Par des superpositions d’images et un travail métaphorique de la bande son rythmé par des extraits du Journal du peintre Eugène Delacroix, cette composition vidéo figure trois temps d’un processus de création – le voyage, le travail, l’espace – et décrit la métamorphose intérieure d’un paysage-image.
Plus près de la terre
J’ai grandi au milieu de souvenirs du Maroc, le pays où mon père était né.
Mais je n’y étais jamais allé avant de faire ce film en hommage à la peinture marocaine. Je suis allé à la rencontre de quatre grands peintres
marocains contemporains : Mohamed Kacimi, Fouad Bellamine, Khalil El Ghrib et Farid Belkahia. Le film construit un va-et-vient entre leurs œuvres et les paysages qui les ont vu naître, revisitant ainsi la relation privilégiée qui unit sur le plan pictural la France et le Maroc depuis plus d’un siècle et demi.
Une fenêtre à Tanger
Tous ceux qui ont travaillé sur Matisse savent le bonheur qu’on éprouve à approcher cette œuvre généreuse. Le film raconte les deux séjours successifs de Matisse à Tanger, sur les traces de Delacroix. Tanger va être « le lieu et la formule » dont il a besoin à ce moment-là. La chambre numéro 35 de l’hôtel « Villa de France » est le creuset d’une mystérieuse alchimie. Fenêtre ouverte sur la lumière et la civilisation marocaine, elle devient la « chambre-atelier »
où Matisse peut concilier l’exigence de la peinture occidentale avec l’attrait de l’art islamique.
L’Ange et le Barbare
Delacroix a été l’un des « phares » de ma période de formation, à travers la lecture de son Journal. Plus tard, j’ai eu l’occasion de faire ce film sur les grandes peintures murales qu’il a réalisées à Paris à la fin de sa vie et de confronter ces œuvres de maturité aux angoisses et aux contradictions d’un grand solitaire.
Blues d’en France
C’est un film sur le renouveau du chant traditionnel en France, dans les régions qui ont conservé leur langue. En Bretagne (Erik Marchand, Denez Prigent), au Pays basque (Beñat Achiary), en Corse (Jacky Micaelli), ces chanteurs créatifs réinventent le répertoire traditionnel. Le film explore la relation de chaque chanteur à son vécu, à son imaginaire, à tout ce qui est à la source de l’émotion qu’il dégage. Il est construit sur le principe d’un « passage de témoin », où chaque musicien nous conduit à un autre, comme dans les chants à deux voix, où une voix répond à l’autre, que l’on trouve dans ces trois cultures.
Hâl
L’Iran, j’y suis allé une première fois en 1992, pour préparer un film sur la musique persane qui ne s’est jamais fait. Dix ans plus tard, l’y suis retourné en compagnie de celui avec qui j’avais fait le voyage la première fois, Djamchid Chemirani, et de ses deux fils, Keyvan et Bijan, nés et grandis en France. Djamchid leur a transmis la passion de son instrument, le zarb, mais ils n’étaient encore jamais venus dans le pays de leur père. Le film donne à voir ce moment de grâce, leur rencontre avec un pays où la musique a partie liée à la poésie et à la spiritualité.
Tu es, je suis… l’invention des jivaros
À l’origine du film, il y a une tête humaine réduite par les indiens Jivaros, découverte lors d’une vente aux enchères à Drouot. J’ai eu envie d’aller voir ce que sont devenus ces indiens légendaires et quelles relations ils entretiennent aujourd’hui avec le monde occidental. De surprises en déconvenues, de rencontres en émerveillements, je me suis frayé un chemin dans la forêt amazonienne. Petit à petit, j’ai pris conscience des malentendus et des contresens que nous avons faits depuis des siècles sur ces indiens et sur un rituel qui leur a valu la réprobation universelle.
Dedans le pays blanc
Documentaire ou fiction ? Ce film est le récit d’une enquête sur un artiste mystérieusement disparu. Avant de brouiller ses traces, il a fait parvenir à son ami et marchand quelques films d’amateur tournés à New York et au Canada, ainsi qu’une lettre. Le film entrecroise ces documents, sorte de testament artistique du peintre, avec des entretiens avec ses proches qui cherchent à comprendre les raisons de son départ.
Lisbonne existe-t-elle ?
Cette déambulation « atlantique » en compagnie d’Inês de Medeiros confronte la ville-décor, celle qui inspire les cinéastes et ravit les touristes, à la ville réelle de ceux qui y vivent tous les jours. Une dizaine de Lisboètes, du cinéaste João César Monteiro à Alfredo, figure populaire du Bairro Alto, font miroiter dans la forme de la ville le cœur si particulier qui est le sien, qui a un nom, la saudade, et une expression, le fado.
Qui est Clara ?
Variation sur une sculpture de Richard Serra.
