Carte blanche au CÉCI

Le Moulin d’Andé – Céci

Le Moulin d’Andé, Monument Historique du XIIe siècle, est devenu en 1957 une maison de travail, une terre d’accueil fertile, un refuge fécond pour tous les artistes.
Nombre d’écrivains, peintres, musiciens, cinéastes, comédiens et metteurs en scène se sont blottis aux flancs de cette bâtisse suspendue au dessus d’un bras de la Seine, pour faire naître – dans une autre solitude – les projets qu’ils portaient en eux.
Cette ouverture exceptionnelle aux créateurs, en particulier à tous ceux dont la nécessité fondamentale est de sortir des rangs, a fait du Moulin d’Andé un îlot de référence (la Nouvelle vague, en son temps, ne s’y était pas trompée…) et en 1998, un endroit choisi pour implanter un centre permanent dédié aux écritures cinématographiques, le Céci.
Après sept années d’existence, le Céci ne se démarque pas des principes qui ont toujours animé le Moulin d’Andé, il les renforce. À travers le développement de ce pôle cinématographique tort et d’envergure internationale, le Moulin d’Andé a reçu en 2003, du Ministère de la Culture et de la Communication, le label « Centre Culturel de Rencontre »
Ainsi, le Céci – Centre des écritures cinématographiques – a élaboré un programme visant à favoriser la liberté d’expression des cinéastes et à participer à la défense de leur diversité : outre des actions de formation, l’accueil de groupes de réflexion et l’organisation de rencontres professionnelles, la colonne vertébrale de ce programme est un dispositif d’aide à l’écriture, sous la forme de séjours de travail en résidence, ouverts à tous les genres de création.
Plus concrètement, une vingtaine d’auteurs, auteurs de fiction (court, moyen et long métrage, film d’animation), auteurs de documentaire et auteurs d’ouvrages littéraires, critiques ou de recherche sur le cinéma, sont sélectionnes chaque année par un jury composé de professionnels et d’artistes qui s’attachent à identifier les projets les plus audacieux.
Chaque séjour en résidence est organisé de manière à répondre au mieux aux exigences spécifiques des projets retenus. Une équipe de consultants, constituée de scénaristes en activité et solidaires de la « ligne de conduite » du cécI, coordonnée par les responsables permanents du centre, intervient auprès des auteurs afin de les encourager à mener un travail de création, à demeurer libres dans leur écriture et à livrer aux producteurs ou aux éditeurs une version aboutie de leur projet qui soit fidèle à eux-mêmes. Sur place, l’accueil est organisé avec une grande souplesse et les rencontres toujours favorisées.
Ensuite, en ouvrant une importante grille de programmation aux films écrits en résidence ou réalisés par les résidents du Céci, Didier Husson et son équipe, inventent un nouvel espace de diffusion pour cette douzaine de films venus d’horizons multiples et souhaitent laisser le temps à la rencontre.
Ainsi, la Carte blanche au Céci sera ouverte dès le mercredi 16 novembre à 16 heures à travers la proposition d’une Table Ronde consacrée aux écritures documentaires : L’écriture, le Geste, échanges d’expériences. Ce moment de réflexion sera suivi d’une soirée de projections et de rencontres avec le public :
Rétrospective Vimukthi Jayasundara avec The Land of Silence, documentaire et Vide pour l’amour, court-métrage suivis de Cairo Hours, documentaire de Philippe Lacôte et Delphine Jacquet et de La Peur du vent d’Harold Vasselin.
Tout au long du festival, la Carte blanche se prolongera à l’intérieur de la grille de programmation avec les projections de Toi WaguI de Namir Abdel Messeeh, Pepina de Pablo Aguero, Entre muros de Jose Felipe Costa et Joao Ribeiro, Si loin du crime d’Olivier Hémon, Vacances à l’Île Maurice de Pierre Primetens et J’ai quitté l’Aquitaine de Laurent Roth.
Également lors des séances scolaires avec Comme des enfants de Nicolas Cornut et Regards libres de Romain Delange.
Il est par ailleurs à souligner que trois des films de la sélection officielle sont portés par des résidents du Céci, il s’agit de Les Messieurs de Patric Chiha, La Femme seule de Brahim Fritah et Terra Magica de Fanny Guiard.
À travers ces propositions, l’éclectisme de la forme documentaire s’avance comme une évidence vers laquelle, nous l’espérons, le public se dirigera avec curiosité.
Bon festival à tous.

