Proclamation Palmarès

À la frontière entre la Grèce et la Turquie, une barrière de onze kilomètres se dresse depuis décembre 2012. Elle s’élève à trois mètres côté grec, deux mètres côté turc, des barbelés occupent l’espace d’un mètre qui sépare les deux grillages, et elle est flanquée de vingt-cinq caméras thermiques et de miradors.
Sa construction a coûté 3,2 millions d’euros au gouvernement grec, sans la moindre participation de l’Union Européenne.
Le parti néonazi Aube Dorée juge que ce barrage ne suffit pas : il veut qu’un champ de mines boucle la frontière.
Désormais, les immigrés tentent le passage par le fleuve Evros, tout proche mais beaucoup trop dangereux. Un cimetière de migrants a été aménagé dans les environs. Trois cents monticules de terre anonymes s’y alignent depuis quatre ans…
Tandis que murs et grillages poussent comme des champi-gnons, d’autres murailles, invisibles celles-là, sont installées pour empêcher les émigrants indésirables de franchir la ligne de démarcation entre prospérité et pauvreté. Ou pour les jeter dehors s’ils y parviennent quand même. Pour ceinturer l’Union Européenne et préserver son territoire, des systèmes d’identification ont en effet été mis en place dès 2003. Avec SIS (pour Système d’Information Schengen), banque de données européennes de recherches, et Eurodac, banque de données comportant les empreintes digitales, les mailles du filet se sont resserrées.
Une fois refoulés, expulsés ou simplement fichés dans la « liste noire », les migrants n’ont plus beaucoup de chance de passer entre les gouttes, que ce soit pour tenter de franchir la frontière de l’espace Schengen comme pour circuler à l’intérieur de l’Europe. Le moindre contrôle peut les ramener à la case départ.
Plus que jamais, la frontière est la traduction spatiale d’une délimitation sociale.

Propos de Françoise Deriaz. Source chiffrée : Stéphane Rosière, géographe, France Culture, 20 juin 2012

Films


En face

En face

Jeanne Vaillant | 2013 | 16' | France

“J’ai rencontré Jacques en décembre, il remontait son laboratoire photo, ça faisait quinze ans qu’il n’en avait plus fait. De ce désir de reprendre possession de quelque chose m’est apparue une belle victoire de la vie. J’ai plongé avec lui dans ses images, cherchant celles qui pouvaient le raconter.”


L’Escale

L’Escale

Kaveh Bakhtiari | 2013 | 100' | Suisse, France

Dans le petit appartement d’Amir, à Athènes, ils sont une dizaine de clandestins iraniens à cohabiter. Pour eux, la Grèce n’est qu’une étape avant de repartir pour d’autres pays occidentaux et la promesse d’un avenir meilleur. Mais pour cela il faut attendre l’occasion, les papiers ou le passeur qui leur offrira une chance d’atteindre une autre vie. Alors ils restent là, à cuisiner, discuter ou se chamailler, réunis par l’espoir d’atteindre un jour l’Europe, ce continent rêvé qu’ils voient briller dans la phosphorescence d’un passeport…


Séances

samedi 9 novembre 2013 à 20h30

Espace Jean Vilar - salle 1

Proclamation du palmarès suivie de l’avant-première du film L’Escale, de Kaveh Baktiari.

  • En face
    Jeanne Vaillant | 2013 | 16’ | France
  • L’Escale
    Kaveh Bakhtiari | 2013 | 100’ | Suisse, France