Vendredi 10 novembre 2000, 20h00

vendredi 10 novembre 2000 à 20h00

Salle des fêtes de Gentilly

Dans les périphéries des villes, à la périphérie de la vie


Algérie, la vie quand même

Djamila Sahraoui | 1998 | 52'

Abdenour et Sadek ont vingt-sept ans. Ils vivent dans une petite ville algérienne, à l’ombre de la guerre. Tous les deux sont « hitistes », c’est-à-dire que, selon la fameuse formule inspirée par l’humour du désespoir, ils calent les murs (« hit », en arabe). Touchés par la crise, ils ne vivent que de combines pour se procurer l’indispensable.

Comment se construire soi-même, élaborer des projets ? Ici, le quotidien ne laisse plus de place au rêve. Les copains d’Abdenour et Sadek sont tout aussi paumés. Pas de travail, pas de loisirs, pas d’espoir… L’humour et l’amitié sont les armes d’Abdenour et de Sadek, un refuge où s’épanouissent encore quelques rêves de jeunesse. Une errance sans fin, dans l’attente de l’improbable.

« Si l’Algérie occupe régulièrement la une de l’actualité, c’est plus souvent à travers les échos ensanglantés de la guerre qui la déchire. Parfois avec les petites et grandes manœuvres de ses dirigeants pour se maintenir au pouvoir. Rarement pour le quotidien de son peuple, qui tente de survivre malgré la crise et la guerre. », Djamila Sahraoui


Nalan Turkeli, une femme des bidonvilles

Nalan Turkeli, une femme des bidonvilles

Evelyne Ragot | 1999 | 62'

Dans les « gecekondu » de la banlieue d’Istanbul, une femme écrit la nuit, en cachette de son mari et de ses enfants. Le jour, elle fait mille métiers pour nourrir sa famille, au gré des saisons et de l’embauche. Son premier livre, publié en 1994, l’a faite connaître dans tout le pays mais n’a rien changé à sa situation matérielle. Elle continue à écrire, parce que c’est la seule chose qui puisse donner un sens à sa vie et parce qu’elle veut témoigner. Ce film raconte l’histoire et le combat d’une femme singulière et émouvante et relève de l’intérieur la réalité quotidienne de ces quartiers, dominés par l’anarchie et la violence, où l’exode rural massif a entraîné la prolifération d’un habitat « spontané » totalement illégal. Sur fond de campagne électorale, il met en évidence les mécanismes mafieux et politiques qui régissent l’organisation et le développement des « gecekondu ». Plus qu’une chronique de la misère ordinaire ce film est aussi le portrait d’une femme en rupture, en quête d’un ailleurs immatériel qu’elle aperçoit dans les pages d’un cahier.