Glauber Rocha

Au tout début des années soixante, la société brésilienne est en effervescence politique et culturelle lors de l’arrivée au pouvoir d’un président « progressiste », João Goulart, dit « Jango ». Le mouvement s’exprime dans l’art, la musique, le théâtre, ainsi que dans l’alphabétisation des populations selon la méthode de Paulo Freire.

Trois films tournés en 1963 marquent l’avènement du cinema novo en gestation : Vidas secas de Nelson Pereira dos Santos, Os fuzis de Ruy Guerra et Le dieu noir et le diable blond de Glauber Rocha. Trois films qui, dans des styles radicalement différents, abordent les questions du sous-développement dans le Nordeste.

D’autres cinéastes s’inscriront dans ce sillage, comme Joaquim Pedro de Andrade ou Leon Hirszman. Mais Glauber Rocha en devient vite le chantre le plus inspiré, signant à la fois des œuvres baroques, exubérantes et formellement novatrices, et s’imposant dans un discours aux tonalités tiers-mondistes.

Le mouvement s’épuise et disparaît avec l’arrivée de la dictature militaire au pouvoir (1968-1969). Rocha poursuit sa quête en tournant en Afrique, au Mozambique notamment. Il meurt au tout début des années quatre-vingt.

Filmographie

  • 0 Patio (1958)
  • A Cruz na Praça (1959)
  • Barravento (1962)
  • Amazonas, Amazonas (1965)
  • Maranhao 66 (1966)
  • Terre en transe (1967)
  • Le lion à sept têtes (1969)
  • Antonio Das Mortes (1969)
  • Têtes coupées (1970)
  • Cancer (1972)
  • Histoire du Brésil (1973)
  • Claro (1975)
  • Di Cavalcanti (1977)
  • Jorge Amado no Cinema (1979)
  • L’âge de la Terre (1980)

Films


Le Dieu noir et le diable blond

Le Dieu noir et le diable blond

Glauber Rocha | 1964 | 125' | Brésil

Le bouvier Manuel et sa femme Rosa s’enfuient à la suite d’un conflit sanglant avec leur « coronel ». Le couple rejoint des mystiques autour du Noir Sebastião, qui prédit un apocalyptique retournement par lequel le sertão deviendra mer et la mer sertão. L’insistance de Rosa, délaissée par Manuel, précipite une rupture violente avec le prédicateur messianique. Au cours de sa pérégrination, le couple rencontre les survivants de la bande de cangaceiros dirigée par Lampião. Son lieutenant, Corisco, veut mettre le sertão à feu et à sang. Il est poursuivi par Antonio das Mortes, homme de main des fazendeiros tout imbu de la fatalité de son destin meurtrier. Le dénouement, annoncé par un aveugle et chanté par le chœur, montre à Manuel que la terre n’appartient ni à Dieu ni au Diable.


Rocha que voa

Rocha que voa

Eryk Rocha | 2002 | 94' | Brésil

Film-essai sur le rôle des intellectuels en Amérique Latine. À travers la période cubaine du cinéaste brésilien Glauber Rocha – un des maîtres du cinéma novo – son fils Eryk Rocha retrace le débat qui a existé dans les années soixante-dix sur le rôle des Arts dans la révolution politique et sociale dans les pays du tiers-Monde. Glauber Rocha a été celui qui a permis la création d’un dialogue entre les deux principaux mouvements cinématographiques des années soixante en Amérique Latine : le nouveau cinéma brésilien et le cinéma cubain révolutionnaire. À travers des témoignages de cinéastes et de Cubains interviewés dans la rue, nous percevons l’influence de ce réalisateur et de ses films.


Séances

jeudi 21 novembre 2002 à 20h00

Espace Jean Vilar - salle 1

jeudi 21 novembre 2002 à 22h00

Espace Jean Vilar - salle 1