La compétition de création documentaire

Création sous influence ?

L’équipe des « Écrans documentaires » a deux bonnes raisons de se réjouir de ce crû 97 proposé à la sagacité des jurys et au regard public. Avec plus de 300 films reçus, (une progression de plus de 50% par rapport à l’édition 96), semble se démontrer une grande vitalité de la production documentaire dans le plus large éventail de démarches mais aussi de conditions de production. En outre l’observation quantitative se double d’une perception tout aussi favorable sur le plan qualitatif. Si nous revendiquons pleinement les choix opérés par le comité de sélection, nous ne pouvons dissimuler certains regrets de ne pouvoir « donner à voir », pour des raisons temporelles et matérielles, des films qui à des titres divers nous ont intrigués, intéressés, émus, surpris, séduits.

A ces premières observations, il faut ajouter néanmoins quelques bémols. Il nous est arrivé, ainsi maintes fois, en cours de visionnage, l’envie de relire l’exergue du règlement du concours de création documentaire : « le comité et les jurys privilégieront l’originalité de la démarche, les recherches formelles et/ou narratives, la qualité d’investigation, de regard et d’écoute, la pertinence du « contrat filmeur-filmé »” ; la communication (qui plus est écrite) est un art difficile aujourd’hui. Mais aussi le désir irrépressible des réalisateurs de montrer leurs travaux, à en juger par le nombre conséquent de reportages de type télévisuel, de sujets « magazines », ou à caractère didactique (très stricto sensu !) que nous avons pu recevoir.

Plus insidieusement se pose aujourd’hui la question des « modèles », des repères culturels, des conditionnements médiatiques et programmatiques, des vogues et modes enfin. Que l’engagement du cinéaste, qu’il s’affiche documentariste ou non, s’inscrive dans son époque, ses affres et ses éclats, ses turbulences et son « actualité » n’a rien de singulier. Que l’on observe en revanche une succession saccadée de « prises de conscience » aussi vite balayée par cette mémoire courte qui nous tient lieu de conscience, laisse rêveur. A en juger par ce panoramique sur les productions récentes, deux « figures » très remarquées, très remarquables et très récurrentes ces dernières années, le « sans domicile fixe » et le « séropositif » pour ne prendre que ces exemples, disparaissent sinon du réel… du moins du champ de sa représentation…

La collection d’itinéraires de vies, de « distincts » et finalement d’archétypes ne cessent en revanche de s’enrichir. Au catalogue des valeurs sûres : l’artiste à fixer pour la postérité dans son processus de création (d’autant plus s’il risque de disparaître), l’écrivain (qu’il vaut mieux biofilmographier que lire), le dernier mohican d’une tradition presque vaincue (le charbonnier, le gardien de phare, le batelier). Au rayon des nouveautés, le médecin, le militant politique, l’adolescente, le demandeur d’emploi en reconversion d’itinéraire (tout finit par s’arranger, a-t-on cru comprendre). Sans oublier quelques singularités « tribales » nouvelles : les squatters (en autoportrait ou non), les anciens utopistes communautaires, etc. La stratification en millefeuilles du social et du politique a de beaux jours devant elle…

Nous ne nous étonnerons pas que l’effet de loupe à vision plus “planétaire » se focalise sur le triptyque Rwanda, Algérie, Bosnie. Avec pour ce dernier conflit, il faut le souligner, des regards réflexifs et sensibles qui relèvent le défi d’une pensée complexe.

