Afriques

Carte blanche à L’Acrif

L’Acrif, association des cinémas de recherche d’Île-de-France, a été crée en 1981 par des programmateurs de salles de cinéma de la région parisienne et regroupe actuellement une quarantaine d’établissements.
Autant de villes, autant de situations spécifiques et une ambition commune faire connaître des lieux de cinémas qui proposent aux publics. un travail singulier de programmation et d’animation.
Notre association a pour objectifs d’être un lieu de réflexion ; de soutenir et favoriser la promotion de films qui, par leur aspect novateur et leur distribution plus fragile économiquement, éprouvent davantage de difficultés pour rencontrer un public ; de travailler à l’élargissement et a la formation des publics et des équipes ; d’être une force de proposition face à la nouvelle situation générée par la création des multiplexes et des cartes illimitées.


Pourquoi je fais des films documentaires ?

Je fais du cinéma documentaire parce que le cinéma est une forme d’expression populaire qui permet de toucher un nombre très important de personnes dans le monde aujourd’hui.
Si mon cinéma entre dans le cadre du cinéma documentaire, c’est parce que je privilégie le réel, tel qu’il m’apparaît. Pour moi le cinéma, c’est la vie, une partie de ma vie. Les choses agréables de la vie, J’essaie de les vivre et par contre celles qui me gênent se retrouvent dans la mesure du possible dans mes films.
Je fais du cinéma pour témoigner et contribuer à dénouer les fils complexes de l’injustice et l’oppression, toutes les formes d’oppression qui finissent à long terme par enfermer les victimes dans une sorte de servitude volontaire.
Parce qu’il m’a été difficile de trouver des producteurs pour m’accompagner dans ma démarche, j’ai produit mes films. Ainsi, J’ai pu prendre la parole.
Après avoir fait le tour du monde des festivals, l’ai vu des bobines de films s’entasser sur mes étagères. Je me suis souvenu de cette phrase des paysans de mon village : À quoi ça sert de produire si on ne connaît pas le chemin qui mène au marché ?
Parce que je ne trouvais pas de distributeurs, j’ai commencé à distribuer mes films, à les sortir en salles de cinéma, à aller à la rencontre du public, des publics. Cette expérience m’a aussi permis de comprendre l’économie du cinéma et m’a donné envie d’accompagner d’autres auteurs plus jeunes dans leur désir de cinéma.
Distribuer pour comprendre les mécanismes d’une industrie et pour continuer de produire.
Produire pour accompagner d’autres auteurs, prendre la parole et dire ma vision du monde afin de sortir de cette invisibilité dans laquelle le continent africain est enfermé.

Jean-Marie Teno, réalisateur, producteur, distributeur

Films


Maîtres et esclaves

Maîtres et esclaves

Bernard Debord | 2001 | 84' | France

L’histoire se déroule de nos jours dans l’immensité semi-désertique du Sahel nigérien, dans un monde jugé impossible et en un temps censé révolu : ceux de l’esclavage archaïque. Deux femmes ayant en commun une origine servile, leur négritude et l’audace de s’être libérées vont trouver l’appui auprès de l’association Timidira, pour affronter leurs anciens maîtres. Boulboulou pour réclamer réparation de ses dix-huit années d’esclavage, Tumajet afin de récupérer sa fille, une adolescente restée captive. Empruntant le parcours des nomades en pays touareg, ce film nous entraîne dans une quête de justice au cœur d’une féodalité contemporaine. Cette intrusion dans l’univers de la servitude, dévoile la complexité des rapports entre maîtres et esclaves et leur inconcevable réalité.


Le Mariage d’Alex

Le Mariage d’Alex

Jean-Marie Teno | 2002 | 45' | France, Cameroun

Chronique d’une après-midi particulière pendant laquelle la vie de trois personnes bascule. Alex, le mari, va chercher sa seconde épouse pour la ramener chez lui. Élise, son amour de jeunesse et sa première épouse, l’accompagne comme l’exige la tradition. Et enfin, Joséphine, la nouvelle épouse, va quitter ses parents pour rejoindre son foyer. « Soucieux de respecter les choix des uns et des autres, d’éviter tout regard accusateur, je me suis placé en témoin pour filmer cette cérémonie et en saisir le plus justement possible la réalité, les significations explicites et cachées .», Jean-Marie Teno


Le Prêt, la poule et l’œuf

Le Prêt, la poule et l’œuf

Claude Mouriéras | 2002 | 78' | France

Buusaa Gonofaa est une jeune entreprise de micro-finance créée par un petit groupe d’Éthiopiens au Sud d’Addis-Abeba. L’un d’entre eux, Adam, parvient à convaincre des paysannes de son village d’emprunter un peu d’argent. Une femme achète une poule américaine : la poule pondra des œufs qui donneront des poussins qui deviendront des poules. Un rat mange les œufs. La femme décide d’emprisonner le rat, mais la poule américaine mange le poison et meurt. Reste l’emprunt à rembourser… Face aux difficultés, l’enthousiasme des représentants de Buusaa se heurte aux doutes de leurs clientes, provoquant des discussions véhémentes. Les problèmes de survie au quotidien conduisent à repenser les principes idéologiques.


Si-gueriki, la reine-mère

Si-gueriki, la reine-mère

Idrissou Mora Kpai | 2001 | 63' | France, Bénin, Allemagne

L’auteur est né il y a trente-trois ans au Nord du Bénin dans la tribu des Wassangaris. Jadis de grands et farouches guerriers aux traditions très rigides, les Wassangaris ont réussi à maintenir au sein de leur clan dans la société Béninoise actuelle un patriarcat d’une autre époque.
Après dix ans d’absence, l’auteur retourne dans son village. Il est bouleversé par la disparition de son père et par les conditions de vie de ses sœurs et de ses nièces. Il est tout aussi surpris par la place qu’occupe sa mère aujourd’hui. Dans son enfance, elle n’était qu’une des femmes de son père, une ombre dans la maison… Aujourd’hui elle porte le nom de Si-Gueriki (la reine-Mère), l’équivalent du roi pour les femmes.


Séances

dimanche 17 novembre 2002 à 20h30

Espace Jean Vilar - salle 2

dimanche 17 novembre 2002 à 22h00

Espace Jean Vilar - salle 2

samedi 23 novembre 2002 à 20h00

Espace Jean Vilar - salle 1