films d’ateliers, chacun dans son ghetto, culturel, économique et de démarche. Moyens, expériences, durée d’élaboration, accompagnement des projets, tout concourt à les situer sur des registres tellement différents qu’ils conviennent à une conception de panorama sélectif, mais surtout pas à un principe d’évaluation artistique comme une compétition se conçoit. Tout caractère compétitif est déjà en soi sujet à débat. Cette contradiction s’est à ce point amplifiée que l’effet de réel nous contraint à ajuster la « règle » que nous avions fixée. Deux familles de choix complémentaires se sont constituées de manière assez homogène. Première « tribu » : des films qui pourraient par leur exigence, leur « achèvement » et en d’autres circonstances, s’inscrire en catégorie courts (formule vers quoi nous pencherons sans doute ultérieurement). Puis des films qui ont d’incontestables qualités, signent de réelles démarches, des tentatives de dispositifs, mais qui n’ont incontestablement pas bénéficié des conditions requises pour s’afficher « à égalité » dans les mêmes séquences de programmation. D’où par conséquent « la » compétition et le panorama sélectif proposés. Dernière notation au passage à propos de cette représentation 2001 des films de formations : le caractère documentaire résolument « créatif » semble gagner réellement du terrain dans les lieux d’enseignement à caractère plus « artistique » (Ensad, ENSBA, Le Fresnoy, ERG Bruxelles) quand ceux plus « spécialisés » dans la démarche documentaire semble gagnés par le virus du formatage. Impression globale à affiner au cas par cas bien entendu.
Films
Am I…
Show-Chun Lee | 2001 | 25'
« À travers le récit d’une jeune chinoise sans papier, Amaï, et le thème de la métamorphose, je souhaite parler du métissage des cultures, de la circulation des marchandises et des personnes dans le monde actuel, et de la toute puissance de l’aspect économique sur tous les autres systèmes de valeurs. », Show-Chun Lee
Asnières-Cormeilles ou les communes traverses
Aurélien Bras | 2001 | 21'
La ligne de train de banlieue Asnières – Cormeilles-en-Parisis relie, au départ de la gare Saint-Lazare, plusieurs villes de la petite et de la grande couronne. Pour des millions de personnes, le voyage en train rythme les allers-retours entre le domicile et le lieu de travail, entre la banlieue, minuscule village anonyme, et l’aimant mastodonte que représente la capitale.
Boulevard du nord
Samuel Bester | 2001 | 17'
« L’expérience est indicible mais le langage cherche à en tirer un enseignement. Cette formulation de l’instant vécu par le langage parlé ou l’expression artistique, nous cherchons à la partager. Chaque objet aura ainsi un sens spécifique suivant notre propre héritage culturel. Mon langage est le film, mon objet : mon quartier. », Samuel Bester
D’ici on voit les pompiers
Jean-Charles Gosseries | 2001 | 47' | Belgique
Marie-Lou, Nele, Raymonde, Alain, Jean-Pol et Raymond vont durant une demi-année nous faire découvrir leur vie dans le foyer pour handicapés mentaux légers. Très vite, une relation se crée et l’on découvre des moments de leur vie, leurs passions pour les températures, les cartes météo, la chanson, les poupées… et les pompiers ! Une rencontre, un portrait de groupe.
Detto Trasporto
Margherita Caron | 2001 | 16'
Claudio transporte les cendres de son frère Lucio depuis Rome jusqu’au cimetière de Leni, dans l’île de Salina. « C’est un retour à l’enfance à travers la mort. »
Ganga Maya
Agathe de Valence | 2001 | 20'
Varanasi est une ville qui émeut, essentiellement parce qu’on y découvre la puissance de la religion sur les mentalités, parce que l’Inde entière vient s’y purifier et y mourir. Varanasi, on ne la visite pas. On s’assoit dans les ruelles, au bord du Gange et on regarde.
I could have been human (Mo Glem Byc Czlowiekiem)
Barbara Madejska | 2000 | 15' | Pologne
À proximité d’une centrale nucléaire, des hommes survivent, se consument dans la misère et l’alcool sur une décharge, au rythme des trains qui viennent débarquer les déchets.
No hay cama para tanta gente
Hemel Atehortua | 2000 | 30' | Colombie
Bogota, Colombie. Un homme marié est au chômage. N’arrivant pas à s’en sortir, il vend tout ce qu’il peut, y compris l’enfant qui est dans le ventre de sa femme.
Séances
mercredi 21 novembre 2001 à 20h00
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Programme #1
- No hay cama para tanta gente
Hemel Atehortua | 2000 | 30’ | Colombie - Am I…
Show-Chun Lee | 2001 | 25’ - I could have been human (Mo Glem Byc Czlowiekiem)
Barbara Madejska | 2000 | 15’ | Pologne - Boulevard du nord
Samuel Bester | 2001 | 17’
mercredi 21 novembre 2001 à 21h30
Campus Jussieu, Amphithéâtre 24
Programme #2
- Ganga Maya
Agathe de Valence | 2001 | 20’ - Detto Trasporto
Margherita Caron | 2001 | 16’ - D’ici on voit les pompiers
Jean-Charles Gosseries | 2001 | 47’ | Belgique - Asnières-Cormeilles ou les communes traverses
Aurélien Bras | 2001 | 21’

