Jeudi 6 novembre 1997, 20h00

jeudi 6 novembre 1997 à 20h00

Soirée inaugurale

Soirée inaugurale


Demain et encore demain – Journal 1995

Dominique Cabrera | 1997 | 79'

Ainsi une « documentariste », une cinéaste, nous place face à une réflexion en action. Produit du sens, des sentiments, des impressions, des questionnements, interroge des engagements, des relations, ses émotions, le temps qu’il fait, l’air du temps. Les siens et peut-être une part du nôtre. Une caméra Hi8 pour faire une « mise au point ». Pour elle, pour nous. Libres à nous. C’est du cinéma, donc des images en mouvement, une voix, des sons, des lumières, une aube, le paysage d’un corps, de la brume en montagne. Des paroles et des silences. Les siens, les siennes que rien ne nous oblige à faire nôtres. C’est du cinéma qui parle de la vie. En direct, en différé. Cela reste donc de la représentation. Du passé déjà, des indices, des signes, des détails infimes qui permettent peut-être de « voir venir » l’avenir. De refuser ou nous approprier ce qui est dit dans cet acte. Qui ne nous objurgue pas à communiquer mais à prendre le temps, le temps du film comme il vient, comme on le ressent. Chacun, seul et ensemble comme toujours au cinéma. « De janvier à septembre 1995, j’ai voulu filmer ma vie en Hi-8. Cette année j’ai aimé un homme et j’ai filmé ma mère. Comme beaucoup d’autres, je me suis demandée pour qui il fallait voter et dans quel collège je devais envoyer mon fils ; c’était la même question, celle de notre devenir collectif et du libéralisme triomphant. J’ai aussi filmé le soleil sur le plancher, la dépression, les fleurs et les vacances. Je voulais surtout saisir le temps qui passe et nous transforme, j’aurais pu appeler le film : Devenir. En le faisant, chemin faisant, j’ai repris goût à la vie. J’avais fait un film sur le manque et il me semble que c’est un film sur le bonheur d’une femme banale mais cinéaste, cinq ans avant l’an 2000. »


Le Documentariste ou le Roman d’enfance

Le Documentariste ou le Roman d’enfance

Dominique Dubosc | 1989 | 42' | France

Dans un beau salon parisien, un homme raconte à sa mère, en feuilletant l’album de famille, l’histoire merveilleuse et tragique de son enfance. Entre deux épisodes de ce « roman », on voit des extraits de six films documentaires réalisés vingt ans plus tard par l’enfant devenu homme. Le Documentariste ou le roman d’enfance propose ainsi, à la manière de Georges Perec, deux récits indépendants, croisés chapitre par chapitre.

Un documentariste réalise un retour sur images. Celles de sa vie, celles de ses films. Il interroge le cinéaste, « l’objectif » du documentaire. La part de l’intime. Ce qu’il recherche en filmant. Un ciné-journal à rebours qui ne recherche pas la rationalité mais l’immersion dans le sens profond des actes. Dominique Dubosc a notamment réalisé un film sur et avec Jonas Mekas, Visiting Jonas Mekas.

« Le son d’une flûte japonaise / des images documentaires / une photo de bébé en Chine / Une autre d’un jeune homme à côté d’une caméra… La voix dit : Quand je revois aujourd’hui les premiers documentaires que j’ai tournés en Amérique du Sud et en France, si je me demande pourquoi j’ai fait ces films-là, ce qui me vient à l’esprit n’est pas une explication, mais plutôt l’image d’un petit enfant… »


Omelette (pied de nez)

Rémi Lange | 1993 | 78'

Sur les traces de Joseph Morder, cinéaste expérimental qu’il admire, Rémi Lange filme en Super 8 son ciné-journal, tenaillé par la nécessité d’une révélation… Film-démarche. Film-questions à tiroirs. Qui brassent… la question d’identité. Celle du rapport à l’autre quand tourne la caméra. Celle de la restitution de l’échange. Celle encore de la diffusion d’un travail filmique. Car Omelette, existe aussi dans une version « abrégée », en durée comme en sens : Les anges de nos campagnes, qui fut diffusé dans l’Œil du Cyclone sur Canal+. Le même film et un autre aussi…