Vendredi 29 octobre 1999, 14h00

vendredi 29 octobre 1999 à 14h00

Espace Jean Vilar

Prix du Documentaire court

Séance fictive.


Blending emotions

Fernando Alvim | 1999 | 18' | Belgique

Explore la tragédie de la guerre angolaise et ses conséquences. Fernando Alvim, artiste angolais, en invitant Carlos Garaicoa (Cuba) et Gavin Younge (Afrique du Sud), a créé un dialogue symbolique entre une jambe, une mine et une prothèse.

Ce film contient des images susceptibles de modifier « le poids de la conscience ».


Diego

Frédéric Goldbronn | 1999 | 39' | France

La guerre civile espagnole (1936-1939) fut aussi une tentative inédite de révolution libertaire. Diego Camacho est l’un des derniers témoins de cette expérience, qui a marqué toute sa vie. Je lui ai proposé de commenter une sélection de photos de l’époque, dont certaines s’attachent à des souvenirs directement vécus, tandis que d’autres renvoient aux scènes de son « roman familial », le film sera monté comme s’il s’agissait d’une seule nuit, et se déroulera entièrement dans un vieux café de Barcelone. C’est un film sur le travail de la mémoire, qui repose sur un double dispositif : il prend appui sur une iconographie originale de la guerre d’Espagne pour interroger la mémoire de l’un de ses derniers survivants et en même temps se sert de la mémoire vivante pour questionner la mémoire photographique.


Éboueurs

Jean-Christophe Yu | 1998 | 30' | Belgique

« Être heureux, c’est être estimé pour ce qu’on est. », « Il faut rechercher le frisson, la beauté… »,  Alain, éboueur.

Utile, nécessaire, indispensable, c’est de loin le plus souvent, que nous le regardons, « protégé » de sa rencontre par l’heure tardive ou matinale durant laquelle, de préférence, il se déplace dans nos rues. L’éboueur est celui qui reste dans les coulisses, celui qu’on ne voit que peu ou pas du tout, celui qui, faisant table nette de notre quotidien fébrile, permet que la fête recommence au lever du jour. Notre gratitude à son égard est à la mesure de la « discrétion » avec laquelle il travaille. Rarement exprimée, elle repose sur une certitude tangible : nos restes et nos rebuts seront emportés, éliminés, oubliés quand le jour nouveau se lèvera. Il importe à notre inconscient collectif de savoir que, derrière le tour de magie qui s’opère dans le noir, un homme rythme et gagne durement sa vie.


Là-bas où le diable vous souhaite bonne nuit

Là-bas où le diable vous souhaite bonne nuit

Edyta et Vincent Sorrel | 1999 | 34' | France

Le bout du monde. La Pologne et son monde paysan vivent une rupture. La grand-mère se meurt et avec elle la ferme. Ce n’est plus possible de vivre de si peu (pour si peu). Son fils, l’homme du bout du rang, ne restera pas seul au milieu de cette forêt. Quel en est le sens ? Il se souvient de cette période où il travaillait « en ville », il y a quinze ans. Il n’arrive pas à regretter et pourtant il sait bien qu’il ne peut pas rester sur ce sable. À Varsovie, les bouleversements économiques sont ce qu’ils sont. On ressent un vide insupportable. Cette mort devant puissante devant laquelle on reste les bras ballants. Alors, il va partir, on ne voit pas ce qu’il peut faire d’autre. Nous ne savons pas ce qui l’attend.

Une photographie de l’instant. Un essai documentaire, à travers une simple histoire, sur les événements humains et économiques qui se déroulent en ce moment en Pologne.

Encore une image de la vie traditionnelle paysanne qui disparaît sous nos yeux, bouleversée par une évolution des sociétés qui, dans les pays occidentaux, a mis quarante ans à se réaliser.


La Mémoire de mon père

La Mémoire de mon père

Patrick Zachmann | 1998 | 30' | France

Le film d’un fils à son père, avec son père. Le photographe de l’agence Magnum prend la caméra pour tenter de rompre le silence qui s’est installé entre lui et ce père qui arrive au terme de sa vie. Un film sur la mémoire, la transmission intime, la filiation. Mémoire de la déportation des grands-parents, mémoire du camp de prisonniers où le père tente de cacher ses origines juives… À la faveur de ce dialogue renoué, Patrick Zachmann va plus loin, il essaie de comprendre ses propres interrogations. Pourquoi est-il devenu photographe ? Que signifie véritablement être juif ?… Les réponses sont au-delà des souvenirs douloureux que ce père livre à son fils comme un dernier cadeau. Bien plus qu’un travail de mémoire, c’est une transmission qui s’opère et c’est en cela que ce film personnel atteint une dimension universelle.


Mort à Vignole

Olivier Smolders | 1999 | 25' | Belgique

À quelques clapotis nostalgiques de la langueur théâtralisée de Venise, une simple île dans la lagune, Vignole. Un film de famille. Des regards qui interrogent le temps, la vie qui file, les souvenirs et les oublis. Des naissances, des enfants, des histoires d’amour et de mort. « Filmer ceux qu’on aime, se prétendre à la mémoire et défier la mort ». Un film qui interroge les images familiales et par delà, le cinéma et la temporalité indécise de nos perceptions.


Les Passagers

Patricia E. Kajnar | 1998 | 26' | France

La narratrice prépare un film de fiction, pendant l’été 1998, à Tokyo. En attendant l’argent, les acteurs, elle fait des images de « repérages » sans savoir si ces images feront partie ou non du film à venir. La ville réelle semble filmée comme un espace mental, inscrit sous le signe du « Passage » : passage d‘un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un film à l’autre, passage d’un visage à l’autre, de la veille au sommeil, de la vie à la mort, du singulier au pluriel, de la fiction au documentaire (ou vice versa…). Le sommeil collectif si léger et anodin, caractéristique du Japon et le mortel sommeil, évoqué par la catastrophe de 1995, (attentat au gaz sarin), servent de fil conducteur émotionnel à ces « repérages ».

À travers les attitudes ensommeillées des passagers du train de Tokyo, le film  enregistre des détails infimes de vies quotidiennes jusqu’à ce que les visages deviennent des masques plus abstraits.

Sommeil ; à la fois métaphore de la distance qui nous sépare les uns des autres et de ce qui nous unit collectivement au « devenir humain » (Héraclite : Dormir, c’est participer au devenir humain) sans distinction de race et de culture.

Les Passagers pourrait être l’approche ethnographique d’un état intérieur fait d’associations sur les thèmes conjoints de l’intime, de la rencontre, du mystère de l’Autre, à l’intérieur et au-delà de toute menace de perte et de destruction.


Le Plat de sardines

Omar Amiralay | 1998 | 18' | France

Où la première fois que j’ai entendu parler d’Israël. Au début, il y avait… le plat de sardines. C’était chez ma tante, dans un quartier populaire de l’ancienne Beyrouth. Un jour de canicule de l’été 1950, j’avais six ans, et l’État d’Israël en avait à peine deux !