Parmi les symptômes remarqués : voici venir l’époque de films envoyés en sélection sous l’étiquette « Version festival ». Sous-entendue, version longue, reconnue par l’auteur comme sienne. Mais qui revient à concéder l’existence d’une autre « tronquée » mais « programmable » dans les cases documentaires des chaînes télévisées. Certes du côté d’Hollywood, le diktat des producteurs et des majors sur les auteurs les plus renommés de la cinéphilie mondiale est proverbiale. Mais sur le versant de la démarche documentaire le phénomène est singulièrement neuf et d’autant plus inquiétant…

Inversement nous avons été agréablement surpris par le nombre de films prenant le risque de la durée (du processus filmique comme de l’objet film). Un risque qui peut souligner un trop plein à dire ou suggérer. Mais l’installation dans ce « temps documentaire » procure souvent plus de bénéfices que de défauts. Voire pour preuve la sélection Documentaires courts plutôt étriquée. De plus en majorité, ces « courts » sont presque des « longs ». La démarche documentaire est-elle soluble dans le haïku…

Plus l’information circule, plus le champ des connaissances s’élargit, plus l’attention, la concentration, l’assimilation des données et facteurs s’atomisent et se dispersent. Ce serait faire un mauvais procès aux démarches documentaires que de multiplier les points de vue et les représentations du réel. Même si le risque de nous perdre dans un maelström de propositions d’analyses et de connaissances, de raisons d’engagements éthiques ou politiques, de découvertes esthétiques ou culturelles, est réel. Au moins peut-on attendre que le traitement, le dispositif, l’écriture choisis marquent une présence ; créent de la relation à autrui, une « rencontre » avec un être, un sujet, un domaine de savoir ou de création. Qu’ils nous incitent à l’introspection ou l’analyse, transcendent l’opinion et le préjugé.

Ces postures, ces sentiments, ces analyses, nous les avons souvent éprouvés au cours de ces mois de visionnement.

Mais plus de trois cents films disions-nous ? Encore un effort pour que le compte soit bon…


Jury du prix Documentaire long

  • Dominique Bax, programmatrice du Magic Cinéma de Bobigny
  • Philippe Delesalle, chef-monteur, réalisateur, Pratiques d’animation (Cine Club, stages professionnels, Mardi de la SCAM)
  • Lionel Lechevalier, responsable technique de I’unité audiovisuelle du Conseil Général du Val-de-Marne
  • Jean-Henri Roger, cinéaste, enseignant à Paris VIll, président de l’ Agence pour le Cinéma Indépendant et sa Diffusion (A.C.I.D.)
  • Laurent Roth, réalisateur, scénariste, critique, chroniqueur sur France culture

Jury du prix Documentaire court & Écoles, Universités et Formations

  • Michelle Gales, réalisatrice, chef-monteuse, critique pour la Revue Documentaire
  • Monique Laroze-Travers, Cinéma du Réel, festival international de films ethnographiques et sociologiques
  • Jacques Merighi, éditeur de programme La Cinquième

Comité de sélection

  • Frédéric Feraud, assistant de programmation du Festival
  • Sandrine Furrer, Chargée de production
  • Didier Husson, délégué général du Festival
  • Cédric Jouan, assistant de programmation du Festival
  • Maryannick Le Cohu, assistante de communication Service Culturel
  • Anne-Lise Schmid, Chargée d’études et de recherches domaine culturel

Jury du prix Images en bibliothèque

  • Isabelle Pajot, Médiathèque Albert Camus de Levallois-Perret
  • Annick Pontanel, Bibliothèque ENS de Fontenay-aux-Roses / Saint-Cloud
  • Anne-Françoise Robert, Médiathèque d’Alfortville
  • Christine Soulas, Bibliothèque Jacques Soustelle de Charenton-le-Pont

Films


April in Kilcrohane

François Magal | 1997 | 28'

La vie d’un village irlandais en dix-neuf plans fixes pendant une durée d’un mois : avril. Sans musique ajoutée, sans paroles et sans discours.


Autour de la mort d’un cochon

Bénédicte Emsens | 1996 | 50'

Comment dire, face au sang, au cri de la bête qui meurt, à cette peau rose qui nous ressemble, à ce ventre que l’on ouvre, ces images venues de l’inconscient, cette descente aux entrailles de la vie, où dans un même râle, se côtoient meurtre et accouchement… Comment traverser ces peurs, si ce n’est en osant s’éprouver comme « viande de boucherie », en s’autorisant à entendre ce cri de Bacon cité par Deleuze : « Pitié pour la viande… parce que tout homme qui souffre est de la viande ».


