Wim Wenders
- 1983
- 80’
- Chris Sievernich Production, Gray City, Westdeutscher Rundfunk, Wim Wenders Production
Profusions d’images menaçantes, cacophonie des salons de pachinko (machines à sous). Et puis la tombe sans nom du cinéaste Yasujiro Ozu, avec un simple signe chinois ancien Mu. Le vide. Traces, mémoires, réminiscences, absences, monde disparu. L’auteur d’Au fil du temps pérégrine, se perd, médite et rêve à travers Tokyo dans la ville du cinéaste qu’il admire.
Propos de Wenders sur Tokyo-Ga
« Si notre siècle donnait encore sa place au sacré, s’il devait y élever un sanctuaire du cinéma, j’y mettrais pour ma part l’œuvre du metteur en scène Yasujiro Ozu. Il a tourné cinquante quatre films : des films muets dans les années vingt, des films noir et blanc dans les années trente, et puis des films en couleurs jusqu’à sa mort en 1963, le 12 décembre, jour de son soixantième anniversaire. Ses films racontent toujours, avec des moyens réduits au minimum, les mêmes histoires simples des mêmes gens, dans la même ville, Tokyo. Cette chronique qui s’étend sur une quarantaine d’années, enregistre la métamorphose de la vie au Japon. Les films parlent du lent déclin d’une identité nationale… Aussi japonais soient-ils, ces films peuvent prétendre à une compréhension universelle… »
… « Mon voyage à Tokyo n’avait rien d’un pèlerinage. J’étais simplement curieux. Trouverais-je encore quelques traces ? Peut-être restait-il encore des images ou même des gens. Ou peut-être découvrirais-je tant de changements à Tokyo, depuis la mort d’Ozu que je ne pourrai plus rien y reconnaître… »
