jeudi 22 novembre 2001 à 21h00
Espace Jean Vilar
Escales
Escale Palestinienne. En présence des réalisateurs.
« Le nationalisme est binaire : il y a nous et les autres. Tous les grands systèmes d’éducation et de culture sont construits sur cette opposition, qui perdure dans les notions d’héritage, de patrimoine et d’identité, et légitime les idées de supériorité et de relativisme. Joseph Conrad, écrit dans Au cœur des ténèbres que la conquête de la terre « n’est pas bien jolie si l’on y regarde d’un peu plus près » et qu’elle ne peut se racheter que par une idée, une idée « devant laquelle on puisse se prosterner ». Comme la colonisation, au nom du progrès, de la civilisation… »
Entretien de Edward W. Saïd, intellectuel palestinien de la diaspora défendant l’idée d’un état bi-national israélo-palestinien, recueilli par Antoine de Gaudemar pour Libération (24/25 février 2001).
« La serveuse japonaise, m’entendant babiller avec Rania (mon assistante) dans la langue de Babel, m’a demandé de quelle nationalité j’étais. “Je suis palestinien”, ai-je répondu fièrement. “C’est quoi ?” a-t-elle ajouté. “La Palestine est un pays qui a un passé et un avenir. Parfois on dirait qu’il en sera toujours ainsi.” “Ce soir, je regarderai sur Internet où il se trouve” a-t-elle dit. Comme j’ai déjà essayé de le faire, je lui ai dit : “Évite-toi une nouvelle déception”. »
In Les illusions nécessaires par Elia Suleiman, cinéaste natif de Nazareth poursuivant le tournage de son dernier film en France. Les Cahiers du cinéma, septembre 2001.
Cyber Palestine
Elia Suleiman | 2000 | 16' | Palestine
Cyber Palestine est une parabole de notre temps dans laquelle Marie et Joseph, devenus un couple de palestiniens d’aujourd’hui, reviennent à Gaza où ils doivent vivre avec l’occupation israélienne.
Cyber Palestine est une commande de l’Autorité Palestinienne pour le Projet Bethléem 2000 destiné à célébrer l’entrée de Bethléem dans le nouveau millénaire.
Palestine Palestine
Dominique Dubosc | 2001 | 90' | France
Palestine Palestine se présente comme un triptyque, à la manière de certaines peintures flamandes d’autrefois : dans la partie centrale foisonnent des petites scènes de la vie quotidienne dans le camp de réfugiés de Dheisheh, à côté de Bethléem, tandis que dans les deux parties latérales, un marionnettiste et sa femme montrent leur spectacle de villages en villages, malgré les barrages et les dangers de plus en plus grands.
Song on a narrow path (Un chant pour Jérusalem)
Akram Safadi | 2001 | 52' | Belgique
« Les images les plus belles ont toujours été celles que je n’ai pas réussi à capturer et de cette façon, j’ai pu remplir ma mémoire de circonstances, lieux et personnages dont j’ai toujours voulu raconter l’histoire », Akram Safadi
Du cœur d’une Jérusalem disputée, lacérée et divisée, quatre personnages, loin des clameurs de la politique et des premières pages des journaux, racontent leur vie et leurs aspirations. Le film tire un portrait d’une des villes les plus difficiles du monde contemporain, en forçant les sentiments, les ambitions entêtées ou les douloureux renoncements avec lesquels les personnages vivent quotidiennement. L’intimité entre le réalisateur et le milieu conduit l’histoire à la recherche de sensations, d’émotions et d’amour que le contraste entre deux mondes semble contrecarrer. La rhétorique et l’arrogance : l’Est où survivent les palestiniens, l’Ouest où se sont auto-emprisonnés les juifs.
