Carte blanche aux Thés vidéos

La revue Éclair et les Thés Vidéos ont proposé depuis cinq ans, en appartement puis à la Galerie Eof durant la saison 1999/2000, des sélections de vidéos de création qui zigzaguent entre recherches plastiques, écritures personnelles ou à la lisière de la démarche documentaire.

Les Thés vidéo, désormais « nomades », viennent planter leur premier bivouac aux Écrans documentaires, avec un programme exclusif Féminin singulier.

Les thés vidéos

Du 2 octobre 1994 au 4 juillet 1999, Corine Miret et Stéphane Ory ont ouvert leur appartement situé dans le Marais à Paris tous les premiers et derniers dimanches du mois, afin d’y présenter des vidéos d’artistes contemporains. Ils ont ainsi constitué une collection de plus de 400 œuvres réalisées par 80 réalisateurs. Vidéos de création, documentaires, auto-filmages, films d’animation, fictions… Ils se sont associés depuis février 2000 à Toni Abdo-Hanna, Sabine Massenet, Véronique et Christian Barani. Les choix opérés par le collectif sont purement subjectifs et n’obéissent qu’à un critère unique : faire vivre devant les spectateurs des œuvres qu’ils aiment et qui ne bénéficient pas encore d’une large diffusion. La collection s’élargit par le regard croisé des nouveaux membres, à la fois dans son caractère critique mais aussi par son nombre, puisqu’elle atteint plus de 450 vidéos et une centaine d’artistes.

Corine Miret et Stéphane Olry – Les cartes postales vidéo

« Tout a commencé en Écosse à cause d’une caméra trop lourde. Le soir, dans la chambre des bed and breakfast où nous nous étions arrêtés, nous regardions dans le viseur les images que nous avions tournées la journée : des tourbières sous la pluie, des moutons paissant, des montagnes embrumées. Toutes ces images nous semblaient aplaties par la vidéo, sans raison d’être, destinées à être oubliées comme le sont généralement les films de vacances et surtout incapables de justifier le fait que nous trimbalions une caméra de quatre kilos sous la pluie.

Le soir au pub, en discutant de cela, il nous vint l’idée de justifier les images que nous tournions en leur donnant une adresse : l’idée des cartes postales vidéo était née. […]

De retour à Paris, nous avons monté nos cartes postales vidéo, et plutôt que de les envoyer par la poste, nous décidâmes d’inviter tous les destinataires à la maison pour les découvrir ensemble (une carte postale est une lettre ouverte) au cours d’une soirée où serait servie de la panse farcie. […] Nous fûmes étonnés de les voir suivre avec intérêt notre succession de cartes postales vidéo. Nous avons décidé alors de faire de nos cartes postales vidéo un objet artistique destiné à être montré à un public. Depuis l’été 1992, nous réalisons des « Cartes postales vidéo ». Nous en avons tourné plus de cinq cents en différents pays : Écosse, France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Italie, Portugal, Égypte, Jordanie, Palestine, Israël, Chypre, Liban, Syrie, Turquie, Maroc.

Ces cartes postales produites grâce à des bourses de l’Adami, de la Villa Médicis hors-les-murs, ont été diffusées dans des festivals, des centres d’art contemporain, et ont donné lieu à plusieurs installations dans des galeries à Paris et en province.

Aujourd’hui, nous souhaitons poursuivre ce travail dans un pays où nous ne sommes jamais allés : en Iran. »

Cartes postales vidéo présentées

  • Berlin, juillet 1999, 13′
  • Bessans, juillet 1999, 12′
  • Montlaure, août 1999, 9′
  • Normandie, août 1999, 10′

Sélection féminin singulier

Valérie Pavia est inclassable. Véritablement libre, elle capte sans arrêt un réel qu’elle transcende comme par inadvertance, dans ses portraits d’inconnus comme dans ses portraits de ville. Mais elle s’est particulièrement distinguée dans ses autoportraits (Grand Prix Vidéo de Split 1999 et premier prix Vidéoforme de Clermont-Ferrand 2000).

Tara Herbst est née le 10.10.1970 à Berlin. Études d’anthropologie à l’Université de Paris VIII (Saint Denis). Études aux Beaux-Arts de Berlin.