Les Beaumann et nous

Alain-Paul Mallard | 1997 | 46'

Les Beaumann sont une famille manouche de gens du voyage. Pendant la plupart de l’année, leurs caravanes s’installent aux alentours d’Évry. Le fait de les approcher pour faire un film sur leur quotidien donne lieu à une réalisation intense dans laquelle ceux qui filment et ceux qui sont filmés s’interrogent mutuellement.


Le Boulanger

Christelle Poupin | 1997 | 5'

Du fournil au magasin : les déambulations du boulanger et de son mitron.


Cas limite

Marie Guiraud | 1997 | 32'

En 1997, Harold, élève de quatorze ans, traverse une crise qui entraîne son renvoi du collège. Les limites du système éducatif et juridique français face à des enfants « difficiles ».


Close-Up Long Shot

Mahmoud Chokrollahi et Moslem Mansouri | 1996 | 44'

Cinq ans après le tournage de Close-Up par Abbas Kiarostami, Close-Up Long Shot refait la focale sur Hossain Sabzian, protagoniste fabulateur. Il s’explique : loin d’être un imposteur, il nous communique son amour du septième art, la conception qu’il en a. Il nous raconte comment sa vie a changé depuis le tournage. Il nous livre ses réflexions sur sa condition, ses désirs, ses peurs et nous apparaît comme le miroir où peuvent se retrouver les cinéphiles et acteurs anonymes. Close Up Long Shot est une succession d’interviews et d’entretiens. Un peu comme une pyramide. Interviews entrecroisés des personnes qui le côtoient. Isolement. Puis, un long plan séquence sur Sabzian lui-même. Les cadres sont serrés, saisissent les émotions au plus près. Enfermement.


Concessions à perpétuité

Patrick Rebeaud | 1997 | 46'

Que faire des vestiges archéologiques lorsqu’ils sont mis à jour lors de travaux en milieu urbain ? En France, dans le meilleur des cas, les archéologues sont là pour faire des relevés. Ils sauvent l’information que livre le passé, puis détruisent presque toujours les constructions anciennes « in situ » afin de laisser la place à l’ouvrage moderne. C’est l’usage. Les gens qui en sont informés ne trouvent rien à redire. Mais ces gens préfèrent se taire. En effet, ils semblent craindre la force d’une opinion publique qui pourrait exiger que les vestiges restent en place et cela « empêcherait le monde d’avancer » ainsi que le déclare un technocrate. De 1993 à 1996, pour la première fois, une fouille urbaine a été filmée intégralement, avec ses découvertes et ses péripéties. La caméra s’est glissée dans les bureaux, les réunions, ainsi que dans la rue, enregistrant les protestations des uns, la langue de bois des autres, et l’émotion de tous. Car la découverte de nombreux sarcophages mérovingiens de la place Baudoyer dans le centre de Paris a rendu nerveux les politiques, les riverains, les promoteurs, mais aussi les archéologues.

Les gens de la rue estimaient que l’on touchait à l’essentiel. Le chef de fouille pense pour sa part avoir sauvé l’essentiel. Concessions à perpétuité ne prend pas partie, mais dit ouvertement les choses.


C’est quoi l’importance du maquillage sur un plateau télé ?

Collectif étudiant Scén'Art | 1997 | 28'

La cinquième vient réaliser une émission en direct à l’Université Rennes 2. Un groupe d’étudiants filme l’événement. Pendant la préparation, les concepteurs de l’émission annoncent un certain nombre d’objectifs et de principes. Seront-ils tous atteints ou respectés ?


