lundi 16 décembre 1996 à 16h15
Auditorium
Coup de cœur : Paris-Plage Production
Al Oued
Daoud Aoulad Syad | 1995 | 20' | Maroc, France
AI Oued est le témoignage d’un pêcheur qui raconte sa vie autour du fleuve Bouregreg des années soixante. Cette évocation nostalgique du passé permet une confrontation du Bouregreg d’hier et d’aujourd’hui.
Sa voix constitue la trame du récit, qui montre les fragments de la vie quotidienne des pêcheurs dans cette région : la pêche, la vente à la criée, le retour aux entrepôts, le sauvetage des naufragés, le départ pour Casablanca en hiver…
Hammam
Florence Miailhe | 1991 | 9'
Un plongeon dans l’univers aquatique du hammam, doucement tracé et remodelé par l’artiste.
Deux jeunes filles se rendant pour la première fois au hammam vont nous guider et nous perdre dans un dédale de bains de vapeur, de douches, de bassins et de fontaines. On y distingue des corps moites enduits de boues et d’onguents, des cascades de cheveux, des visages masqués d’argile, des femmes nues ou drapées d’étoffes qui se délassent et se massent, se pétrissent et s’étirent dans un décor de mosaïques chatoyantes. Des plus pâles aux plus brunes, corps sveltes ou gras, jeunes ou vieux, toutes sont ici mollement alanguies sans souci de paraître… Les rites intimes et l’atmosphère chuchotée d’un lieu secret, strictement féminin, hors du temps et de la réalité.
“Dans la boîte de couleurs, il y a un peu de la poudre des teinturiers de Fez, quelques traits épais d’un Matisse et de ses pastels. Ces odalisques, elle ne les pose pas langoureusement sur une toile bariolée. Elle les anime, les déshabille, Ies caresse, les fait danser. Au rythme lent d’une paresseuse sudation”. Anne Peigné-Giuly, Libération, juin 1991
Schéhérazade
Florence Miailhe | 1995 | 17'
Schéhérazade raconte la légende inaugurale des Mille et une Nuits.
Ayant découvert l’infidélité de ses épouses, le sultan Schahriar sombre dans la démence. Ni le massacre des amants dans les jardins du palais, ni la rencontre d’un génie plus infortuné que lui, ne comblent sa soif de vengeance. Il décide d’épouser chaque nuit une jeune fille et, pour qu’elle lui reste fidèle, de la tuer au matin. Seule Schéhérazade, aidée de sa petite sœur Dinarzade, saura apaiser cette folie destructrice.
Dans ce récit se mêlent des sentiments avec lesquels il ne fait pas bon vivre, la tyrannie, la jalousie et la fureur, mais aussi le désir, la jouissance et l’apaisement. La légende de Schéhérazade autorise toutes les lectures mais aucune interprétation ne l’épuise.
Schéhérazade n’est pas une courtisane, encore moins une victime. C’est une toute jeune fille déterminée à épouser le tyran pour sauver son pays du désastre. Son mariage est un défi, un acte de résistance. Armée de toutes les histoires qu’elle connaît, celles qu’elle a apprises et celles qu’elle invente, elle se moque de la mort. Elle la pulvérise. C’est cela la splendeur : une femme qui parle contre la mort.
Dans ce film, l’image mène le jeu. La peinture animée, au pastel sec sur papier, crée le rythme où viennent s’enchâsser la musique, le texte et la voix de la conteuse. Ces trois univers constituent les lignes d’une même partition. Chacun, dans son domaine, s’inscrit dans la matière et la couleur même de l’image, le mouvement qui se dessine, l’histoire qui se raconte. Schéhérazade est empreint de l’univers magique et troublant des contes orientaux. Florence Miailhe se laisse porter par cet Orient mythique qui nourrit depuis des siècles l’imaginaire des artistes occidentaux.