Fabienne Aguado


L’écriture – le geste, échanges d’expériences

Entre un désir, une idée, une nécessité de filmer et le passage à l’acte, au « geste » s’imposent une élaboration, une maturation, la recherche de dis-positifs, de principes de narration.
Repérages, rencontres, entretiens, interface avec un premier interlocuteur, notes, essais filmés, nourrissages divers composent le parcours d’un projet à chaque fois singulier. En terme de production, cela s’appelle un film « en développement ». Il n’est d’ailleurs plus concevable, si cela l’a jamais été, de convaincre des financeurs, sans passer par cette phase. Cette exigence peut sembler contradictoire avec la démarche documentaire, qu’on pourrait croire naturellement entraînée, puisque de « réel » il s’agit, vers le spontanéisme et les vertus de l’improvisation. Opposant en quelque sorte « filmeur » et « auteur », le montage venant à la rescousse du premier. Sauf que cette hypothèse est comme l’on sait pure illusion.
Pour autant, il y a comme un paradoxe à se retirer du monde pour mieux « le réfléchir » et c’est en quoi la multiplication des bourses et résidences d’écriture, intrigue et mérite un dévoilement. Sur ce qu’elles apportent, provoquent, induisent ou précisent. Quelle maïeutique, quels termes
d’échange, quelles influences sur un projet… Pourrait-on s’en passer à l’heure DV, comme certains l’imaginent préférant l’« action directe » du filmage ? En outre, ne voit-on poindre une nouvelle forme de « formatage » qui serait celui du film conçu en « résidence », où prédominent l’ego centrage (moi et le monde) et l’inflation de la voix off (mon film est une conversation avec toi spectateur).

À partir d’échanges d’expériences, cette table ronde tentera d’apporter quelques lueurs.

Avec la participation de Vimukthi Jayasundara, Laurent Roth, Fanny Guiard, Delphine Jacquet et Philippe Lacôte, Salvatore Lista, Tom Hanson, Laura Waddington, Pierre Primetens, Brahim Fritah et Michèle Soulignac.

Médiation : Fabienne Aguado et Didier Husson

 

Films


Cairo Hours

Cairo Hours

Delphine Jacquet et Philippe Lacôte | 2003 | 52' | France

Une déambulation singulière au Caire où l’on croise jeunes écrivains, musicien engagé, visiteurs d’un musée consacré à la guerre, mystiques soufis et japonais égarés…


Des vacances à l’île Maurice

Des vacances à l’île Maurice

Pierre Primetens | 2005 | 42' | France

Ma mère est morte lorsque j’avais cinq ans. Mon père ne m’a jamais parlé d’elle. Il s’est marié avec une mauricienne. J’ai dû l’appeler maman. Nous passions toutes nos vacances d’été dans son pays. Puis mon père s’est converti à l’islam. Il m’a rebaptisé Bilal, il m’a fait circoncire. Il y a trois ans, pour la première fois, j’ai souhaité que l’on parle de ma mère. Il n’a rien voulu me dire. Depuis, il ne veut plus me voir. Cet été, je pars le retrouver à l’île Maurice… J’aimerais que l’on se réconcilie.


Entre Muros

Entre Muros

Ribeiro Joao et Costa Jose Filipe | 2003 | 75' | Portugal

Entre le Portugal et l’Ukraine, ce documentaire accompagnera le quotidien des deux cousins dans l’illégalité et leur retour dans leur pays ; ce qu’ils ont amené dans leur migration : une volonté, une ambition, une discipline intérieure et les mémoires d’un régime effondré, et ce qu’ils en ramènent : un désir, une envie de vivre dans un monde de consommation, ou bien seulement, l’argent pour finir une maison à la campagne ? De quoi est fait le courage de vivre illégalement dans un monde totalement différent ? Que vont y découvrir Serguei et Eduard ?