Dans les fils d’argent de tes robes

Amalia Escriva | 1996 | 51'

Je ne nie pas la douleur de mon père, celle de ses frères. Je ne nie pas le déchirement de la perte du pays de leur enfance, de leur jeunesse, la blessure de la disparition de leur frère… Je reconnais leur chagrin légitime. Mais ce drame de l’Algérie a pris trop de place.  Enfants, nous les avons considérés comme de grands malades, des malades de chagrin, chargés de leur peine. Nous avons tous eu des pères absents, l’un disparu, les autres fantômes bienveillants auprès de nous. Silencieux, comme tenus au secret.  Aujourd’hui, je pense qu’il aurait pu en être autrement.


Darko et Vesna

Emmanuel Jespers | 1997 | 45'

Au début de la guerre en Bosnie, Vesna a fui Sarajevo avec ses deux enfants, laissant derrière elle son mari Darko, mobilisé dans l’armée bosniaque. Deux années plus tard, Darko quitte enfin Sarajevo pour rejoindre sa famille, en exil sur une presqu’île paradisiaque au large de Split.  Ces deux années d’exil ont été vécues très différemment par Darko et Vesna, modifiant complètement leurs rapports. Ils ne se retrouvent plus, même dans les moindres petits détails de la vie.  Darko et Vesna laissent entrevoir progressivement cette zone d’ombre que l’on tait publiquement à chaque armistice : les ravages intérieurs et psychologiques de la guerre.


Les Gens de Migdal

Miel Van Hoogenbemt | 1996 | 90'

Entre 1963 et 1991, quatre familles allemandes s’installent à Migdal, petit village en Israël. Ces familles décident d’y créer des activités qui permettront de faire travailler les handicapés mentaux, habitants du village. Le réalisateur questionne, sur fond de l’opération des Raisins de la Colère, Günther, premier Allemand à s’être installé à Migdal, les raisons de son départ d’Allemagne, le sentiment de culpabilité qui l’anime, son attitude envers le nationalisme, l’exclusion et l’appartenance à une nouvelle culture. Alors que ces familles se sont créées une vie empruntée au respect de la nature et de l’amour des handicapés, Les gens de Migdal nous fait découvrir les limites de l’utopie.


Géranium

Géraldine Varichon | 1997 | 15'

Les squares blafards.
Les façades des maisons ont un air inerte.
Le silence.
Deux femmes.
Une mère. Sa fille.
La complexité des rapports.
L’authenticité des sentiments.


Gigi, Monica… et Bianca

Gigi, Monica… et Bianca

Yasmina Abdellaoui et Benoît Dervaux | 1996 | 82' | France, Belgique

Savez-vous que l’enfant des rues a beaucoup du chien ? Recevoir des coups de bâton, rester des journées à mendier, cela ne le désespère pas, pourvu qu’on lui laisse sa gare. Cette gare peut bien être froide, anonyme : résidence sans avenir, grenier sans toit, destin sans pitié, il reste, tourne autour, bricole, espère. C’est sa niche. Mais le jour où sa mémoire l’oblige à quitter ce nid provisoire pour s’en aller par le monde des siens, alors… Gigi (dix-sept ans) et Monica (quinze ans) vivent leur amour au sein de leur bande à la gare du Nord de Bucarest. Un petit nouveau va arriver, il attend dans le ventre de Monica. Gigi veut quitter l’anonymat de la rue. Il nous dit son désir : « Trouver un toit, fonder une famille, de cette famille se formera une autre famille, et ainsi de suite… jusqu’au bout ». Cet enfant va-t-il naître ? Où ? Que va-t-il devenir ? En perpétuant le phénomène de la vie, Gigi et Monica dépassent leur condition d’enfants des rues et nous renvoient à l’Universel.  La médiocrité des conditions de vie suffit-elle à geler le destin des hommes dans la misère ?