Julie-Christine Fortier, artiste montréalaise pratique la vidéo-performance et l’installation. Membre-fondatrice du collectif d’arts médiatiques Perte de signal. Son travail a été présenté dans de nombreux événements, parmi lesquels figurent le festival Regola Gioco en Italie, Québec in Motion en Écosse et en Angleterre, Vidéoformes 1998 et 2000 et les douzièmes Rencontres Vidéo Arts Plastiques en France.

Sabine Massenet s’achète une caméra vidéo hi8 en 1996 pour filmer ses objets et installations qu’elle nomme ses bricolages. Très vite la caméra, mobile, petite, discrète, prolongement de l’œil et de la main, supplante l’espace de l’atelier. La vidéo prolonge et élargit les thèmes développées dans les bricolages : le journal, l’intime (Malena c’est du cinéma, Rébus, Sans titre) et surtout le portrait. Ses vidéos ont été présentées dans divers festivals (Vidéoformes-Clermont-Ferrand, Instants vidéo-Manosque, Festival Wox-Bagnolet Mostra d’art sonore visual-Barcelone…).

Films


Blizzard Blizzard

Julie-Christine Fortier | 2000 | 4'

La performeuse, exposée au frimas, pose pendant 3’14 dans une vidéo-performance de 3’18.


Conjonction de coordination

Nathalie Rao | 1996 | 16'

Dans la rue, le métro et autres lieux publics, Nathalie Rao a été témoin de gestes et d’actions singulières. En se référant à leur souvenir, elle a reconstitué ces scènes avec des amis qu’elle a filmé.


Cup

Tara Herbst | 1997 | 5'

La tasse posée sur l’estomac transmet la pulsation de la respiration et du battement du cœur.


Et puis après…

Sabine Massenet | 2000 | 16'

« Les enfants savent quelque chose qu’ils ne peuvent exprimer ; ils aiment que le Petit Chaperon Rouge et le loup soient couchés ensemble dans un lit ». Djuna Barnes


Mechanical rodeo

Julie-Christine Fortier | 2000 | 2'

Vidéo-performance dans laquelle les circonvolutions oculaires d’une performeuse au visage statique, s’emballent au rythme d’une petite mécanique.


Mots d’images

Bénédicte Espiau | 1990 | 23'

« La preuve par seize filmages. J’ai envie de raconter, dans mon pantalon, il y a moi. »


Quatre autoportraits

Valérie Pavia | 1998 | 11'

Le rêve (2′)
Je ne savais pas que le clitoris était divisé en huit parties…
Enceinte (3′)
J’annonce au téléphone à mon ami Jean-Michel que je suis enceinte…
La vie heureuse (3′)
Inventaire de tout ce que je n’ai jamais fait. Regrets ou soulagement ?
De la vie heureuse (3′)
Minauderie expérimentale avec ours en peluche.


Les Robes de mariées

Eléonore de Montesquiou | 1998 | 40'

Question posée à des femmes : « Que signifie pour vous la robe de mariée ? » La robe de mariée existe-t-elle dans l’esprit collectif ? Cette robe est-elle toujours un vêtement rituel, d’un rite de passage ? Est-elle symbole de virginité, de vie nouvelle ou signe de fête ?


Schift

Julie-Christine Fortier | 1999 | 2'

Après avoir filmé les yeux de personnes rencontrées lors d’un voyage, Julie-Christine Fortier en a imprimé les regards pour les utiliser dans une vidéo-performance. Cette dernière est ici remaniée sous forme d’une succession de tête-à-tête aphones, mais visiblement volubiles. Le buste de la performeuse, analogue à un support de cartes postales, fait tournoyer les images des regards capturés pour les animer de sa présence, pourtant différée par l’entremise de ces images effeuillées.


Self-portrait

Tara Herbst | 1997 | 5'

Représentation de soi-même. La caméra se trouve entre le regard de la femme qui se reflète et le miroir qui est manipulé par elle.


Walk

Tara Herbst | 1997 | 5'

Le regard de l’extérieur. L’orientation dans un espace reflété par un miroir porté par la personne.


Séances

samedi 18 novembre 2000 à 14h00

Espace Jean Vilar