Quelle est la façon de vraiment caractériser le désordre ? Pourquoi l’huître est-elle nacrée ? Pourquoi « h » ne vaut pas lambda ? Pourquoi ça chante ? D’où vient la forme des feuilles ? Et pourquoi là, ça chante pas ? Pourquoi ce qui est dessous est toujours mieux que ce qui est à côté ? Comment ça marche, un chariot ?… Pourquoi un chercheur cherche ?
Cohabitations
Triptyque vidéo. « En ces temps là, il était dans l’ordre des choses que des hommes en armes viennent frapper aux portes d’un certain nombre de familles, leur demander un certain nombre de papiers et renvoyer ainsi que le stipulait la loi celles qui ne pouvaient les présenter dans les territoires dont elles étaient issues. » À partir de rondes rituelles mêlant hommes et machines, Cohabitations rassemble, à la manière d’un retable, trois tableaux nocturnes où se dessinent les contours d’un monde en état de siège et parcouru par ses propres fantômes.
Istanbul
Le portrait d’une ville en « robe de temps » : Arpenter infiniment, filmer tout au long des années . aller – venir – revenir … Laisser affleurer à l’orée du visible, les flux mêlés des temps – spirale. Re-filmer, passage au sas, passage au crible. Voir où le regard se porte sans y voir. Lire et transcrire Un travail d’arpenteur, d’archéologue, d’alchimiste et de scribe.
Revue
Le film est construit à base d’images d’archives, bulletins d’actualités et de propagande produits en URSS dans les années cinquante et soixante. Il explore à travers l’immensité de la “Mère patrie” soviétique la vie de la population illuminée par l’illusion communiste, frappée par la rudesse, les privations et les rituels absurdes.
Wedding dances
Ce documentaire vidéo représente les mariages modernes russes à Rudny au Kazakhstan. Les mariages et les enterrements, considérés comme les rituels les plus importants, sont préservés dans leurs formes archaïques. Le film est rythmé par une vieille chanson soviétique « The Ural Rowan Tree » louant l’amour entre les ouvriers.
Saudades
Une histoire croisée de sœurs issues de l’immigration portugaise. La vieillesse immigrée le temps qui passe entre un ici et un ailleurs, mémoire du pays d’origine qui s’érode avec les années. Il ne s’ agit de traiter de l’immigration portugaise en soi, dans ce qu’elle a de spécifique mais d’évoquer le sentiment partagé de ces hommes et de ces femmes qui, arrivés à l’âge de la retraite, vivent dans différents passés : un passé de leur vie en France leur pays d’accueil ou celui de leur pays d’origine.
Rêve de cheval
Des chevaux sont là. Une jambe sur l’autre, calmes et solides, tapis dans l’hiver. Une rumeur monte au loin, un vent bizarre. Des oreilles se dressent, tous l’ont entendue. Dans leur langage secret, ils se mettent d’accord : ils ont peur et il faut courir…De la panique surgit un animal rayé hybride et inquiétant comme une énigme.
Sur la terre
Sur un rivage artique, dans un calme si absolu que l’eau ondule comme de l’huile, une respiration profonde s’élève. Hors du temps et du monde humain, le sommeil des morses est vieux comme la pierre, et se laisse à peine troubler par l’approche d’un intrus.
L’Escale
Un film « d’aventures » tourné par un collectif de chômeurs dans les bars de la banlieue sud de Paris.
Mirages
Chaque jour, à mille lieues d’ici, des dizaines d’hommes porteurs d’un espoir inouï s’en vont, désireux d’atteindre l’Europe. Durant les premiers jours de leur traversée entre Agadez et Djanet, entre Niger et Algérie, les émigrants doivent affronter le temps du désert, ses stases, ses accélérations foudroyantes, son immobilité minérale. Cette épreuve qui les traverse fait d’eux des sans-papiers. C’est durant ce trajet que le film les singularise, les détourne un instant de l’invisibilité qui les attend.