Gongonbili de l’autre côté de la colline

Christophe Cognet et Stéphane Jourdain | 1996 | 63'

Gongonbili est un village isolé vers lequel aucune piste ne conduit. À la frontière de la Côte d’Ivoire et du Burkina-Faso, les Lobis ont toujours eu la réputation d’être rebelles à toute forme d’autorité centralisée. Le village est accusé par la rumeur d’être le repère des voleurs, des meurtriers et des sorciers aux pouvoirs puissants qui sévissent dans la région. Débattant de leur histoire, leur vie actuelle et leurs espoirs, les habitants de Gongonbili pensent que le temps est venu pour eux de s’ouvrir au monde. Malheureusement, un serment interdit tout contact avec l’étranger, qu’il soit blanc ou noir. De l’autre côté de la colline, dans les grottes, les génies cohabitent avec les armes volées…


Héros désarmés

Sylvie Ballyot et Béatrice Kordon | 1997 | 52'

Des milliers de soldats français se sont portés volontaires pour partir en Ex-Yougoslavie sous la bannière de l’Onu. Pour beaucoup d’entre eux, s’engager était une façon de trouver un sens à leur vie, et le moyen d’échapper à une société dans laquelle ils ne se sentaient pas reconnus. Partis la fleur au fusil, gonflés de désirs et d’ambitions, ils ont passé six mois au cœur du conflit yougoslave, et sont revenus brisés, souvent malades. Ils se sentent aujourd’hui encore plus marginalisés qu’avant. Dans ce film, la parole est donnée à deux de ces ex-soldats.


Les Jours de l’année

Elena Raicu | 1996 | 42' | Roumanie

Pendant la fête de Rosh Hashana de la communauté juive de Bucarest (5 757 ans depuis la Création du monde), on a essayé de raconter les histoires intimes de la vie de quelques vieux juifs, peut-être les derniers d’une communauté importante qui a laissé des traces notables dans la culture roumaine. Le médecin, le professeur et l’ancien journaliste recomposent par des gestes et des paroles simples leurs destins arrêtés maintenant dans un point final où seuls la mémoire et le souvenir donnent un sens à la vie. Malgré l’écoulement du temps qui les a portés sans se rendre compte, tous les vieux et toutes les vieilles que nous avons rencontrés dans nos chemins gardent une vitalité impressionnante et une formidable envie de jouer le jeu de l’auto-ironie.


Lune criminelle

Claude Othnin-Girard | 1996 | 97'

Tondue à la libération, Esther ne sortait plus de chez elle et vivait depuis quarante ans en recluse avec Hubert et Rémi, ses frères. Quand les dix-neuf gendarmes du GIGN ont plastiqué la porte, le 21 octobre 1983, ils ont trouvé deux vieillards hébétés et le corps de Rémi mort depuis quatre ans.  La vengeance d’Esther, la tondue, et de son frère s’adressait à toute la ville de Saint-Flour, accusée de les avoir emmurés vivants dans l’oubli.

Ce serait tronquer cette étonnante affaire que de la réduire à ces aspects sociaux et pathologiques, en ignorant la dimension historique et humaine que lui confère son caractère de fait divers hors du commun. Le passé que traîne une nation n’est pas seulement fait de moments glorieux. Il revient parfois à l’improviste nous cracher au visage.


Marcaillou Royeres

Renaud Chassaing | 1997 | 16'

Avant son départ en retraite et son déménagement, les derniers mois du couple Marcaillou dans son exploitation agricole familiale et traditionnelle des environs de Limoges. Après des générations d’une vie répétée à l’identique, on assiste à la fin d’un mode de production agricole et à la tentative d’une relève par les jeunes.


