Le Pli est l’objet d’une convention de trois ans passée entre le CHS de Navarre et le théâtre Méga Pobec. Brèch est associé à cette convention sur invitation de la compagnie théâtrale dans la continuité d’un travail en collaboration, initié en 2007 sur « La septième porte » – Sophocle Machina Memorialis.
Le Pli est un chantier.
Plus exactement une résidence, aux allures de terrain de fouilles.
Le lieu est l’hôpital psychiatrique d’Évreux.
La durée est de trois ans : le temps de sa déconstruction, puis de sa reconstruction sur le même site.
Au départ il y a un prétexte et un contexte propices à l’émergence de quelque chose : la mutation de l’hôpital, son changement de peau, et ce qui va s’ensuivre comme perturbations dans l’architecture du lieu, la vie au sein des unités de soin, la façon de penser la folie, de la vivre, ce qui va se révéler avec la disparition – puis l’apparition.
Ce qui va s’y jouer nous offre une « matière » cinématographique, plastique et humaine particulièrement riche et sensible.
Le collectif, installé dans une ancienne unité de soin, déplacera son atelier au rythme des démolitions successives tout comme l’ensemble des patients et du personnel.
Nous procéderons par fouille. À tâtons.
Chacune de ces fouilles fera l’objet d’un dispositif de révélation spécifique, intuitivement conçu en fonction d’une situation, d’un espace, d’une sensation.
Les fouilles seront à la fois indépendantes et en résonance les unes avec les autres.
Chacune révélera un film (16 mm, super 8, DV), un son, une installation, ou un peu tout ça à la fois.
Au terme des trois ans de résidence émergera un amas de « briques » qui, nous l’espérons, permettra l’édification d’un film.
Les travaux seront visibles sur ce site au fur et à mesure de leur réalisation.
Brèch, février 2009
Le théâtre Méga Pobec est implanté à Évreux. Créé en 1969, ce n’est qu’à partir de 1992 que la compagnie pose des bases de professionnalisation. Actuellement elle réside dans une ancienne chapelle transformée en lieu de création, de formation et de représentation.
Méga Pobec, ça ne veut rien dire, c’est insensé. Pourtant ce qui en fait le sens (de la marche), ce qui fait signe, c’est cela même. Résolument, violemment poétique : prendre sens dans l’insensé.
Le verbe et l’image du verbe. Le langage et les corps du langage, de l’homme, des communautés, avouables et inavouables, souvent insoupçonnables, là où ça manque, là où ça masque, là où ça stupéfie, avec des expériences artistiques et culturelles, des gens, des luttes, des défis en projets.
Méga Pobec ça se dit d’une traite. Un lancé franc et fulgurant. Le dire force à la question. On cherche à savoir ce que c’est, où ça va, ce que ça peut donner. Et c’est à ce moment-là, au moment où le corps lâche les mots, au moment où la trajectoire interroge le geste du lanceur lorsqu’il perd la balle de vue, où la chair impatiente se met à rejouer quelque chose du geste perdu. Dans ce temps suspendu, si dense pourtant de l’acte encore brûlant, de la mémoire élancée qui inventent les horizons, que se déplace notre projet.
Jean-Pierre Brière
Films
Beautiful Simone / première brique
Collectif Brèch, Quentin Brière Bordier | 2009 | 20' | France
Proposition cinématographique éphémère sous forme d’une projection simultanée de deux films tournés en 16 mm. Montage inachevé de rushs bruts, l’installation se donne à voir comme l’émergence de quelque chose à travers une écriture littéralement corporelle. Il y a des lignes, des sillons, des endroits, physiques et mentaux, des traces d’une histoire passée, et d’une autre en train de se faire en même temps que le film se cherche lui-même.
« Au départ il y a ce lieu.
Puis ces gens dans ce lieu.
Partir déjà de ça.
Des énergies que l’un et l’autre dégagent.
Dans ce cadre.
Dans ce geste.
Et voir ce qu’elles racontent. »
Beautiful Simone est la première brique de l’édification du film documentaire expérimental réalisé par Quentin Brière Bordier dans le cadre du Pli.
Motu Proprio
Marie Cerise Risacher | 2009 | 13' | France
Il s’agit d’une réflexion autour de l’influence du mouvement quotidien utilitaire, de l’architecture industrielle, et du paysage urbain sur ma démarche chorégraphique. La danse traitée sous forme de séquences de dessins et peintures animés, est mise en relation avec des prises de vue tournées dans le port et la ville du Havre.
Plan K tracé 1
La Compagnie Méga Pobec | 2009 | 30' | France
Pièce théâtrale. Conception artistique : Jean Pierre Brière. Accompagnement sonore : Didier Préaudat.
Premier tracé, premier sondage « d’un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ».
Sondage aléatoire, plus préoccupé à appréhender la ou les natures du sol, qu’à prétendre en connaître prématurément la composition.
Ici on se méfie de l’histoire, on éloigne les a priori, on se met à l’œuvre sans savoir véritablement de quel ouvrage il s’agira, autrement dit, on reconnait ne pas connaitre « ce qui maintient la brute, et la maintiendra encore pour des éternités, à distance de la demoiselle » qui peuple le monde.
Ici on ne verra rien d’une pièce, en tout ou partie, qui aurait pour titre : Dans la solitude des champs de coton, on n’entendra du texte qu’en creux, on ne saisira rien qui ne tombe sous le sens autre que la sensation d’une probabilité.
C’est cet espace d’herbes folles, de culture abandonnée, de cailloux, un espace laissé brut et vierge, avant l’envahissement des grues et des pelleteuses, avant que ne se dresse l’édifié, que foule du pied ce premier tracé.
Vaille que vaille, le tracé 1 de Plan K écrit, met en mots et en mouvements une intuition préambulaire, dans un format réduit dont on se plait à penser qu’il procède « comme un poids dont il faut que je me débarrasse sur quiconque, homme ou animal, qui passe devant moi ».
Séances
jeudi 29 octobre 2009 à 18h30
Espace Jean Vilar - salle 1
- Motu Proprio
Marie Cerise Risacher | 2009 | 13’ | France
jeudi 29 octobre 2009 à 19h30
Espace Jean Vilar - salle 1
- Plan K tracé 1
La Compagnie Méga Pobec | 2009 | 30’ | France - Beautiful Simone / première brique
Collectif Brèch, Quentin Brière Bordier | 2009 | 20’ | France

