Choses vues dans les mines d’étain de Bolivie à l’époque du massacre de la Saint-Jean.
Palestine Palestine
Palestine Palestine se présente comme un triptyque. à la manière de certaines peintures flamandes d autrefois : dans la partie centrale foisonnent des petites scènes de la vie quotidienne dans le camp de réfugiés de Dheisheh, à côté de Bethléem, tandis que dans les deux parties latérales, un marionnettiste et sa femme montrent leur spectacle de villages en villages, malgré les barrages et les dangers de plus en plus grands.
Ce tableau des Territoires Occupés, au début de la seconde Intifada, est simplement introduit par un bref rappel des lois israéliennes de l’Occupation qui régissent la vie des Palestiniens depuis juin 1967. Il n’y a pas d’autres commentaires. (Le film a été tourné au printemps 2001, c’est-à-dire au cours des cent premiers jours du gouvernement Sharon et de sa grande escalade militaire.)
Manojhara ou la léproserie Sainte Isabelle
Quand la maladie devient trop visible, la léproserie reste le seul refuge. Beaucoup de lépreux croient alors que « la vie est finie ». En fait, loin du regard (et de la peur) des bien portants, une nouvelle vie commence : dès lors qu’il accepte l’image de lui-même que lui renvoient les autres malades, l’interné peut trouver « une nouvelle manière d’être ».
Dans la léproserie Santa Isabel (Paraguay), les malades se répartissent en deux groupes : ceux du Centre et ceux de la Périphérie. Ceux qui ne sont pas encore trop atteints, qui gardent une certaine autonomie, restent autant qu’ils le peuvent à la périphérie, et s’efforcent de vivre une vie « normale » (généralement en couple) dans de petits ranchos indépendants. Les autres, les solitaires, les vieux, les impotents, boivent, plaisantent et rêvent dans les deux pavillons centraux.
Scènes de chasse au sanglier
Méditation sur les images qui m’habitent et sur celles d’où j’aimerais m’exiler. Méditation sur le sens à donner au mot « réel » et méditation sur le désamour … des images et des mots. Méditation sur le deuil, sur la mort des miens et sur la manière de « mettre en image » le bruit des choses et du monde. Méditation sur la matière-à-images, sur ce qui les incarne ou les dématérialise. Méditation sur ce qui rend parfois mes images muettes. Méditation sur le désir de toucher. Méditation sur le désir de détruire. Une chasse au sanglier, le savoir-faire d’un taxidermiste et une reproduction fidèle du fusil chronophotographique de Jules-Etienne Marey sont les prémisses à un voyage à la fois intimiste et poétique où une voix intérieure questionne des images proches et lointaines. Méditation sur les images et sur le souhait de demeurer inconsolable.
Le Documentariste ou le Roman d’enfance
Dans un beau salon parisien, un homme raconte à sa mère, en feuilletant l’album de famille, l’histoire merveilleuse et tragique de son enfance. Entre deux épisodes de ce « roman », on voit des extraits de six films documentaires réalisés vingt ans plus tard par l’enfant devenu homme. Le Documentariste ou le roman d’enfance propose ainsi, à la manière de Georges Perec, deux récits indépendants, croisés chapitre par chapitre.
Un documentariste réalise un retour sur images. Celles de sa vie, celles de ses films. Il interroge le cinéaste, « l’objectif » du documentaire. La part de l’intime. Ce qu’il recherche en filmant. Un ciné-journal à rebours qui ne recherche pas la rationalité mais l’immersion dans le sens profond des actes. Dominique Dubosc a notamment réalisé un film sur et avec Jonas Mekas, Visiting Jonas Mekas.
« Le son d’une flûte japonaise / des images documentaires / une photo de bébé en Chine / Une autre d’un jeune homme à côté d’une caméra… La voix dit : Quand je revois aujourd’hui les premiers documentaires que j’ai tournés en Amérique du Sud et en France, si je me demande pourquoi j’ai fait ces films-là, ce qui me vient à l’esprit n’est pas une explication, mais plutôt l’image d’un petit enfant… »
Solo Ida
Le Détroit de Gibraltar, d’une longueur de quatorze kilomètres dans sa partie la plus étroite, sépare le Maroc de L’Espagne, l’Afrique de l’Eldorado européen. La fermeture progressive des frontières européennes, a « condamné » les marocains et autres candidats au voyage à émigrer clandestinement à travers les eaux dangereuses du Détroit sur des embarcations de fortunes. Dix mille personnes seraient mortes noyés dans cette tentative. Ce documentaire est une exploration spatio-temporelle de ce Détroit guidée par les voix de quatre émigrés marocains vivant actuellement dans la province de Granada, en Espagne.
Paraiso
Tirant son inspiration du Nadaïsme, un mouvement d’avant garde et rebelle éclos au début des années soixante en Colombie, le réalisateur nous offre sa vision poétique de l’histoire de son pays ainsi qu’un portrait intimiste de la société colombienne actuelle, loin des clichés et des stéréotypes.
Schuss !
Un film qu’on pourrait prendre pour un documentaire un peu étrange sur les sports d’hiver est soudain déclaré par son auteur avoir pour sujet l’aluminium Les chapitres évoquent alors l’histoire économique du XXe siècle, la mort du dieu Progrès dans les vallées des Alpes et en filigrane la question de l’État et de l’Industrie.
La Traversée
Chaque été, ils sont nombreux à transiter par la mer entre la France et l’Algérie… Depuis le huis clos singulier du bateau, au cœur du va-et-vient et dans la parenthèse du voyage, ces femmes et ces hommes bringuebalés, chargés de sacs et d’histoires, nous disent autrement l’immigration.
A verdad do gato
Carmo do Rio Verde, au Brésil, est un village qui vit de l’exploitation de la canne à sucre. Une entreprise y gère toute la fabrication d’alcool, possède ou loue tous les champs et mobilise deux mille ouvriers, dont mille deux cents saisonniers recrutés par « El Gato », « le Chat ». Le travail et l’exploitation commencent. Entre sueur et cendres, le film aborde de façon poétique le prix humain de la richesse du Brésil, de son carburant « propre ».
