Y voir, identité est une « métaphore réaliste » qui veut élargir et relier l’identité de chaque homme à sa commune et unique appartenance anthropique ».
Les Ajoncs
Un immigré maghrébin qui vendait des ajoncs dans une petite ville de Bretagne voit sa carriole renversée par un agent de police raciste…
Mémoire entre deux rives
Une histoire de la colonisation française en pays Lobi. Dans cette région, située au sud-ouest du Burkina Faso, il n’est pas, un village, pas une famille qui ne se souvienne… Confrontée aux documents d’archives des administrateurs, la tradition orale permet de remonter près d’un siècle d’histoire, depuis l’arrivée des premiers Blancs jusqu’à nos jours. Cette parole témoigne également des conséquences individuelles, sociales ou religieuses de cette histoire douloureuse. Du passé au pré-sent, de la parole vivante aux écrits des administrateurs coloniaux, Mémoire entre deux rives est autant une quête de l’identité Lobi qu’une réflexion sur la « France civilisatrice ».
Zoos humains
Du milieu du XIXe siècle à l’entre-deux-guerres, des millions de visiteurs, sont venus à travers toute l’Europe, voir des sauvages en cage, au zoo, au jardin de l’Acclimatation ou dans de prétendus villages indigènes reconstitués. L’histoire sordide et enfouie de ces milliers d’objets de curiosité, pour la plupart africains, commence quelques années seulement après la fin de la traite négrière et nous renvoie à la construction de nos imaginaires les plus angoissés, les plus refoulés. Avec ce film, ce sont aussi les mécanismes du racisme populaire qui émergent, ceux qui font de l’autre un « sauvage ».
Good News, vendeurs de journaux, chiens morts et autres viennois
Le titre ironique annonce les intentions de l’auteur. En effet, il ne s’agit pas seulement d’un film sur l’exploitation des vendeurs de journaux émigrés par le groupe de presse Media Print, propriétaire du grand journal Good News, mais d’une mise en perspective de leur situation par rapport à la prospérité de l’autrichien moyen. Peu à peu, d’autres aspects de la réalité viennoise surgissent de ce voyage dans la ville : les relations chaleureuses nouées entre les vieux solitaires et les émigrés, la grâce du chant d’une inconnue rencontrée dans la nuit, les amours des habitués des bars…
Traversées
Le 31 décembre 1980, entre l’Angleterre et le continent, deux passagers anonymes sont refoulés par les autorités britanniques puis belges et se retrouvent prisonniers à bord du car-ferry reliant les deux frontières.
Condamnés à parcourir la Manche dans une navette absurde, les deux hommes tenteront de s’échapper chacun à sa manière.
En remontant la rue Vilin
De 1969 à 1975, Georges Perec va chaque année dans la rue Vilin, à Ménilmontant, et dans le cadre d’un livre en cours provisoirement intitulé « Lieux », en entreprend la description. C’est la rue où il vécut les six premières années de son enfance. Cette rue, classée îlot insalubre, a disparu. Elle est aujourd’hui remplacée par un jardin. Robert Bober a retrouvé près de six cents photographies qui racontent la vie tranquille de cette rue, et sa démolition lente et systématique. La rue Vilin se reconstitue alors devant nous comme un puzzle. Le film est tout à la fois la reconquête d’un espace de vie, une réflexion sur le regard, et un hommage du réalisateur à son ami Georges Perec.
Récits d’Ellis Island, histoires d’errances et d’espoir (1re partie)
De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe, chassés de leur pays natal par la misère, la famine, l’oppression politique, religieuse ou raciale, passèrent par Ellis Island, un îlot de quelques hectares près de la statue de la Liberté, où le Secrétariat d’État à l’Immigration avait construit un centre d’accueil. Parce qu’ils se sentent directement concernés et questionnés par ce que fut ce gigantesque exil, les deux auteurs de ce film ont voulu décrire ce qui reste de ce lieu unique. Un voyage sur le thème de la mémoire à travers les photos de Lewis Hine et un texte de Georges Perec. Une quête d’identité à travers l’espace et le temps.
Réfugié provenant d’Allemagne, apatride d’origine polonaise
On a souvent l’impression d’être parfaitement capable de reconnaître un lieu où l’on n’est jamais allé soi-même. Peut-être parce que des récits, quelques photographies, des souvenirs d’êtres proches, un ensemble de coutumes nous ont créé un passé, les points de repère dont tout individu a besoin pour se définir, pour retrouver et affirmer sa propre identité. C’est cette impression tenace qui, en 1975, a conduit Robert Bober en Pologne que son père, Wolf Leib, né à Random, avait quitté en
1920. Le film est le récit de cette démarche qui s’ouvre sur l’incertitude. Pourtant, les lieux où Wolf Leib Bober a passé son enfance ont été retrouvés. Mais réduits depuis à de simples décors, ils n’ont pas la force d’évocation attendue : la communauté juive de Pologne a pratiquement disparu. Dès lors, le passé vient se superposer au présent : la description d’une petite cité polonaise d’aujourd’hui provoque, par la volonté du souvenir, l’évocation éperdue de la communauté juive d’autrefois.
Arthur Rimbaud, une biographie
La vie et la mort d’Arthur Rimbaud, à travers des entretiens reconstitués avec les personnes qui l’ont le mieux connu et qui sont à l’origine de son mythe : sa sœur Isabelle, sa mère Vitalie, son ami d’enfance Ernest Delahaye, son professeur de rhétorique Georges Izambard, le poète Paul Verlaine… Ces entretiens sont des monologues tirés des textes écrits par les personnages réels. Par ailleurs, le film fait parler le poète lui-même à travers des extraits de ses poèmes et de ses lettres. Structuré dramatiquement comme une enquête menée quelques années après la mort du poète, le film retrace l’itinéraire de Rimbaud.
