« Quelle drôle d’époque !
Hier encore, on a fermé une usine, jetant sur la route des milliers de personnes.
Pas assez rentable : alors on ferme, on fusionne, on délocalise.
Alors qu’en face, on construit une prison.
Faut-il effrayer les chômeurs ?
Faudra-t-il que les exclus enferment leurs désirs sous peine d’être enfermés eux-mêmes ?
Que sommes-nous en train de faire ?
Avons-nous perdu la raison ? »
« J’aimerais tellement faire douter, briser quelques certitudes de la pensée unique sur la délinquance, les « sauvageons » et autre insécurité. Sur ce thème, il y a deux discours qui s’affrontent : celui des politiques (et des hommes d’affaires qui vendent de la sécurité), très simple, facile à comprendre, répressif, moraliste et qui aggrave le sentiment d’insécurité et le malaise social ; et puis il y a le discours des scientifiques, des criminologues, des sociologues, complètement en opposition avec les politiques. Leurs travaux sont passionnants, brillants, souvent complexes mais totalement inconnus des politiques et des journalistes. »
« J’ai compris en faisant ce film, que le principe de la prison n’est pas la privation de liberté. Celle-ci n’est qu’un moyen. Le principe de la prison est l’humiliation. Il faut faire plier (ou casser) ceux qui résistent au système, qui n’acceptent pas de rester des hommes de deuxième classe parce qu’ils sont mal nés. »
Films
La Face cachée de la terre
Collectif Alterdoc | 2002 | 23' | France
D’après les conclusions du Rapport 2000-2001 de la Banque Mondiale sur la pauvreté dans le monde, « la moitié de l’Humanité vit avec moins de deux dollars par jour dans la vulnérabilité, la crainte, l’impuissance. » Face à cette incapacité à se faire entendre, nous avons décidé d’agir avec nos moyens, en initiant cette série de films courts sur cette face cachée de la terre. Car pour nous, donner à voir, donner la parole, c’est briser un silence complice. Chaque film traduit la qualité d’une rencontre, notre disponibilité, notre justesse de regard, notre capacité d’écoute, de dialogue. Des films comme autant de fenêtres sur cette face cachée.
Paroles d’intermittents
Philippe Baron | 2003 | 45' | France
L’idée de ce film a germé dans la tête de quelques comédiens et techniciens au début de l’année 2003. Il leur paraissait important, alors que le statut de l’intermittent était à nouveau discuté, d’expliquer les conditions économiques et sociales de vie d’intermittents. Il semblait nécessaire que cette réalité émerge de la parole même de ces professionnels, lorsque le statut d’intermittents constitue une pierre angulaire de leur existence.
La Raison du plus fort
Patric Jean | 2003 | 85' | Belgique
Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. L’Europe : ses quartiers riches et ses banlieues de misère où se généralise la « tolérance zéro ». On construit une prison quand on ferme une usine. Les pauvres en général et les jeunes issus de l’immigration en particulier sont l’objet de toutes les peurs. Passant de l’autre côté du miroir et brisant les clichés, le film les montre dans leur humanité, dans une rue, une prison, un tribunal ou une cave de cité, avec leurs émotions, leurs envies, leurs peurs et leur désespoir. Loin d’une image de la démocratie européenne où tous ont leur chance, le film, prenant à témoin la France et la Belgique, offre un regard critique et émouvant sur une société parfois sordide et brutale, la nôtre.
Séances
vendredi 14 novembre 2003 à 19h00
Espace Jean Vilar - salle 1
États des lieux de la lutte des intermittents
- La Face cachée de la terre
Collectif Alterdoc | 2002 | 23’ | France - Paroles d’intermittents
Philippe Baron | 2003 | 45’ | France
vendredi 14 novembre 2003 à 21h30
Espace Jean Vilar - salle 1
- La Raison du plus fort
Patric Jean | 2003 | 85’ | Belgique