Nestor Makhno, paysan d’Ukraine

Hélène Châtelaìn | 1996 | 60'

Paysan révolutionnaire, organisateur de l’émancipation prolétarienne, l’anarchiste russe Nestor Makhno est à l’origine d’une révolution libertaire ukrainienne réprimée dans le sang. Hélène Châtelain a exhumé les textes, les photos et les documents qui jalonnent la vie étonnante de Nestor Makhno, qui finit ses jours à Paris dans un hôtel près de la gare de l’Est. De cette épopée, restent des textes qui dorment dans les bibliothèques. Souvenirs de N. Makhno l’anarchiste-communiste ou comme le décrivent et l’Histoire officielle et les films qui en témoignent, le « psychopate-anarcho-bandit-antisémite ». Une nuisance à détruire, pas un ennemi à combattre. C’est l’histoire du retour de ces textes à Gouliaïpole (et l’écho qu’ils y trouvent aujourd’hui, par delà la diabolisation qui frappa pendant soixante-dix ans le mouvement makhnoviste), qui forme la trace de ce film.


Paris Tunis, la soif

Antoine Fumat | 1997 | 20'

La vie de B.B., jeune homme franco-tunisien de vingt-six ans, pendant trois mois au fil des jours, de sa colère, de sa douleur et des éléments marquants de sa vie.


Pharmacies de nuit

Reynald Bertrand | 1996 | 32'

Dans le 12e arrondissement de Paris, une pharmacie ouverte la nuit…
Textes de Vincent Ravalec.


Tableau avec chutes

Tableau avec chutes

Claudio Pazienza | 1997 | 103' | Belgique

Un ciné-journal drôlatique pas tout à fait intime ni outrageusement public. Après avoir été vérifiés, décortiqués, polissés et calibrés, vos yeux découvrent un inénarrable tableau et quelques figures d’un indicible pays. Le tableau c’est « Paysage avec la chute d’Icare » peint par Pieter Brughel vers 1555. Le pays, c’est la Belgique. Entre les deux, un réalisateur, des chômeurs, des psychanalystes, des philosophes, des Présidents de partis … un Premier Ministre se questionnent assidûment sur un sujet : qu’est-ce donc que REGARDER ? Docte question aux multiples ramifications à laquelle le film veut répondre simplement et avec la complicité d’un invité d’honneur : Icare en personne.


Têtes aux murs

Têtes aux murs

Bénédicte Liénard | 1997 | 91' | Belgique

Ce film a été tourné entre l’été 1995 et l’hiver 1997. Il a écouté et accompagné la vie de quatre adolescents en institution et sous tutelle judiciaire. Adoptant le point de vue de l’adolescent, le film met en exergue la dichotomie entre sa parole et celle des institutions qui l’encadrent. Il met l’accent sur la rupture entre la justice et la réalité de ceux qu’elle voudrait aider. Les institutions ont-elles conduit Christelle, Gregory, Manu et Gaël vers l’âge adulte et donc l’indépendance ou ont-elles fabriqué des êtres dépendants ?


Tu vois c’que je veux dire

Michel Dupuy | 1997 | 12'

Parti à New-York pendant trois mois pour garder sa petite cousine, Alexis a le mal du pays à l’idée d’envoyer à son amie des photos et des cassettes audio, sortes de cartes postales sonores où il parle de lui et de ce qu’il vit. À son retour, il rencontre Michel Dupuy auquel il raconte son voyage en s’appuyant sur ses souvenirs audios et visuels. Intéressé, le réalisateur propose alors à Alexis d’élaborer un film à partir de cette « matière » riche mais peu utilisable dans sa forme brute. Il aura fallu près de cinq ans pour que ce film se fasse et qu’il se dégage une réelle authenticité. Car malgré les apparences de fiction, il s’agit bien là d’un documentaire sur un voyage, une ville mais aussi sur Alexis, sa petite cousine et la solitude.


Séances

jeudi 6 novembre 1997 à 20h00

Campus Jussieu, Amphithéâtre 24

vendredi 7 novembre 1997 à 14h00

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 15h45

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 16h30

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 18h00

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 18h30

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 19h30

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 20h30

Auditorium

vendredi 7 novembre 1997 à 22h15

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 14h00

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 15h30

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 16h30

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 16h45

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 17h00

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 18h45

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 20h30

Auditorium

samedi 8 novembre 1997 à 21h30

Auditorium