J’ai quitté l’Aquitaine

J’ai quitté l’Aquitaine

Laurent Roth | 2005 | 52' | France

Le narrateur, interné dans un asile, tente de trouver la guérison en convoquant l’ensemble des membres de sa famille pour un test collectif : il s’agit, à l’aide d’une boîte de jeu de construction et de bobines de films de famille, d’essayer de restituer le plus exactement possible le bonheur tel qu’il était dans la maison de famille du Cap-Ferret, disparue il y a maintenant vingt-cinq ans. Mais rien ne va se passer comme prévu et tout se termine en chanson…


The Land of Silence

The Land of Silence

Vimukthi Jayasundara | 2000 | 32' | Sri Lanka

Estropiés, paysans sans ressources, engagés par nécessité dans l’armée sri-lankaise… Le cinglant constat des désastres de la guerre.


Pepina

Pepina

Pablo Agüero | 2005 | 15' | France

Pepina, métaphore d’une dernière maternité à soixante-dix ans, avec ses joies et ses difficultés.


La Peur du vent

La Peur du vent

Harold Vasselin | 2002 | 64' | France

« La peur du vent », c’est celle qu’éprouve ce jeune enfant qui marche dans les rues de la ville neuve, « claire, droite, sans arbres, et toute pleine de la force du vent ». Le Havre, rasé lors d’une des plus radicales destructions de la Seconde Guerre mondiale, a été le lieu d’une reconstruction qu’on a « voulue moderne » et exemplaire. Le film est construit comme un carnet de voyage à travers le centre-ville d’aujourd’hui et les images d’archives du chantier de la reconstruction. Quelques-uns des faits de cette histoire sont mis en résonance avec le souvenir d’un jeune enfant qui fit là sa première découverte du monde.


Si loin du crime

Si loin du crime

Olivier Hémon | 2005 | 51' | France

Une amitié brisée par un crime. Un voyage lointain pour s’arracher au chaos. Quitter les routes, dériver au long des fleuves, disparaître dans la jungle. À la recherche de la lumière…
« Un voyage lointain, sur des routes anciennes, dans les forêts primitives. Un voyage au cœur d’une amitié après un crime. Une lente traversée vers l’origine des choses ».


Toi, Waguih

Toi, Waguih

Namir Abdel Messeeh | 2005 | 29' | France

« Portrait de Waguih, mon père, a travers son passe de prisonnier politique et de ses cinq années passées dans les camps de Nasser. C’est l’histoire d’une relation entre un père et son fils, cinéaste, à travers le silence qu’il y a eu entre lui et moi, et de ma volonté de le briser ».


Vide pour l’amour

Vide pour l’amour

Vimukthi Jayasundara | 2002 | 28' | Sri Lanka

Dans la moiteur sri-lankaise, sur les falaises nordiques battues par le vent, les mêmes échos de guerres et de violences, les mêmes corps mutiques glacés, insensibles, que n’agitent plus que des pulsions primaires.


Séances

mercredi 16 novembre 2005 à 15h00

Espace Jean Vilar - salle 1

mercredi 16 novembre 2005 à 16h00

Espace Jean Vilar

Rencontre : L’écriture – le geste, échanges d’expériences

mercredi 16 novembre 2005 à 20h00

Espace Jean Vilar - salle 1

samedi 19 novembre 2005 à 14h00

Espace Jean Vilar - salle 1
  • Pepina
    Pablo Agüero | 2005 | 15’ | France

samedi 19 novembre 2005 à 20h00

Espace Jean Vilar - salle 2
  • Toi, Waguih
    Namir Abdel Messeeh | 2005 | 29’ | France
  • Entre Muros
    Ribeiro Joao et Costa Jose Filipe | 2003 | 75’ | Portugal

dimanche 20 novembre 2005 à 18h00

Espace Jean Vilar - salle 2